LA VOIX DES BLOGS : Prix de littérature jeunesse remis par des blogueurs

Il faut que je vous parle d’un truc : je suis juré d’un prix littéraire. Oh, c’est un prix discret, il est encore tout neuf (il a six ans, même pas l’âge de raison), il cherche encore qui il est et à comprendre ce qui se passe autour, comme le Docteur juste après une regénération.

Oh, j’ai survécu. Formidable. J’adore quand je fais ça.

Ce prix littéraire s’appelle :

La Voix des Blogs

(Ce disant, je jette des paillettes sur toi. Merci de bien vouloir accuser réception.) Lire la suite

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La littérature change la vie — Histoire(s) vraie(s)

Il n’y a pas longtemps, mais vraiment pas longtemps, quelque chose comme 14 jours de ça, j’ai lu un livre que j’ai bien aimé. Jusqu’ici, c’est l’anecdote la moins excitante que tu aies entendue depuis celle du mug de thé qui a refroidi parce qu’on l’avait oublié. D’ailleurs, tu me lis d’un intérêt pareillement tiède en ce moment. Reste, s’il te plaît. J’ai lu un livre que j’ai bien aimé, et qui devrait n’être qu’un titre cool parmi tous les titres cool de ma liste annuelle, et il y en a un paquet, toi-même tu le sais.

OR, ce livre reste en moi de façon tout à fait singulière et pour une raison totalement indépendante de ses qualités littéraires (par ailleurs formidables).

Pour faire court : depuis la lecture de Jefferson, de Jean-Claude Mourlevat, j’ai décidé de ne plus manger de viande.

Mais je ne vais pas vous parler de végétarianisme. Du tout.

OUF.

Ce livre, pour anodin qu’il est dans ma vaste expérience d’exploration littéraire, a déclenché un éveil en moi. Mieux qu’un millier de vidéos, discussions, démonstrations intellectuelles et infographies colorées, il m’a parlé.

Or, comme ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, c’est de ça que j’ai envie de vous entretenir aujourd’hui.

Du pouvoir qu’a la littérature de changer la vie.

La littérature change la vie, non pas en faisant la leçon, mais en tant que littérature. Parce qu’on a besoin d’histoires pour être ému, d’une voix qui nous parle pour se reconnaître dans l’autre. Combien de fois tu t’es dit en lisant « Ohmondieu je pensais être le seul weirdo à faire ça ! » et cela t’a uni, dans un grand élan cosmique, avec tous les autres weirdos de l’univers.

La littérature te permet d’apprendre à te connaître, de t’ouvrir aux autres dans leurs différences inattendues-qui-ressemblent-aux-tiennes, de t’interroger sur des aspects du monde qui t’apparaissaient jusque là tout à fait lisses-normaux-boring et de te chambouler par petits taquets excitants, comme ça, en loucedé, sous la couette, pendant que tu lis Tintin.

Enfin peut-être pas Tintin. Mais qui sait.

Aussi, puisque les discours ne valent rien et que j’ai déjà beaucoup trop parlé, je laisse la place aux témoignages.

La littérature ouvre au monde

« Je suis devenue féministe à la lecture de La Servante écarlate qui a été un véritable électrochoc : il m’a douloureusement fait prendre conscience que ce que je croyais acquis en terme de droits des femmes ne l’était pas et que le féminisme dont je me moquais éperdument était plus que nécessaire. »
Marie-Ca (Les Lectures du Monstre)

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Le Prix Vendredi, Goncourt de la littérature Jeunesse – Et tout le monde s’en fout

Lundi dernier, le 9 septembre 2017, c’était la remise du…

Je vois une partie d’entre vous cligner des yeux. Le pri-quoi ?

Le Prix Vendredi. Lancé cette année, c’est le premier prix national indépendant de Littérature Jeunesse. Il entend récompenser un roman francophone de littérature ado-adulte (13 ans et +) paru entre le 1er janvier et le 30 septembre 2017.

C’est Anne-Laure Bondoux, avec son excellent L’aube sera grandiose, chez Gallimard Jeunesse, qui a remporté cette première édition. Deux autres romans ont reçu des mentions spéciales :

  • Colorado Train, de Thibault Vermot, chez Sarbacane (que je vous recommande pour son style ambitieux et son sens du frisson, et dont une critique paraîtra bientôt ici)
  • Naissance des cœurs de pierre, d’Antoine Dole, chez Actes Sud Junior (que je n’ai pas lu, mais ça ne saurait tarder !)

J’étais très excitée à l’annonce du lancement. Mais ce qui m’intéresse, dans ce prix, plus que ses lauréats, c’est ce qu’il dit de la littérature jeunesse… à commencer par la façon dont elle est relayée dans les médias.

C’est-à-dire, MAL.

On lance le Goncourt de la Littérature Jeunesse

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Comment lire plus — 20 idées

Pourquoi lire plus ? Comment lire plus ? (Qui suis-je, ou vais-je ?)

Tu aimerais tellement lire plus.
C’est un fait.
Mais pourquoi, en fait ?

Ce n’est pas une question piège, je me la pose à moi-même : pourquoi me dis-je régulièrement que j’aimerais lire « plus » ?

  1. Parce qu’en bon petit soldat du capitalisme, j’ai intégré le credo du « toujours plus » ?
  2. Parce que je jalouse la culture de ceux qui ont lu tellement plus de livre que moi ?
  3. Parce que, globalement, j’ai l’impression que mes heures quotidiennes filent entre mes doigts et qu’aucune n’a vraiment été consacrée à une activité qui me tienne à cœur ?
  4. Parce que je m’épanouis dans la lecture et que je consacre mon temps à des trucs tellement vides ? (Comme scroller sur Facebook et Tumblr)

À gauche : moi. À droite : ma conscience.

P’têt tout ça, p’têt d’autres choses. Je ne sais pas si ce sont toutes de bonnes raisons. Mais si tu te dis que tu aimerais tellement lire plus, avant de t’engager dans la suite de cet article consacré à « Comment lire plus », je pense qu’il faut que tu te poses la question :

« Pourquoi ? Pourquoi j’y tiens tant ? »

Que tu lises un livre par mois, ou huit, ou vingt, finalement… qu’est-ce que ça fait ? En tires-tu ce que tu as envie d’en tirer ?

-Du plaisir ?
-De la connaissance ?
-Du matériau à conversation ?
-De la pâte à modeler intellectuelle ?
-Un statut ?
-Une façon de passer le temps ?

En bref : Pourquoi tu lis ?

Avant de réfléchir à des stratagèmes pour lire davantage, il me semble essentiel que tu répondes à cette question. En secret, pour toi-même. Pas obligé de me le dire en commentaire. Même si je vais te dire pourquoi moi je lis :

  1. Pour mon plaisir (Quand ça m’ennuie, je referme le livre. Vrai de vrai. Je ne le finis pas. Je ne vois aucun, mais aucun intérêt à m’infliger volontairement de l’ennui en barre.)
  2. Par curiosité professionnelle (Là-dedans je case un magma chelou : volonté d’enrichir ma culture du genre, envie d’entrer dans la conversation avec des amis ou collègues (blogueurs, auteurs, éditeurs, libraires…))
  3. Par défi (J’ai toujours eu un peu le goût de la compétition, que ce soit dans le sport ou dans le scolaire, et ça se retrouve dans ma façon de lire, j’ai parfois envie de me lancer des challenges à moi-même, de sortir de ma zone de confort, me faire des frayeurs, tenter des expériences, et prosaïquement aussi, j’aime lire dans le cadre de concours, de jurys, de thématiques, de décomptes, etc.)

Je ne lis plus du tout pour :

Passer le temps. C’était je pense la première raison (et la principale) à mes lectures de jeunesse. Je dévorais les livres sans penser à rien, ravie de m’embarquer dans un autre univers pour échapper au mien. Quand t’es petit, tu t’ennuies facilement, car le temps s’étire à l’infini entre les repas où tu dois te tenir droit. Les vacances sont des ères paléolithiques entières. La lecture est un miracle, dans ces espaces-temps surréalistes.

Jour de vacances réel : 23. Jour de vacances ressenti : 373.

Or, je ne lis plus du tout comme ça. Je n’ai plus de temps à passer, rien que tu temps à trouver (comme la plupart des adultes).

Et donc, comme je suis à la recherche de failles temporelles dans lesquelles glisser quelques minutes ou quelques heures de lectures, je me demande parfois comment lire plus.

Comment comment comment ?
(Et vu comme ça, on découvre que, la vraie question, c’est : Quand quand quand ?)
Je rêve au Retourneur de Temps d’Hermione.

J’ai dégagé quelques astuces, que je partage avec toi, qui as tes propres raisons de lire plus. La plupart de ces astuces te sont connues et tu ne les suis pas. Cet article a pour but de te les remettre en mémoire car, de temps en temps, ça fait du bien. Notre cerveau est faible et fragile, comme notre motivation à aller courir le matin.

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Tag 100% féministe

« 100% féministe » ? Le titre de cet article va vous intriguer, vous agacer, vous déstabiliser ou vous attirer — selon votre univers de référence — comme le fait toujours le mot « féministe ». Vous recommandé-je, dedans, exclusivement des romans féministes ? Non, pas du tout.

Ouaip. Attends, quoi ?

En écho à une longue discussion que l’article TAG 100% féministe de Tom (La Voix du Livre) avait amenée sur Facebook avec plusieurs amis intéressés par la question (blogueurs, écrivains, curieux) : ce ne sont pas nécessairement les livres évoqués qui sont féministes (ils peuvent l’être), c’est le « tag », qui l’est.

C’est le fait-même de choisir de mettre en avant, valoriser, aimer et réfléchir sur les femmes dans la littérature qui en fait un article « 100% féministe ».

Et ce n’est pas un gros mot.

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FAQ #3. L’ESPRIT CRITIQUE. Comment développer son esprit critique en littérature, apprendre à bien analyser les livres ? (2/2)

Puisque plusieurs personnes font assez confiance à la mignonne petite patate germée que je suis pour me demander des lumières sur le sujet…

…je vais répondre à ma hauteur de haricot prématuré, avec les armes à ma disposition, issues de ma propre expérience.

Cet article fait suite à la partie 1, parue dimanche. Si tu ne l’as pas lue, je t’incite à commencer par là, tu te sentiras ému et content, car elle ne parle pas d’épanadiplose, contrairement à cette partie 2.

Si tu l’as déjà lue, c’est que tu es grave déter à développer ton esprit critique. Alors go !

COMMENT DÉVELOPPER TON ESPRIT CRITIQUE EN LITTÉRATURE ?

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FAQ #3. L’ESPRIT CRITIQUE. Comment développer son esprit critique en littérature, apprendre à bien analyser les livres ? (1/2)

Puisque plusieurs personnes font assez confiance à la mignonne petite patate germée que je suis pour me demander des lumières sur le sujet…

Ci-dessus, une petite patate mignonne. Je suis encore étonnée et ravie d’avoir dégoté ce gif, qui illustre parfaitement mon propos.

…je vais répondre à ma hauteur de haricot prématuré, avec les armes à ma disposition, issues de ma propre expérience. Cette expérience, pour les personnes qui ne me connaissent pas, est la suivante :

  • à part un Bac L, je n’ai pas de formation littéraire (pas de fac ou de prépa Lettres (j’ai fait du droit — puis un master d’Édition), ce qui est important ici, car je parle de forger son esprit critique en autodidacte (ça veut dire tout seul comme un grand, sans l’Éducation Nationale pour te tenir la main) ;
  • je tiens ce blog consacré à la littérature jeunesse ;
  • j’ai pas mal travaillé en librairie ;
  • je travaille dans l’édition ;
  • je lis beaucoup.

COMMENT DÉVELOPPER TON ESPRIT CRITIQUE EN LITTÉRATURE ?

J’ai un sentiment d’imposture magnifique à rédiger ça, mais go ! Lire la suite

Comment bien nommer ses personnages ? (2/3)

Holà, manant ! Tu te trouves en plein cœur d’une réflexion sur comment bien nommer ses personnages de fiction. Dans la partie 1, on a déjà vu :

  • I. Les questions à se poser avant de nommer un personnage
    • #1. A-t-on besoin de connaître son nom ?
    • #2. Les autres personnages ont-ils besoin de connaître son nom?
  • II. Le critère indispensable pour bien nommer ses personnages : la vraisemblance interne
    • #1. La chronologie
    • #2. Le style

Et là, on va parler d’américanisation à outrance, de Rocky Balboa, de Marie-Aude Murail, de Kim-Jong Il et d’Amélie Nothomb. Tout ça dans le même article.

You ready ? >>

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Ça me paraît évident mais un roman qui se déroule en France ne devrait pas avoir pour protagonistes Ashley, Jamie, Selena, Matthew, Madison et Jayden.

  • LE PROBLÈME DU Made in USA

Le lectorat (et souvent l’écrivain aussi) a été biberonné à l’aventure made in USA, et a tendance, par défaut, à trouver plus cool un perso qui s’appelle Joe Baxter que Théo Lamarck, Ellie Johnson que Louise Belleville. On est conditionné à voir un nom anglophone comme promesse d’une aventure démesurée (#ThanksHollywood).

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Fuck yeah #USA

Mais ce n’est pas le nom du héros qui fait l’aventure, et Joe Baxter ne sera pas plus intéressant en soi que s’il s’était appelé Théo Lamarck.

Je ne vais pas évoquer le choix du cadre (USA, France, Patagonie) même si mon point de vue c’est que, plutôt que de piquer les marqueurs superficiels de la culture US (noms propres, marques & géographie), on ferait mieux de lui voler ses schémas narratifs, le dynamisme de ses rebondissements, etc. Je vais parler de la cohérence du nom avec son cadre culturel, notamment dans le contexte de notre « fantasme américain » : quelles solutions trouver pour avoir quand même des noms qui sonnent cool ? Lire la suite

Comment bien nommer ses personnages ? (1/3)

Comment choisir les noms de ses personnages ?

Hé bien, aux dés, par exemple.

Commençons en effet par établir une chose : l’importance à accorder aux noms des personnages est variable.

Par exemple, si votre personnage secondaire de boulangère (qui apparaît durant deux paragraphes de votre roman de 300 pages et se contente de franchir une porte et tendre la monnaie) n’a pas un nom dont l’étymologie signifie « pain », « porte », « marchande » ou « monnaie », concrètement…

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Oui, c’est moi qui dit ça, l’obsessionnelle de l’étymologie.

D’ailleurs, si elle n’a pas de nom, ce n’est pas grave non plus. C’est même mieux.

Car avant de se demander comment les nommer, on ferait bien de se demander SI il faut les nommer, nos bonshommes. Et souvent, la réponse est non.

Lire, ce n’est pas facile. Et on n’arrive déjà pas à mémoriser les noms de tous nos collègues

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Même s’ils sont au nombre exubérant de 4. En se comptant soi-même.

…alors cher écrivain, ne nous ajoute pas des noms à mémoriser pour des personnages dont on n’a strictement rien à secouer. Fais un tri drastique. Sois sans pitié.

Il faut à tout prix éviter ÇA :

Le nouveau Lian Hearn qui sort en Janvier 2017. J'ai pas commencé et y a déjà 90 personnages. HELP.

#PERSONNAGES

C’est le nouveau Lian Hearn qui sort en Janvier 2017, Shikanoko. Je ne l’avais pas commencé et il y avait déjà 90 personnages. HELP.

Autre exemple : est-il nécessaire de nommer les parents du protagoniste autrement que « Maman » et « Papa », s’ils ne sortent pas de leur rôle de mère et père de tout le roman ? Sans doute pas. Si, en revanche, une intrigue parallèle se développe où Maman a un amant, il faudra sans doute qu’elle ait aussi un prénom. Sauf si l’amant aime l’appeler Maman, mais ça ne nous regarde pas, et on s’égare.

Reprenons dans l’ordre ce que nous allons aborder dans cet article :

  • I. Les questions à se poser avant de nommer ses personnages
  • II. Le critère indispensable pour bien nommer ses personnages
  • III. Les critères bonus pour vraiment bien nommer ses personnages (paraîtra dans l’article suivant)

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Ce personnage au nom parfait #2. Renesmée

Bienvenue dans l’épisode 2 de « Ce personnage au nom parfait ». Je vais vous parler de Renesmée, cette fillette de Twilight dont le nom est aussi frapadingue qu’il est génial.

-Bienvenue dans ce groupe "Je n'ai pas la tête de mon prénom", comment t'appelles-tu, mon petit ange ? -REUNESMÉ <3 -Ok assieds-toi.

-Bienvenue dans ce groupe « Je n’ai pas la tête de mon prénom », comment t’appelles-tu, mon petit ange ?
-RREUNESSMÉ ❤
-Ok assieds-toi.

Twilight ?  Renesmée ? Je vois d’ici vos sourcils se hausser si haut qu’ils en disparaissent sous vos cheveux, aussi, établissons deux petites choses :

  1. Je ne recommande pas l’usage de ce prénom. Jamais. Il n’y a d’excuse d’aucune sorte dans aucun plan dimensionnel de la galaxie. Il est affreux.
  2. Dans son contexte, il est par-fait.

Êtes-vous curieux ?

eyebrows2 Lire la suite