Circus Mirandus, de Cassie Beasley (Auzou, 2015)

Article par Bloup

Encore un livre dont la couverture attire le regard. Au feuilletage, l’objet est beau : rabats colorés, débuts de chapitres soignés… Mais est-ce aussi enchanteur à l’intérieur ?

Circus Mirandus Cassie BeasleyMicah vit seul avec son grand-père Ephraim. Celui-ci lui raconte des histoires incroyables : quand il était jeune, il a visité le plus merveilleux des cirques, le Circus Mirandus, avec ses animaux extraordinaires, sa belle acrobate qui vole dans les airs et, surtout, l’Homme qui Plie la Lumière, ce magicien qui lui a promis un miracle… Lorsque Ephraim tombe gravement malade, la vieille tante Gertrudis vient habiter avec eux… et sous prétexte qu’elle ne croit pas à ces histoires, elle interdit au garçon de voir son grand-père ! Pourtant, Micah est sûr que le Circus Mirandus existe, et devient persuadé d’une chose : s’il le retrouve, il pourra guérir son grand-père.

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Circus Mirandus est un beau voyage dans le rêve. Très bien construit, il regorge de points forts… Lire la suite

Moi, Ernest… de Laurent Souillé et Paul Mager (2016)

Article par Bloup

Une fois n’est pas coutume, j’avais envie aujourd’hui de vous parler d’un récit à destination d’un lectorat plus jeune que ce dont nous avons l’habitude ici (on parle plus souvent de littérature adolescente ou YA, sur Allez vous faire lire). Entre l’album et le roman graphique, Moi, Ernest… est un objet d’une belle sensibilité, grâce au subtil équilibre texte-image qui le compose…

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Depuis sa naissance, Ernest est muet. Heureusement, son imagination débordante lui permet de s’exprimer autrement que par le langage parlé : entouré de Chat, son animal de compagnie borgne, et de sa vieille machine à écrire, ses mots glissent sur le papier… Et s’il parvenait à se faire éditer ?

En route vers le Pays Imaginaire

En route vers le Pays Imaginaire

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George, d’Alex Gino (2017)

Avertissement : chronique négative (relativement sérieuse).

George, d'Alex Gino, L'École des Loisirs 2017George est un petit roman racontant l’histoire d’une fillette que tout le monde perçoit comme un garçon. Elle s’appelle « George ». Depuis toujours. Pourtant, c’est une fille ! Comment le faire comprendre à son entourage, dans ce monde où on la pousse sans arrêt dans des rôles de garçon ? George va se mettre en tête de jouer un rôle féminin dans la pièce de théâtre de l’école, et peu à peu, ce choix « interdit » va prendre pour elle de plus en plus d’importance, symbolique et personnelle…

George m’a été recommandé plusieurs fois* comme une petite pépite d’une douceur et d’une ténacité touchantes sur le thème important de l’identité des personnes transgenre, et encore plus important ici car on se place dans le regard d’un enfant transgenre — enfants qui ont peu de modèles auxquels se rapporter.

* Notamment par Nathan (à la minute 11:10). Clique sur l’image pour accéder à la vidéo.

George, j’étais toute prête à l’adorer ou, au moins, à l’aimer pour le rôle de représentation qu’il tient. Or, j’ai plutôt détesté ce bouquin. Et je ne le recommande pas.

Contextualisons : je n’ai pas détesté ce bouquin pour le message central qu’il porte, c’est-à-dire « tu peux être toi-même, et devenir aux yeux des autres ce que tu es à l’intérieur ». Ça, c’était bien. C’était même très bien.

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Mais ça ne sauve pas le roman qui a un gros, gros problème flottant de SEXISME ATRABILAIRE GÉNÉRALISÉ.

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Or, dans un roman pareil, sur l’identité de genre, ce n’est pas anodin. Vraiment pas ! C’est même totalement incohérent, j’en reparle plus bas.

La grande question que je me suis posée, c’est donc :

Doit-on célébrer un roman au message positif fort s’il véhicule aussi une cargaison de problèmes ? Y a-t-il des maladresses acceptables, et où placer la limite (pour ce roman en particulier) ? Lire la suite

Le garçon qui courait, de François-Guillaume Lorrain (2017)

Voilà un roman dont je n’attendais pas une grosse claque (je lis peu de romans historiques, me méfiant un peu de l’aspect tire-larmes) et qui m’a complètement prise par surprise :

Très jolie couverture, en passant.

Très jolie couverture, en passant!

Kee-chung, un jeune garçon coréen (tout juste sept ans au début du roman), vit sous l’occupation japonaise, comme tout son pays. Un jour, son grand frère ose un acte de rébellion à l’école, ce qui déclenche l’ire des occupant. Tandis qu’ils sont poursuivis par des soldats, son frère lui crie de COURIR.

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De ce jour, Kee-chung ne fait plus que courir. Partout, tout le temps. D’année en année, il perfectionne ce don, jusqu’à être repéré, et contraint de courir aux JO sous les couleurs ennemies du Japon. Après les Jeux, il n’aura de cesse de laver cette honte en contribuant à la gloire de la Corée, par tous les moyens…

Récit initiatique et aventure historique, la trajectoire humaine de Kee-Chung, de son enfance à sa mort, suit un arc sacrificiel et salvateur, ce qui le rend à la fois intouchable et hyper attachant.

Pourquoi ça m’a tant plu Lire la suite

Miss Charity, de Marie-Aude Murail (2008)

Roman historique, girl power et souris de compagnie, voilà le programme pour aujourd’hui !

Article par Bloup

La vue de ce pavé, au milieu d’une étagère de livres jeunesse, peut rebuter. La couverture, blanche et simple, ne dévoile pas grand-chose du contenu : un grand sofa d’un autre siècle, une fille assise dessus, un lapin dans ses bras. Le nom de l’auteur, toutefois, pousse à ouvrir le mastodonte…

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Miss Charity a trouvé sa première souris à l’âge de 5 ans. Dès lors, grâce à la complicité de sa bonne et de sa gouvernante, elle installe une véritable ménagerie au troisième étage de la propriété londonienne de la famille Tiddler. Passionnée de Shakespeare et de la nature, elle passera son enfance à apprendre par cœur les pièces de théâtre et à peindre des aquarelles de ses lapins, souris, hérissons et autres petits habitants de sa ménagerie, au grand dam de sa mère et de ses cousines. Pour la jeune fille, qui se transforme peu à peu en femme, ce mode de vie est bien plus qu’une lubie : c’est un parcours du combattant vers l’indépendance.

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Le Cœur de l’Ombre 1, de Marco d’Amico (2016)

Par Bloup

Avez-vous connu, enfant, la terreur du monstre glissé sous le lit ? Renouez avec vos sentiments d’alors (sueurs froides & fascination mêlées) en faisant la connaissance de Luc, qui a de très bonnes raisons de claquer des dents au moment de se coucher.

le coeur de l'ombred d'amico allez vous faire lireAprès la disparition soudaine de leur fille aînée, les parents de Luc l’ont sur-protégé. Averti de tous les dangers de la vie, le garçon a grandi dans la peur de TOUT, absolument tout. Mais, surtout, il craint les créatures qui visitent sa chambre la nuit, terreur nourrie par les histoires racontées par sa grand-mère. Puis, c’est au tour de Luc de disparaître : il a été enlevé par l’Uomo Nero, le cauchemar des enfants italiens. Mais pourquoi lui ? A-t-il un rôle à jouer dans le royaume des Ombres ? L’Uomo Nero est-il vraiment le plus à craindre ?coeurdelombre01

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Tobie Lolness, de Timothée de Fombelle (2006-2007)

Je n’avais jamais lu Tobie Lolness.

 

Je vous laisse un temps pour me jeter légumes avariés et chaussettes sales.

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Tobie Lolness est sorti en 2006, et pour aussi mignon qu’il avait l’air, ce roman, il m’a inspiré une réaction s’approchant de « Meh ¯\_(ツ)_/¯ », car à cette époque, j’avais 16 ans et au lycée je m’étais éloignée des romans jeunesse pour lire :

  1. des mangas ;
  2. Amélie Nothomb ;
  3. de la vieille SF des famille ;
  4. Tolstoï.

…dont Tobie me semblait très éloigné. Tout ça pour établir que, contrairement à l’exercice auquel l’on se prête avec nostalgie et amusement sur le blog (pour Les Royaumes du NordHarry Potter ou Le Livre des Étoiles, par exemple), cette chronique de Tobie Lolness n’est pas la relecture d’un classique de mon enfance avec des yeux d’adulte. C’est une découverte.

Et oh, boy, quelle découverte. Lire la suite

(Relecture) Le Livre des Étoiles, d’Érik L’Homme (2001-2003)

Article par La Bouquineuse

Cette fois, je vous embarque dans une histoire d’Érik L’Homme, qui a eu un sacré succès par le passé avec cette trilogie : Le Livre des Étoiles. Ça risque de rappeler des souvenirs à certains d’entre vous 😉

 

Un peu comme pour les relectures de Harry Potter (lien en fin d’article), l’idée ici est de replonger dans une pépite de notre enfance et d’en faire une lecture critique avec un regard d’adulte. Entre émerveillement et déception, c’est une expérience assez excitante et bizarre. Alors, Le Livre des Étoiles, verdict ?

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Des livres (et 10 bonnes raisons) pour apprendre à coder

Mes amis, mes frères. La fin est proche. Je sens la mort de mon enfance approcher, et son acolyte Oubli me caresser la joue avec un tendre murmure.

Viens, viens vers l’âge adulte. Oublie, oublie tes traumatismes de gamine à l’esprit de contradiction surdéveloppé. Embrasse, embrasse les matières jadis honnies ! Grandis.

C’est véritablement la fin. Car je m’apprête à vous recommander… *insérer voix de Méphistophélès* des livres pour apprendre à coder.

malfoy crabbe goyle hp bouh allez vous faire lire

Par apprendre à coder, j’entends apprendre la programmation informatique, oui, tout à fait. Nous savons qu’elle existe, nous savons que des gens s’en occupent pour nous, et nous ne nous en préoccupons globalement pas. (Comme la démocratie.)

Comme la démocratie.

Alors, pourquoi vouloir apprendre à coder ? Et l’enseigner aux gamins, qui plus est ? C’est ce que prévoient les nouveaux programmes scolaires, dès la rentrée 2016 : l’apprentissage de la programmation le plus tôt possible (avec le projet Classcode).

Mon Dieu !

Quand, il y a quelques mois, j’ai dit à ma mère, qu’il faudrait sensibiliser les parents à l’apprentissage des langages informatiques dès le plus jeune âge, elle s’est simplement et très sincèrement étonnée :

« Mais, c’est un métier, non ? »

Tout à fait. Mais c’est avant tout un langage. Le code est un langage, et comme l’anglais, il s’insère progressivement dans nos usages quotidiens et devient rapidement un atout professionnel non négligeable. Et, de même que l’on peut apprendre l’anglais sans en faire son métier ni même son outil de travail principal, on peut apprendre à coder sans devenir programmeur. (Mais en ayant une sacrée longueur d’avance, car on sait qu’on ne sera pas en PLS à la moindre mention de code.)

pls adventure time

Laissez-moi donc vous proposer une liste des bonnes raisons d’apprendre à coder (jeune) et des outils (spoilers : des livres) pour bien le faire, sans avoir mal ni pleurer. Et comme ça faisait longtemps, et que ça vous manquait… #infographie time ! Lire la suite

Le Cycle des Destins, d’Éric Simard (2013-2015)

Voici le maître des chimères*, j’ai nommé Éric Simard, de retour pour un cycle des plus exaltants !

Le Cycle des Destins

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Chaque tome peut être lu complètement indépendamment – argument central du projet de l’auteur – mais notez que la découverte du cycle est agréable dans l’ordre de parution (cf. ci-dessous).

Dans quoi s’embarque-t-on ?

2133. La Terre est touchée par une météorite. Sa chute fait fondre toute la calotte glaciaire de l’Antarctique, le niveau des océans monte brusquement, et de nombreux territoires, comme des millions d’humains, sont noyés. Parmi ceux qui demeurent, certains sont dotés d’intrigantes mutations génétiques, et survivent dans un Paris méconnaissable, au charme pittoresque. On trouve même des ptérodactyles qui nichent sur ce qui reste de la Tour Montparnasse, à présent connu sous le nom de « Mont Carnasse » ; La Tour Eiffel, pardon la « Tour des elfes », est habitée par des individus non pas aux oreilles pointues, mais aux doigts palmés… Et dans ce monde post-apocalyptique où les institutions se sont écroulées, des communautés farouches se disputent les vestiges de la ville. Lire la suite