Le théorème des Katherine, de John Green (2006)

C’est peut-être le plus discret des John Green —si tant est qu’un John Green puisse se targuer de discrétion depuis la déferlante TFIOS— et pourtant, c’est mon favori. Comme dans Nos étoiles contraires*, et comme toujours chez cet écrivain Young-Adult génial, l’humour est au service de la quête identitaire du héros.

théorème des katherine john greenColin ne sait plus où il en est, et a pourtant toujours très bien su où il allait. Mais, ex enfant prodige, il se retrouve à l’âge malheureux où il ne suffit plus d’être surdoué, il faut devenir quelqu’un, sinon, être un petit génie n’aura pas grande signification… Les angoisses universelles de Colin s’accumulent, et semblent sur le point de le noyer le jour où l’amour de sa vie, sa dix-neuvième « Katherine », le plaque. A la recherche de la grande claque qu’il pourrait se donner (parce qu’on ne se déteste jamais autant que lorsqu’on se fait larguer), Colin se lance dans l’improbable road-trip mis sur pied par son meilleur ami Hassan qui y a songé environ 4,2 secondes de plus que lui. Et c’est parti pour découvrir le grand Peut-Être (cf. Qui es-tu, Alaska ?**).

C’est excellemment écrit***, subtil, drôle, parfois profond, et j’ai particulièrement apprécié la dynamique philosophique qui porte les interrogations de nos héros. On retrouve les thématiques chères à l’auteur : le jeu des apparences (pourquoi les ados se montrent autres qu’ils ne sont ?), la trace qu’on laisse derrière soi (à quoi je rime si ma vie une fois finie, je n’ai rien accompli ?), l’amour qu’on a de soi et l’amour qu’on a pour l’autre, nécessairement entremêlés. Fondamentalement, le problème, c’est de savoir qui on est et de l’accepter, pas vrai ? Dans les romans de John Green, on y parvient par la rencontre d’une âme avec une autre —pas de co-dépendance, non, il ne donne pas là-dedans ! Mais qui n’a pas un jour parlé avec quelqu’un qui lui permettait soudain de voir les choses clairement ?

Une lecture délicieuse, à la fois intense et délassante.

Lupiot

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Le théorème des Katherine, de John Green, Nathan, 2012, 288 pages


* Nos étoiles contraires, de John Green (2012), en V.O. The Fault In Our Stars (TFIOS), récemment adapté au cinéma.
** Qui es-tu Alaska, de John Green (2005), en V.O. Looking For Alaska.
*** J’ai lu tous les John Green en V.O., je ne peux donc pas présumer de la qualité de la traduction, mais pour avoir feuilleté des exemplaires français, elle m’a l’air tout à fait correcte.

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