Délit de faciès, ou la couverture ratée

Attaquons-nous à un gros morceau, attaquons-nous à ce qui cristallise bien souvent notre attachement pour un livre, et ce qui nous invite, ou non, à l’acheter.

de l'importance de la couverture lupiot allez vous faire lire

Y a pas grand-chose qui me désole davantage qu’une couverture ratée. Je ne vous parle pas d’une couverture que je trouverais « pas jolie », non, qu’importent mes goûts personnels. Je vous parle d’une couverture à côté de la plaque. Une couverture qui n’a rien compris, et qu’on ne comprend pas.

Qu’est-ce qu’une couverture ratée ?

Pour répondre à cette bien intrigante question, il va falloir s’atteler à son pendant, évidemment : qu’est-ce qu’une couverture réussie ? Là, c’est assez fastoche : une couverture doit fournir la réponse à une seule question sur le livre. UNE SEULE.

« Qu’est-ce que t’es, toi ? ».

dw let's see what's that

Pour répondre à cette question, une couverture a des myriades de possibilités. Les plus classiques, dont on fait rarement abstraction (jusqu’à dans certaines collections, s’en contenter), sont :

  1. le titre
  2. l’auteur
  3. la maison d’édition

 

(Nb : je vous invite à jeter un œil à la section commentaires pour voir ce qu’il y aurait à dire sur ce type de couvertures.)

C’est déjà un bon début. Mais bon. Le titre peut n’être que moyennement révélateur, et l’auteur, inconnu de l’acheteur. Dans de nombreuses collections, on optera donc pour un « visuel de couverture » qui nous renseignera sur… le genre de l’ouvrage. (À noter que l’absence de visuel renseigne également sur le genre.)

Le visuel peut être une photographie, une création graphique, une illustration, etc. Et ce, quel que soit le genre (policier, essai, romance…) et le public (jeunesse, adulte).

 

Le visuel, vous l’avez deviné, c’est ça qui m’intéresse aujourd’hui. Parce que c’est qu’on peut se planter.

Bien sûr, l’auteur et l’éditeur peuvent trébucher sur le choix du titre, mais ça, ça vient avant. L’éditeur peut difficilement se rater au niveau du titre au moment de composer la couverture, à part à le mettre en police 6,5 dans le coin inférieur gauche (c’est-à-dire, pour ceux que ça intéresse, le coin le moins regardé par nos yeux occidentaux qui effectuent spontanément une diagonale gauche-droite).

Une composition de couverture classique (parmi d’autres) est : auteur & titre en haut à gauche, visuel au milieu, éditeur en bas à droite. Dans ce type de compo, on choisit avec soin l’élément visuel central sur lequel le regard va accrocher : ci-dessous, le rouleau de peinture dans Le Livre Blanc, la tête du personnage dans Libre, et le mégaphone de la révolte pour Dans le désordre (si vous cliquez, vous atterrissez sur ma chronique).

 

En vrai, c’est un peu plus compliqué : notre œil ne fait pas exactement une diagonale, il regarde d’abord le centre de l’image (enfin, la ligne des 2/3 supérieure, où se trouveraient les yeux d’un portrait), puis effectue une diagonale gauche droite en partant du coin supérieur gauche. Notre regard suit aussi les lignes de composition de l’image (qui peuvent être différentes de cette diagonale), il se laisse guider. Donc, c’est plus subtil (et très intéressant), mais ce n’est pas le sujet, et je ferme la parenthèse.

Revenons à nos visuels de couv’.

Pour nous renseigner sur le « genre » du livre, le visuel doit être en adéquation avec la culture de ce genre. Une couverture de SF répondra à d’autres codes qu’une couverture d’essai politique ;

de même, une couverture de roman fantastique a d’autres codes qu’une de thriller et, pour entrer dans des démarcations plus fines, une couverture de roman fantastique pour la jeunesse répondra à d’autres codes que le même genre pour les adultes. On sait tout cela instinctivement. Dans la majorité des cas, on pourrait même retirer les titres des couv, on saurait quand même de quel genre de livre il s’agit.

Ça veut dire que la couverture fait bien son taff.

cobie smulders avengers marvel thumbs up

Ça ne signifie pas encore qu’elle est « réussie ». Car pour être un succès, le visuel de couverture doit non seulement renseigner le lecteur sur le genre de l’ouvrage, mais aussi rencontrer son public (c’est-à dire plaire au lectorat visé, le toucher).

C’est d’autant plus important pour un public aussi exigeant à cet égard que le public jeunesse, qui s’attache énormément aux visuels de couverture et choisit beaucoup en fonction d’eux.

Mais… plaire au public ?! Il y aura toujours des mécontents…

slg on peut pas plaire à tout le monde

C’est vrai, mais puisqu’on cherche à toucher un public précis, et pas l’ensemble des gens qui vont entrer dans la librairie, en définissant bien ce public, on peut plaire à tout le monde.

Par exemple, ces deux titres :

 

évoquent sensiblement les mêmes thèmes et sont écrits pour un public que l’on peut définir peu ou prou de la même façon : ado, à partir de 14-15 ans, plutôt féminin, sensible aux thématiques des réseaux sociaux et du harcèlement.

Pour autant, ils n’attireront pas les mêmes lecteurs, car leurs visuels de couverture évoquent des univers, des styles d’auteur, et des traitements des thèmes diamétralement opposés.

Et les lecteurs répondant à la définition faite plus haut (ado, à partir de 14-15 ans, plutôt féminin, sensible aux thématiques des réseaux sociaux et du harcèlement) savent très bien, grâce au visuel, lequel des deux livres leur correspond. C’est parce que l’éditeur, aidé de l’auteur (parfois) et de son directeur artistique (souvent), a bien défini son public. Il l’a bien ciblé.

Un visuel de couverture est réussi quand :

  1. il informe sur le genre de l’ouvrage ;
  2. il trouve son public ;
  3. il plait (globalement) au public qu’il vise.

D’ailleurs, quand une couverture est efficace dans son genre et son sujet, qu’elle rencontre bien son public, on recroisera d’étranges clones…

 

Mais du coup, un visuel de couverture est raté quand :

  1. il engendre de la confusion sur le genre de l’ouvrage ;
  2. il ne trouve pas son public ;
  3. il déplait (globalement) au public qu’il vise.

Composer une couverture, c’est un art. Bien que des professionnels s’en chargent, parfois, forcément (et malheureusement), on tombe à côté.

well nobody's perfect

C’est souvent dû à un problème au niveau de la définition du public. Savoir à qui on s’adresse est primordial. Je vais prendre un exemple récent qui m’a fait mourir de rire, mais en a fait pleurer beaucoup d’autres : la réédition 2016, par la maison Rageot (sans rancune, j’ai grandi avec la collection Cascade de cet éditeur, et je l’aime), de la série Ellana, de Pierre Bottero (auteur génial, ami, va lire, tu me remercieras).

 

Pour contextualiser : Ellana est une trilogie s’inscrivant dans un univers assez vaste (dans lequel se déroule, entre autre, la célèbre Quête d’Ewilan) d’aventure fantasy jeunesse. C’est destiné à un public adolescent à partir de 11-12 ans. Ci-dessous, les deux premières éditions (chez Rageot puis chez Le Livre de Poche).

 

Voyez-vous le(s) problème(s) ?

  1. La couverture engendre une confusion sur le genre de l’ouvrage.
    • Ici, c’est évident qu’il y a une volonté de s’inspirer des visuels du genre à succès actuel : la dystopie. (Avec une tendance féminine).
    • Par ailleurs, le choix des couleurs, noir & blanc + titre en rose, évoque quant à lui un autre genre à succès, la romance new adult voire l’érotique.

      [En cherchant Couverture Livre Érotique, j’ai bien pourri mon historique internet.]

    • Pour finir, plusieurs lecteurs (dont moi, d’où mon hilarité), ont instantanément pensé à une histoire de danse. Cela est dû à la typo (qui évoque un ruban), encore une fois au choix des couleurs et, enfin, au look de cette fille en justaucorps, bon sang.
  2. Le visuel ne trouve pas son public. Le livre n’est pas encore sorti, et j’espère qu’il trouvera un nouveau public, un nouveau souffle, sous ses étonnants nouveaux atours. Mais étant donné la confusion qu’il crée sur le genre, il risque d’attirer des lecteurs qui seront déçus par des promesses non tenues (dystopie à la Divergente, par exemple), et ne pas attirer ceux qui apprécieraient l’épopée colorée, la quête libertaire sur fond d’univers imaginaire riche qu’est Ellana.
  3. Il déplait (globalement) au public qu’il vise. C’est le critère le plus subtil  à évaluer mais, vu les réactions des lecteurs de la saga (qui ne comprennent rien à cette réédition) (voir, notamment, ce post sur le Facebook du blog de Galleane), on peut dire que cela déplaît globalement au public visé.

Chose intéressante, l’éditeur Rageot a répondu aux réactions en s’expliquant ainsi :

« Merci pour vos marques d’attachement à cette série ! Changer les principes de couverture d’une trilogie culte n’est pas simple et fait rarement l’unanimité… [ndlr : euphémisme : ça ne fait jamais l’unanimité, l’éditeur a raison de le rappeler] Nous souhaitons nous adapter au lectorat d’aujourd’hui en adoptant ses codes visuels, quelque peu différents de ceux d’il y a 10 ans. »

Réponse juste mais qui semble dévoiler un raisonnement un tantinet à côté de la plaque : ce ne sont pas tant les codes visuels qui ont changé, mais les genres à succès. Il y a dix ans, le genre à succès, c’était le fantastique-fantasy (qui a ses propres codes). Aujourd’hui, c’est la dystopie. Les codes visuels n’ont pas glissé d’un genre à l’autre. Ils ont évolué, chacun dans leur genre. Ci-dessous, des couvertures fantasy d’aujourd’hui pour des romans du genre d’Ellana qui, parce qu’autant comparer ce qui est comparable, sont eux aussi, des rééditions :

 

La réédition d’Ellana est l’exemple ponctuel d’une couverture ratée : le visuel n’est pas adapté, ça arrive, bon, ok, très bien, arrêtons de bouder, et reprenons notre sérieux.

Je vais maintenant évoquer la tragédie de l’École des Loisirs.

LA TRAGÉDIE.

LA TRAGÉDIE.

J’aime énormément les textes de cet éditeur, mais il a un gros problème de couvertures.

L’École des Loisirs est une maison dont la politique éditoriale est aux petits oignons. Elle s’est fait connaître par :

  • (ses magnifiques albums, mais ce n’est pas le sujet ici) ;
  • la qualité de son catalogue d’auteurs français ;
  • sa démarche de recherche de beaux textes et son implication littéraire ;
  • ses prescriptions scolaires et ses prescriptions de libraires : son succès d’estime ;
  • ses couvertures blanches. Celles-ci :

     

Aujourd’hui, dans la même collection (« Médium », la collection pour ados), ça donne :

 

Le nouveau look de la collection est indéniablement modernisé, plus beau, mais il me désespère. Pourquoi ? Parce que j’ai pu observer de première main qu’il manque complètement son public.

Trois exemples :

1. Le mien : je suis un bon exemple du public visé par l’École (j’aime son catalogue, j’aime le social, j’aime la jeunesse, je n’ai pas peur des sujets qui piquent, j’aime les auteurs français, etc.), et pourtant, ce livre :

pyramide des besoins humains caroline sole

je suis complètement passée à côté, pendant des mois. Il a fallu en arriver à trois recommandations « coups de cœur » (blogueur/libraire/critique presse) pour que je comprenne que, hé, c’est un roman jeunesse pour toi, ça ! Parce que… je n’avais pas pigé qu’il s’agissait d’un roman jeunesse. À voir la couv’, je pensais à du social à la Godard ou, à la limite, à un roman policier. Pour adultes. [Or c’est un roman jeunesse, social et dystopique. Et très bon, avec ça. Pour les curieux, allez lire ma chronique de La pyramide des besoins humains, ou encore le très chouette entretien que m’a accordée sa géniale auteure, Caroline Solé.]

2. Celui d’un représentant. Lors de ma 4e expérience de libraire, il y a quelques mois, en 2015, j’ai pu constater :

-non seulement que les visuels de couv’ de la collection Médium, pour une majorité, faisaient plutôt reculer les ados ;no thank you
-mais aussi que les représentants eux-mêmes (nb : les représentants sont le lien entre l’éditeur et le libraire, ce sont eux qui viennent proposer, présenter, « vendre », les nouvelles parutions aux libraires, qui à leur tour les mettent en rayons), que les représentants eux-mêmes donc, mettaient bien en avant les collections Mouche et Neuf de l’École des Loisirs (pour les plus jeunes), mais n’insistaient pas trop sur la collection Médium, avaient du mal à la vendre, l’assumer, jusqu’à avouer que :

« On a un problème de positionnement sur la collection ado. »

Sans. Blague.

on n'en parle plus

(Il est ici utile de préciser que cette expérience a eu lieu dans une Fnac, pas dans une petite librairie indépendante, où la donne serait différente.) (Mais, again, si un éditeur a du mal à se vendre en grande surface culturelle (= environ 25% des ventes de livres selon GFK), c’est quand même un problème !)

3. Celui de jeunes lecteurs. J’ai mené une expérience (très scientifique) auprès de sujets innocents et consentants, âgés de 14 à 25 ans : je leur ai montré plusieurs couvertures de la collection Médium de l’École des Loisirs, et leur ai posé 2 questions.

*L’instant nawak*

21h— D’après toi, de quoi ça parle ?
« Camille, 17 ans, couche avec son professeur de philosophie. Elle décide de partir avec lui à l’Île de Ré. »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Adultes »
K., 23 ans

— D’après toi, de quoi ça parle ?
« Hmm. On dirait un drame psychologique initiatique dans les années 70 ou 80. Genre ‘Ma première fois, c’était avec un ami de mes parents. C’était les vacances d’été, j’avais seize ans.’ »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Plutôt Adultes. »
M., 16 ans

dream box— D’après toi, de quoi ça parle ?
« C’est un truc d’horreur. Ou de drogue. C’est complètement chéper. »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Adultes »
T., 19 ans

— D’après toi, de quoi ça parle ?
« Ça me fait penser à de la vieille science-fiction. Ou alors… y a un petit côté Elephant Man, aussi, je sais pas trop. Ou la famille Adams. Mais sans l’humour. »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Adultes ! »
L., 18 ans

faut jouer le jeu— D’après toi, de quoi ça parle ?
« Ça fait penser à un docu dans les balkans : un jeune en quête d’avenir monté à la ville dans sa camionnette diesel, mais c’est la galère parce que toute sa famille boit. Et en plus, il est roux. »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« On ne sait pas. »
T & F, 19 ans

— D’après toi, de quoi ça parle ?
« 1981. Pierrot, fils de prolo, monte à la capitale, plein de feu et d’enthousiasme. Il apprendra bien vite que la capitale n’accueille pas tout le monde de la même façon… »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Adolescents. »
C., 20 ans

aussi loin que possible

— D’après toi, de quoi ça parle ?
« Mohamed et Youssoufa sont des petits délinquants mais, grâce à l’amour et la passion de leur professeur de français, ils vont réussir à s’en sortir. »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Adolescents. »
K., 23 ans

— D’après toi, de quoi ça parle ?
« C’est Entre les murs dans les années 90. »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Adolescents (à l’école) et Adultes (pour les parents) »
H., 22 ans

le dernier chant— D’après toi, de quoi ça parle ?
« C’est un roman historique. C’est l’histoire d’une fille de famille noble mariée à un vieux schnock, et morte trop jeune. »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Adultes. »
T., 19 ans

— D’après toi, de quoi ça parle ?
« Roman historique. Une histoire de mariage forcé, ou de viol, ou les deux. »
— À qui ça s’adresse ? (Plutôt : Enfants / Adolescents / Adultes / Je ne sais pas)
« Adultes. »
E., 14 ans

*Fin de l’instant nawak*

Ce qu’il en ressort :

À regarder ces couvertures, on se trompe souvent sur le genre du livre et, surtout, on ne comprend pas que c’est de la littérature jeunesse. L’éditeur s’aliène une bonne partie de son public.

Analysons. Qu’est-ce qui cloche ?

  1. La photo. Le principe de la couverture photo n’est pas incompatible avec le rayon ado, au contraire, mais dans ce cas, il faut qu’elle montre ou évoque un univers auquel l’ado puisse s’identifier.
  2. La typo. Avec une photo pleine page, si on veut bien se positionner sur un créneau jeune, il faut adopter une police de titre plus fun, plus moderne. Voire un titre stylisé.
  3. La pleine-page. Avec ce choix de photos plutôt noires et/ou crossover (pourquoi pas !), si on veut accrocher le bon public, il faut jouer sur la composition, pour que le lectorat puisse situer le roman.
  4. Le noir et blanc. La couverture photo noir et blanc est très connotée dans des genres éloignés de la jeunesse (l’essai historique, le témoignage, le policier, le thriller, notamment) aussi, une photo pleine page en noir et blanc, ça renvoie à un imaginaire qui n’est pas forcément le bon.

Pourquoi ces erreurs ? (Rappel : tout ceci est mon analyse perso à hauteur de petit haricot prématuré)

  • Hypothèse 1. Peut-être y a-t-il eu une volonté, avec cette nouvelle charte graphique, d’accentuer le côté crossover, de parier sur la volonté des ados de ne pas être pris pour des gamins.
    • Oui mais bon. Le jeune lecteur est un « client » comme les autres qui a besoin de comprendre que le produit livre lui est adressé, sinon, il détourne les yeux.

      Tu veux que je lise un livre qui est chiant dès la couverture ?

      Tu veux que je lise un livre qui est chiant dès la couverture ?

  • Hypothèse 2. L’École des Loisirs semble attachée à son image, à sa tradition (cf. les couvertures blanches) et ne souhaite pas trop s’en éloigner. Conserver son identité de maison « d’auteurs » (un peu comme il y a des « films d’auteurs ») et une certaine continuité entre les anciennes et nouvelles éditions.
    • Oui mais bon. Il y a peut-être un juste milieu à trouver. Parce que ça fait saigner mon petit cœur, tous ces merveilleux textes qui ne rencontrent pas (aussi bien qu’ils le devraient) leurs lecteurs. sad pikachu

J’abandonne là la tragédie de l’École des Loisirs*.

Pour finir cette histoire de délit de faciès, parlons de jolies couvertures, ça nous mettra du baume au cœur (et des paillettes dans les yeux). Je vais évoquer le cas tout à fait singulier du visuel de couverture du type « création graphique » qui sert de carte d’identité à la maison Zulma.

Chez Zulma, ils font des choses comme ça :

zulma couvertures

Pourquoi c’est génial ?
On reconnaît immédiatement la maison d’édition. Ces visuels confèrent aux titres une « identité maison » très forte.
On situe le genre : roman + adulte + exotique.
Le livre trouve son public : adulte, éduqué, ouvert à la littérature étrangère et aux cultures exotiques, sensible à l’esthétique, le public visé est assez naturellement attiré par ces titres.
-Et enfin, la condition difficile est remplie ici sans chichi : on est conquis, parce que c’est beau.

 

C’est la fin de cette sale histoire de délit de faciès. La moralité à retenir : ne soyez pas bête comme moi, évitez d’être raciste envers les couvertures que vous ne reconnaissez pas. Les visuels ratés peuvent cacher des merveilles.

J’espère que cette réflexion sur ce qui fait une bonne ou une mauvaise couverture vous aura amenés à faire des « hmmm » pensifs en vous caressant une barbe imaginaire, et reconsidérer plein de trucs. Ne prenez pas tout ce que je dis pour argent comptant, évidemment : j’ai l’expérience d’une coquillette qu’on vient de jeter dans la soupe.

dunno what i'm doing

J’espère que vous n’allez pas écrire à Rageot ni à l’École pour leur dire de ma part qu’ils sont nuls (svp : NON), mais que vous vous demanderez parfois, en voyant une couverture qui ne vous plaît, mais alors, vraiment pas
pourquoi elle ne fonctionne pas.

Parce qu’il y a (très souvent) beaucoup à apprendre de quelque chose qui ne fonctionne pas.

À bientôt 🙂

Lupiot

Lupiot


*Toutes les couvertures de l’École des Loisirs ne sont évidemment pas autant à côté de la plaque que pourrait le faire croire ce topo, qui prend des exemples choisis.

  1. Il y a notamment une amélioration indéniable entre les vieilles et les nouvelles éditions :

    (Même si d’après moi elles présentent certains problèmes. En outre le jeune homme sur la dernière couverture en bas à droite est très loin d’avoir 12 ans, l’âge du héros, donc on crée encore de la confusion.)

  2. Il y a aussi des couvertures récentes de chez l’École qui me semblent bien cibler leur public (en plus d’être plutôt jolies) :

 

 

 

 

 

 

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68 réflexions sur “Délit de faciès, ou la couverture ratée

  1. Excellent article ! J’aimerais revenir sur un point : les couvertures blanches/neutres (ou pire, cet horrible jaune de chez Grasset). Certes, pour les accros à l’objet livre, avoir une bibliothèque remplie de Gallimard/POL/Editions de minuit, rien que pour la sobriété de la couverture, c’est classe. Mais cela ne concerne que ceux qui apprécient déjà la lecture : pour ceux qui auront au contraire tendance à considérer le livre comme un truc chiant et intello (et c’est le cas de beaucoup, hélas), ces designs neutres renforceront leur dégoût… et de très beaux textes seront ainsi mal mis en valeur car cachés derrière une couverture sobre qui leur confère une apparence ultra intellectuelle (et d’intello à chiant, pour certains, il n’y a qu’un pas).
    A l’heure ou la lecture perd du terrain, ces couvertures sobres contribuent, à mon avis, à sectariser ce loisir comme un « truc d’intello ». Heureusement, de chouettes maisons d’édition, comme Zulma que tu cites, se démarquent car elles ont compris le poids de l’apparence…

    Aimé par 4 people

    • AMEN. Pour, ça on peut dire merci au snobisme français. On a une grosse tradition de « culture-douleur » : si c’est pas un peu aride, c’est pas de la culture. Y a quelque chose de ce goût là derrière l’attachement aux couvertures dites « blanches » (je compte dedans le vilain jaune de Grasset, ou même le joli bleu nuit de Stock !). Quand on regarde les rayons adultes du monde anglophone, il y a de quoi soupirer d’envie : voilà une culture qui a pigé que la littérature était avant tout un plaisir et devait se VENDRE comme tel. Mais bon, de notre côté, on a encore du chemin à faire.
      C’est un sujet très intéressant (l’accès à la lecture / le snobisme culturel français qui se traduit par des couvertures (et des textes, d’ailleurs) arides), mais je n’en ai pas parlé ici parce que ça risquait de devenir éléphantesque, comme article : je me suis contentée d’évoquer les visuels de couv et leur « efficacité », donc exit les visuels absents, et exit aussi les visuels qui sont efficaces, mais laids (encore un autre débat). Mais merci d’avoir soulevé ce point !
      Je m’en vais de ce pas rajouter un « allez voir dans les commentaires ce qui y a à dire sur les couvertures blanches ».

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  2. Quand vraiment j’adore un auteur, ou que j’ai entendu dire du bien d’un bouquin, la couv m’importe peu. Mais sinon, c’est clair que si je ne connais pas le livre, la couverture va jouer lors de mon achat… C’est elle qui attire l’oeil, et qui donne envie (ou pas) de prendre le livre en main pour en lire le résumé au dos… 🙂

    Aimé par 1 personne

    • C’est sûr : certains auteurs, je leur pardonnerais même une couverture caca d’oie avec un titre pixellisé. Mais ils sont peu.
      Quand vraiment, je trouve un visuel trop nul (bon déjà il y a un petit risque que je passe à côté du livre), mais ensuite, je ne vais pas forcément avoir envie d’acheter le livre (j’aime avoir de beaux livres dans ma bibli) : je vais plutôt l’emprunter ou… le lire sur place xD (Oui ça m’arrive. Bad, bad Lupiot.)

      Et heureusement que le résumé est souvent là pour rattraper la casse 😉

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  3. Tout à fait d’accord pour les nouvelles couvertures d’Ellana !! Mais qu’est-ce que c’est que ce truc, on dirait effectivement une histoire de danseuse…
    Et pour l’École des Loisirs, qui édite effectivement de très beaux textes, j’ai toujours trouvé dommage qu’ils fassent des couvertures aussi moches et qui attirent aussi peu les enfants !
    Un article intéressant, merci !

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    • Ellana : c’est tellement aux antipodes de l’univers de Bottero que ça me fait carrément rire (et puis le côté danseuse, vraiment, y a de quoi se marrer…)
      De rien, merci à toi 🙂

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    • Je n’achète plus les livres de l’ École des Loisirs, qui n’attirent pas du tout les élèves, malgré de très baux textes….
      Je fais souvent un test simple avec des collégiens, je leur demande de choisir un roman qui leur plait dans les rayonnages et la première chose qui importe est l’illustration sur la première de couverture.

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  4. Wow ! Quel article extrêmement intéressant ! Merci beaucoup pour la qualité de ton article. Je suis d’accord avec toi pour l’École des Loisirs, je trouve ça tellement dommage qu’ils ne donnent pas à cette collection toutes ses chances. En plus, l’École des Loisirs a toujours publié des romans vraiment chouettes pour les jeunes (on a tous plus ou moins grandi avec Oh boy ! – en tout cas, chez les amoureux et amoureuses de livres) et là ils ont du mal à se moderniser.
    Pour Zulma, je suis entièrement d’accord avec toi, mais je suis complètement biaisée, parce que je suis amoureuse de cette maison d’édition.
    Merci encore pour cet article !
    Bonne journée 🙂

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    • Merci ! ^w^ Contente que la qualité t’ait plu.
      Oui, on est très nombreux à être attachés à cette maison d’édition pour avoir grandi avec. Maison qui continue, d’ailleurs, de bien fonctionner notamment chez les collections pour plus petits (Mouche et Neuf), qui gardent en majorité leurs couvertures blanches pas toujours très jolies ni très modernes, d’ailleurs, mais c’est moins grave car c’est encore un âge où ce sont principalement les parents qui achètent, et ils savent que c’est bien. C’est beaucoup grâce à la réputation de la maison + notre attachement que la collection ado ne se casse pas *complètement* la figure, même si elle se casse sérieusement la figure 😦 Ils remettent beaucoup de choses en question, jusqu’au jugement de l’éditrice en chef et ses choix de textes. Alors que les ventes grimperaient sans mal si on donnait un bon coup de jeune à ces couv’.

      Zulma, c’est le bien.

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  5. Ow…. Je vais laisser un message aux Men In Black pour qu’ils me flashouillent les yeux, je ne pourrais pas vivre avec cette vision des couvertures d’Ellana.
    Tu as bien démontré leur idée évidente qu’on peut se faire du beurre sur les préados stupides qui ont lu Divergente&co. Comprenez ici que les éditeurs croient leurs lecteurs stupides, mais qu’ils ne le sont pas, je ne critique pas le public visé par mes propres lectures 🙂

    Tu nous écris là un bien bel article, c’est vrai que c’est dur de s’atteler à une lecture quand la couverture ne nous attire pas. Exemple Ewilan j’ai mis un temps fou à m’y mettre, les dessins ne me plaisaient pas du tout! Mais c’était tout à fait subjectif je pense, la recette jeunesse et fantasy y était bien.

    Et toujours vis-à-vis d’Ewilan, dont j’ai offert le premier tome « D’un monde à l’autre » à une petite cousine de 11 ans à Noël, j’ai dû me battre pour avoir une bonne édition, car celle du livre de poche fait vachement flippant, j’ai galéré pour avoir la plus récente de chez Rageot, la petite, dessinée par Krystel. Elle est tout de suite plus parlante pour le public visé… (PS : allez voir la version 2005 de France Loisirs, c’est hilarant!)
    Tous les visuels ici : http://www.livraddict.com/biblio/book.php?id=232

    Aimé par 2 people

    • Pareil, je n’ai jamais accroché aux premiers visuels de couv d’Ewilan, ce qui a fait que je n’ai pas été tout de suite intéressée à la trilogie (et autre chose aussi : plusieurs amis à moi m’avaient dit que c’était « mieux que Harry Potter… » Faut pas dire ça, les gens, pas à une Potterhead obsessionnelle de 12 ans… Résultat, j’ai longtemps refusé, par principe, de m’approcher de cette série qui OSAIT se prétendre « mieux que Harry Potter », non mais sans déconner). Quand j’ai grandi, j’ai moins eu envie de lire Ewilan (que je n’ai, du coup, toujours pas lu) en revanche, j’ai découvert Bottero avec sa trilogie L’Autre et puis Ellana.
      Les premières couv d’Ewilan ne me plaisaient pas non plus; je trouvais qu’elles faisaient trop gamin… mais comme tu le dis, pour le coup c’est une affaire de goût, car elles fonctionnent plutôt bien, sinon.
      Tu trouves celles du Livre de Poche flippantes ? C’est mes préférées ! C’est celles qui m’attirent le plus en tout cas =P
      Enorme éclat de rire devant celle de France Loisirs. CELLE-LA, elle fait bien peur xD

      (Merci pour ton commentaire !)

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  6. Excellent article comme toujours. Merci pour cette analyse, je suis totalement d’accord avec toi. Je n’avais pas vu ces nouvelles couvertures d’Ellana et c’est un vrai massacre !
    Je suis toujours tellement admirative face aux couvertures colorées des anglo-saxons. Rien que pour ça, entrer chez Shakespeare & Co est déjà un dépaysement !
    Encore merci ! Et merci pour tes critiques, tu me donnes envie de lire dix nouveaux bouquins chaque semaine !

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    • Mais je t’en prie ! C’est pour donner ce genre d’envie que ce blog existe !

      (Les réactions aux nouvelles couvertures d’Ellana me font rire à chaque fois.)

      Shakespeare & Co, c’est beau, mais c’est cher. (Je ne résiste jamais à un achat compulsif quand j’y passe, mais le fait que, pour des raisons qui me sont encore un rien obscures (entreprise mère située à l’étranger ?) ils ne soient pas soumis à la loi du Prix Unique du Livre, fait que leurs tarifs sont beaeeuuuuucoup plus élevés qu’ailleurs O.O

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  7. Aaaaaah chouette article !
    J’aime beaucoup les couvertures de Zulma mais du coup j’ai pas réussi à me lancer pour en prendre un.
    Tu pourras faire un article sur tes histoires chéries de l’Ecole des Loisirs ? (en fait, non. Comme ça je reste avec ma PAL non jeunesse pour le moment !)

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    • Mes histoires chéries de l’École des Loisirs… ça risquerait d’être fouillis ! (Et surtout, un peu vieillot… La période où j’en ai le plus lu, c’était entre 9 et 13 ans, je pense.) Mais why not, un article contributif avec les différentes chroniqueuses du blog pourrait donner quelque chose de sympa.
      Biz à toi.

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  8. Ah, les couv de l’EDL… Quelle galère de placer ces romans quand les clients bloquent sur la couv… Tu n’as plus qu’à sortir les rames et à montrer tes poils qui se dressent d’émotion quand tu en parles si tu veux les convaincre… ^^ Et c’est pas faute de faire remonter régulièrement l’info aux intéressés… Super article, à faire suivre à certains éditeurs… 🙂

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    • Mouhahah, oui, on développe des trésors d’inventivité pour contourner l’obstacle de la couverture. La méthode classique de raconter le début de l’histoire fait des merveilles, mais bon, déjà que le lectorat de l’École est une niche par rapport à la masse de la clientèle qui vient chercher Labyrinthe ou Girl Online, quand en plus le visuel de couv nous fait un croche-patte au milieux de la vente, MARDE à la fin.

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  9. Excellent article !
    Qui rejoint absolument ce que je pense mais que je n’exprimerais pas avec autant de talent et de ressources ! Bravo !
    (Et pensez aussi à nous, auteurs, qui parfois « subissons » les couvertures de nos propres livres et serions heureux d’être dans d’autres draps !)

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    • Je pense à vous, j’ai d’ailleurs plusieurs fois eu l’occasion d’échanger avec des auteurs frustrés. Il y a toujours un risque, c’est un grand saut dans le vide entre le manuscrit et le livre final, et non seulement il faut que la couverture « fonctionne » (si oui, déjà, c’est très cool) mais aussi qu’elle corresponde à la vision que l’auteur a de son livre (là, c’est vraiment du pifomètre en revanche… Heureusement, dans la plupart des cas, on peut faire confiance à son éditeur, qui sait ce qu’il fait. Mais j’avoue que dans certains cas… « ^^).

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  10. Article très intéressant, tu fais ressortir des évidences cachées accompagnées d’analyses pertinentes !

    Ton exemple sur Ellana m’a donné envie de lire la trilogie. Mais avec la couverture de la 1ère édition de Rageot XD, j’ai lu La Quête d’Ewilan et les Mondes d’Ewilan, je tiens à garder le même visuel de couverture.
    (Quand j’ai vu les couvertures de la deuxième édition de Rageot, je n’avais pas du tout fait le rapprochement avec les livres Ewilan de Bottero ; je suis à 100% d’accord avec tout ce que tu as dit).

    Merci pour ces articles, pas seulement sur les livres mais aussi sur tes connaissances riches sur l’édition en général, ce sont des choses vraiment chouettes à savoir. Et, comme tu l’as dit, je vais dorénavant prêter plus attention à la signification ou la mauvaise signification d’une couverture de livre ^^

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    • Hey, coucou toi ! 😀 Ravie de t’instruire (même si, bien sûr, garde l’œil ouvert, je peux me tromper), personnellement j’adore apprendre constamment de nouveaux trucs, ça me rend heureuse.

      Pour Ellana c’est d’autant plus étrange comme choix qu’ils brisent totalement l’harmonie entre la réédition d’Ewilan et celle d’Ellana, qui se déroulent pourtant dans un même univers et sont liées par de nombreux aspects. Pourquoi ne pas avoir fait appel au même illustrateur que pour la réédition d’Ewilan ? (Ou peut-être qu’on nous prépare une nouvelle édition d’Ewilan dans le même genre que celle d’Ellana ? BEWARE.)

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  11. Excellent article! En effet, j’attire énormément d’importance à la couverture. C’est triste, parce que si ça se trouve, j’ai raté plein de trucs géniaux à cause de ça.
    Oh mais, ça alors, je ne savais pas que ces livres aux couvertures bizarres à L’EDL étaient destinés à la jeunesse! *véridique* Je pensais vraiment que c’était une sorte de collection adulte spécialisée dans le drame/thriller/drogue/prostitution et j’en passe! Je n’en reviens pas.
    Comme tout le monde, les couvertures d’Ellana m’ont franchement choquée. Elles ne représentent pas du tout l’esprit de la série (qui est géniale, en passant, par feu Bottero, nous le regretterons toujours).
    Merci encore pour cet article!

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    • Merci !
      Je suis un peu comme toi, la couverture joue pas mal sur mon envie d’acheter. Je peux lire les livres moches, mais je n’en veux pas dans ma bibli xD Après, pour l’Ecole des Loisirs, c’est un autre problème, car je ne trouve pas les couvertures moches, au contraire, parfois (cf. La pyramide des besoins humains) mais vraiment mal orientées vis-à-vis du public, et là, carrément, je les rate ! Et ça ne m’étonne PAS DU TOUT que tu n’aies pas pigé que cette collection était jeunesse xD
      Pierre Bottero : illustration parfaite de tout ce qu’on rate avec les gens créatifs partis trop tôt… belle injustice.
      Biz

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  12. Très bon article, merci !
    J’étais passée à coté des nouvelles couvertures d’Ellana, effectivement, c’est incroyable de se planter à ce point. Si l’idée, c’est que la dystopie fait vendre, ils n’ont qu’à publier de la dystopie.

    J’ai beaucoup aimé la partie « tu penses que le livre parle de quoi ? ». Visiblement, l’équipe de l’école des loisirs gagnerait à ramener les projets de couvertures à la maison pour demander l’avis de leurs enfants…

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  13. Merci pour ce bel article (et du coup je découvre par la même occasion ce petit coin d’Internet et ça me plaît bien). Pour ma part, je rebondirai bien sur les vilaines couvertures blanches que tu évoques au début… J’ai une (fâcheuse) tendance à les ignorer, parce qu’elles me semblent « chiantes ». J’ai l’impression que ce sont des livres qui ne me sont pas accessibles (et pourtant je suis bibliothécaire !). Et je SAIS que je rate des beaux livres, mais du coup, je me rattrape lorsqu’ils sortent en poche… Je pense notamment à Blandine Le Callet, que j’aime beaucoup mais que je n’ai lue qu’en poche car ses livres dans leurs premières éditions ne m’ont absolument jamais attirée. Comme le dit si bien Horizondesmots, ce type de couvertures contribue fortement à donner l’impression que la lecture est un « truc d’intello ». A contrario, j’ai le problème inverse avec certains lecteurs qui eux refusent catégoriquement de prendre des romans jeunesse, parce que… c’est « jeunesse ». Genre, ils sont trop grands pour ça. Je me bats mais parfois c’est difficile, certains ne veulent rien entendre. J’en ai d’ailleurs une qui ne lit QUE des livres à couverture blanche horrible. Et les prix. TOUS les prix. Enfin bref, je pourrai continuer des heures.
    Merci pour ce chouette article !

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    • Oui, je pense qu’il y aurait une thématique intéressante à mener sur le sujet du rapport au livre en France à partir de ces couvertures blanches. Cela évolue trèèès doucement, mais de façon notable quand même, par ex., chez Grasset ou NRF, c’est de plus en plus souvent qu’ils utilisent des jaquettes (ce qui permet une couverture alternative bien plus attractive ^^).
      J’avoue que je comprends assez bien la peur des couvertures blanche (ou sans aller jusqu’à la « peur », le désintérêt prononcé : perso si je dois lire l’intégralité des 4e de couv d’une table de NRF pour avoir une idée de la personnalité de chaque bouquin, pff, j’ai tendance à aller voir ailleurs…)
      Je comprends moins bien le rejet de la littérature jeunesse. « Parce que c’est jeunesse » ou celui des couvertures colorés/ illustrées sur le même principe. Enfin, je sais analyser cette réaction mais elle me semble toujours sous-tendue par un complexe de supériorité qui m’est assez désagréable « ^.^

      Je t’en prie ! Et sois la bienvenue 🙂

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  14. Merci pour cet article. Pour l’école des loisirs, je me suis toujours demandée si Marie-Aude Murail avait son mot à dire sur ses couvertures car je les ai toujours trouvées moins loupées que les autres… 😉

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      • ^^ Moi je suis assez d’accord : c’est grâce à la couverture de « Scénario catastrophe » (une photo de la voie lactée avec une flèche indiquant « nous sommes ici ») qui m’avait intriguée que j’ai découvert cet auteur…
        Merci pour cet article super intéressant !

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        • Ahh… M-A Murail… pour ma part c’est grâce à la série des Émilien (Baby-sitter blues et la suite) que je l’ai découverte et, non, bien sûr, toutes les couvertures de l’École ne sont pas mauvaises, ce n’était d’ailleurs pas le propos de cet article, certaines fonctionnent / ont fonctionné très bien. Et puis nous avons un attachement fort aux couvertures des livres qui nous ont marqués. Mais de là à savoir si M-A Murail a eu son mot à dire sur les couv, franchement l’éclectisme/le style desdites couv me laisse dubitative ! 🙂
          (Merci à toi tu veux dire. C’est chouette d’avoir laissé un mot !)

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  15. Pingback: La pause douceur #6 – Les tribulations d'une loutre lectrice

  16. Très chouette article, intéressant et pertinent ! En tant que (ancienne) libraire, j’ai déjà été aussi confronté au regard flippé de l’ado à qui tu essayes de conseiller de l’école des loisirs Médium et qui se demande bien ce qui te passe par la tête.
    Personnellement, j’ai beaucoup le livre en tant qu’objet et même si je vais sans doute acheter le livre de mon auteur préféré de toute manière, une couverture moche va bien me faire râler, pester et tout ce que tu veux et si elle est vraiment hideuse, je vais essayer de le trouver en occaz, par une espèce de principe bizarre qui n’engage que moi et que j’ai du mal à expliquer.
    Pour Ellana, ce serait à mourir de rire si ce n’était pas aussi triste, vouloir surfer sur la vague du succès est compréhensible mais faut-il encore que le contenu du livre s’y prête, notre pauvre Bottero va décevoir quantité de lecteurs qui vont chercher dans sa série quelque chose qui ne s’y trouve pas (alors qu’on leur promet à travers la couverture), j’espère qu’ils sauront tout de même apprécier le texte, ce serait vraiment dommage !

    En tout cas, merci encore pour cet article, je pense que je reviendrais souvent par ici 🙂

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    • Hello ! Merci pour ton super commentaire, que j’avais laissé filé — et j’ai oublié de d’y répondre. Ton espèce de principe bizarre qui n’engage que toi ne me semble pas venir d’une autre planète, j’ai moi-même ma politique « non-achat » pour les livres « pas beau » que je veux néanmoins lire. Emprunt, lecture sur place, achat d’occasion (puisque de toute façon, il n’est pô bô, autant le prendre usé). Ce n’est pas toujours conscient, mais je traîne des semelles.
      L’un de mes auteurs préférés (Daniel Pennac), publié dans la blanche chez Galli, prend toute une étagère chez moi parce que je l’achète en grand format (mouaif) et en poche (illustrations du tonnerre de Tardi). J’aime beaucoup le grand format pour le confort de lecture mais j’aime bien avoir des livres… qui se ressemblent, tu vois ce que je veux dire ? Et les couvertures blanches ne rendent pas du tout compte de l’esprit du livre, c’est un peu frustrant.

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      • Voilà, c’est tout à fait ça, s’il est moche, autant ne pas le payer plein pot et prendre de l’occaz… Les couvertures Blanche de Gallimard, je ne les aime pas du tout, je comprends très bien qu’elles essayent d’atteindre un certain public qui pensent que la littérature c’est très important (ce qui est le cas, attention) et doit être réservée à une élite (là non par contre) mais ça bloque beaucoup de gens et c’est dommage, j’attends toujours la sortie poche pour les livres de cette collection alors que j’ai aussi une préférence pour le grand format, aussi pour son confort de lecture.

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  17. Oh mon dieu, je n’avais pas encore vu les nouvelles couvertures d’Ellana ! J’ai tout de suite pensé « OH MON DIEU on dirait Divergent » (alors que je ne l’ai même pas lue, cette trilogie, je tiens à préciser, ahah) et… juste en dessous tu en parles. Ah, la mode des dystopies qui déteignent UN PEU TROP sur le reste. J’ai beau être une grosse, grosse fan de contre-utopies, je n’aimerais pas que l’on me fasse de la pub mensongère avec une couverture tout à fait à côté de la plaque. Mauvaise pioche pour ce coup-ci. :/
    Très bon article, en tout cas ! (et, oh mon dieu, les éditions Zulma. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en voyant du Hubert Haddad dedans. Simple petit plaisir d’une lectrice de l’avoir côtoyé le temps d’un jeu d’écriture en sa compagnie et d’avoir eu l’un de ses livres dédicacés :D) Et puis, ces couvertures sont fichtrement belles, je l’avoue, ahah.

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  18. Super article et finalement quand je vois l’école des loisirs qui vient de changer de directeur de collection,celui-ci virant allègrement des auteurs et demandant aux autres de faire des textes moins « exigeants » pour rebooster les ventes et bien je me dis que c’est du gâchis. Il suffit de demander aux lecteurs,aux libraires,le problème c’est les couvertures. ..

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    • Peux pas m’empêcher de me dire un peu la même chose… (Même si c’est indubitablement plus compliqué.)
      …Et la (vraie) tragédie de l’École des Loisirs, c’est ce qui est en train de se passer en terme de changement de direction. Ça sent le vieux marketing moisi de derrière les fagots et j’ai l’impression qu’ils ne réalisent pas qu’un mauvais cap maintenu ne serait-ce que quelques mois peut engendrer un gâchis intersidéral et une perte de confiance (auteurs/libraires/public) difficile à repêcher. (Moisi apporté par un homme qui apparemment, pense que le roman, c’est fini depuis Zola, donc quelque part, c’est cohérent… T_T)

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  19. Un grand, GRAND merci pour cet article ! Grosse pensée pour tous ces chouettes romans de l’école des loisirs qui ne sortent jamais des rayons de la bibli où je travaille, tant ils font pâle figure au milieu des autres. (sans compter que les couvertures blanches ça…jaunit…)

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    • Oui les couvertures blanches vieillissent mal… non seulement pour le look mais pour l’aspect propre !
      Ma bibliothécaire préférée quand j’étais petite « forçait » légèrement l’emprunt en mettant toujours 75% de livres de l’EDL sur sa gondole coups de coeur xD

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    • Oh, merci pour tes compliments et tes partages !
      Mais oui, le plus désespérant, c’est qu’on l’aime, cette maison, bon sang.

      Je ne suis pas aussi optimiste que toi, en ce moment, ça ne va pas fort fort chez eux… Ils ont changé de cap éditorial en remplaçant l’éditrice historique des romans, qui avait contribué à la qualité du catalogue et à sa saveur si particulière, par un homme qui a jadis été une sommité dans l’édition d’albums mais qui ne croit plus au roman. Résultats : étrange direction « marketing » (encore que ? on sait pas trop ce qu’ils font) mais surtout, effondrement général de la relation auteur-éditeur… Les auteurs ont créé un blog pour en parler si tu es curieuse ! C’est par là : https://laficelleblog.wordpress.com

      Merci pour ton commentaire !

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  20. Du coup, il me semblait t’avoir refait un commentaire où je redisais à quel point j’aimais ton blog ah ah mais surtout que j’avais bien pensé à toi en lisant un école des Loisirs que je n’aurais jamais acheté de par sa couverture (et même son résumé) : La Nébuleuse d’Alma. Oh lala, j’ai été complètement conquise dès les premières lignes et la fin est grandiose.
    Si ma libraire passe par là, merci mille fois et coeur coeur pour ce choix !
    Bref, voilà. Vive tout.

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    • Mais oui, mais si, c’était sous un autre article, je ne sais plus lequel ❤
      L'École des Loisirs est une maison qui entretient un loin très étroit avec ses prescripteurs (notamment libraires et professeurs), auxquels elle doit beaucoup ! Et on ne remercie jamais assez les libraires de nous faire regarder par-delà la couverture… 🙂

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  21. Alors là! Cet article est incroyable! Je le range dans la catégorie article de chevet et je le partagerais jusqu’à saturation car je connais beaucoup d’auteurs indépendant qui font leurs couvertures eux-même! Merci beaucoup d’avoir partagé ton savoir avec nous. Tes petites expériences en disent long. ^-^ Bonne continuation et merci encore!

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  22. Salut !

    J’ai beaucoup aimé ton article, c’est vrai que les couvertures jouent un rôle important dans le choix d’un livre, je suis sûre que j’ai du passer à côté de super bouquins à cause d’une mauvaise couverture.
    Pour les couvertures d’Ellana …….. Euh ….. mais qu’est ce qui leur à pris ???
    Tu m’as fait bien rire avec ton histoire de danse ^^ Pour ma part je vois plutôt une série du genre divergente ou alors carrément un truc du genre cinquante nuances de grey. Ces photos (ou dessins très réalistes, je sais pas) ne donnent pas du tout envie de rêver, contrairement aux premières éditions, qui donnaient carrément la dimension Fantasy des livres. Directement avec la couverture, on pouvait imaginer un monde parallèle, un peu de bastion peut-être même la poésie des textes avec ces belles couleurs ….. Là, on se retrouve avec une photo qui nous ancre dans un monde quasi-réel….

    Pour les couvertures ratées, une des pires reste pour moi celles des 2 premiers « Tara Duncan » ( http://www.images-booknode.com/book_cover/332/full/tara-duncan,-tome-1—les-sortceliers-332218.jpg) ( http://images.noosfere.org/couv/s/seuil065871-2004.jpg ). Heureusement qu’une amie m’avait « vendu » le livre, sinon, je pense que je ne l’aurais jamais commencé !

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  23. Bigre ! Un giga merci pour ce SUPER article ! Je m’arrête rarement par ici, c’est un tort !
    Je me suis aussi beaucoup interrogée sur les nouveaux choix de L’École des Loisirs, en particulier à propos de certaines photos de couvertures qui nous montrent tous leurs pixels… C’est moche, et ça donne l’impression qu’ils ont fait ça à l’arrache. Par contre, j’aime beaucoup le format poche. Et aussi le fait qu’ils aient gardé la police de titre (justement parce que ça me permet de les reconnaître sur la table, mais je reconnais que ça n’est pas la meilleure façon de trouver de nouveaux lecteurs).
    En tous cas, je décerne la palme de la couverture ratée à Nathan pour le roman de T. S. Easton qui est vraiment super… mais… comment dire… POURQUOI ?!
    http://bobetjeanmichel.com/2016/03/les-garcons-ne-tricotent-pas-en-public-t-s-easton/

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    • Mais oui c’est terrible ! Je lis beaucoup de bien ce ce bouquin mais c’est très difficile de passer outre l’effet « cheap » de la couverture qui semble me crier « Ne vas pas par-là, c’est de la sous-littérature de plage ». Comme quoi c’est vraiment crucial T_T
      Quant au format poche de l’Ecole des Loisirs, moi aussi je le trouve cool, mais encore une fois, QUE PASA SUR LES COUV ? Quand on voit la couverture magnifique de Cassiel Roadnight en grand format, et la euh… daube douloureuse qui lui succède en format poche (une sorte de couverture de télé mal réglée où, effectivement, on dirait qu’il y a eu un problème à l’image et c’est très très laid), on est en droit de lever les bras au ciel.

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  24. Oh, mille fois merci pour cet article aussi gigantesque que nécessaire. Tu as des trésors d’écriture en toi, tu sais? 🙂
    Non parce qu’on dirait pas comme ça, mais le délit de faciès, c’est quand même assez récurrent. « Oh tel bouquin, il a l’air bien, fais-voir !!…Ah…Ah bah ptet pas tout de suite en fait ».
    Eh ben voilà. Combien de lectures ratées par délit de faciès? C’est vrai que c’est un problème, même avec les représentants, parce qu’ils te vendent le livre trop bien mais…mais juste non quoi.
    Pour ce qui est de l’école des loisirs…il s’y passe tellement de choses en ce moment que leurs couvertures ne sont plus vraiment le problème, mais c’est vrai que quand je te lis, je me rends compte qu’en fait, au delà de mes considérations de place et de clientèle cible, et tout, j’ai pas tant de romans de l’école sur mes tables. Ils sont majoritairement dans les rayons. Et pourtant il y a des textes magnifiques !
    Bon de toute façon, si je m’écoutais, je t’enverrais des fleurs à longueur de journée, alors je vais me contenter de quelques sobres, merci, bisous et à bientôt !

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    • Wahou mais t’es folle de laisser des commentaires aussi géniaux, fais gaffe je vais devenir dépendante !
      Oui, j’ai écrit cet article avant que ne resurgisse le thème de la direction éditoriale de l’école des loisirs sur les réseaux sociaux (via le blog La Ficelle, notamment, où les auteurs témoignent) et sous ce jour, les couvertures sont un problème satellitaire.
      (Mais pas tant que ça en fait. Je ne peux m’empêcher de penser qu’avec un meilleur travail de DA, les titres se vendraient mieux, et si les titres se vendaient mieux, on mettrait pas Geneviève Brisac au placard, et si… mais bref. Paris en bouteille, toussa toussa.)

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      • Y’a ptet de ça oui, mais bon officiellement Geneviève Brisac est en congé maladie, alors pour avoir le fin mot de l’histoire c’est pas gagné. Il n’empêche que, c’est bizarre cette histoire.

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        • Purée alors je sais pas si c’est le cas, c’est peut-être totalement autre chose, mais quand j’ai appris la façon dont elle était, comment dire « mise sous tutelle », j’ai dit « Cette femme va faire une dépression. »
          Tu imagines ? Des décennies à créer et faire grandir une famille éditoriale suivre et encourager tes auteurs, faire pousser ton jardin, et du jour au lendemain : « Non, mais, merci bien, mais en fait, ton jardin, on va s’en occuper. Va ranger la cabane à outils, plutôt. Bon, par quoi on commence, nous ? Hé, Gégé, arrache-moi ces coquelicots, STP. » Donc bref tout ceci est mon ressenti fortement nourri de projections mais, je me souviens de ce que j’ai pensé.
          J’espère que l’arrêt maladie n’est qu’une angine de poitrine mais s’il est long c’est vraisemblablement qu’elle ne supporte plus cette ambiance de travail et fait une gentille dépression. Youplaboum…

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          • Ha, c’est trop ça ! Des années à faire vivre une collection, jusqu’à la faire devenir essentielle, incontournable, nécessaire, et pour quoi? Pour lui dire qu’elle est bien mignonne mais maintenant ça va, laisse faire les grands.
            Je veux dire, cette femme a porté la littérature jeunesse. Elle a contribué à la faire passer à un tout autre niveau, jusqu’à ce qu’on connaît aujourd’hui. Elle a était un personnage clé dans sa reconnaissance, dans son développement, mais ça, ça compte pas, bien évidemment.
            J’en ai fait une maladie quand j’ai appris. Enfin non, d’abord, j’y ai pas cru, je me suis dit que c’était trop gros. Je crois que j’ai véritablement compris quand j’ai parcouru le blog de la Ficelle. Et j’y ai vu des propos tellement rétrogrades, qui n’ont rien compris au but même de la littérature jeunesse, c’était à peine croyable. Comment tu peux être en 2016 et penser qu’il faut dire à nos ados que le monde est tout beau, tout rose, rempli de licornes et que…ah non, non l’imaginaire c’est pas bien non plus, attends, ils risqueraient de s’évader de la réalité. C’est vrai, parfois, c’est tellement beau, le monde réel, surtout quand t’es ado.
            Bref, j’enrage, parce que les ados qui lisent, je commence à en voir pas mal, et crois-moi, je comprends des fois qu’ils aient besoin de rêver. Manifestement, à l’Ecole, c’est plus au programme…
            Sinon, ça se voit que la pilule a du mal à passer ou pas? 🙂

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  25. Pingback: Quelques infos en ce long week-end – la ficelle

  26. Je découvre tardivement cet article. Excellent ! Brillamment argumenté et présenté.
    Je partage entièrement ton avis sur L’Ecole des Loisirs. Avant je n’aimais pas toutes leurs couvertures (L’Amerloque, Dieu tu es là ? c’est moi Margaret, Satin grenadine…) mais le changement a fait perdre le repère du fond blanc qui permettait de reconnaitre la maison d’édition au premier coup d’œil.

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    • Hello ! Oui c’est parmi les nombreux éléments qui laissent un peu perplexe : on n’identifie plus aussi bien (non seulement le lectorat visé mais aussi) la maison d’édition ! Un comble, pour l’EDL, qui est très marquant dans son rayon, son histoire, son style de manuscrits…
      Contente que l’article t’ait plu,
      merci beaucoup de ton commentaire.

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  28. Pingback: Tu ne sais rien de l’amour / Mikaël Ollivier – Thierry Magnier, 2016 – Dans ta page !

  29. Je tombe sur cet article via le blog La Ficelle. C’est argumenté et plein d’exemples, merci ! La première partie est vraiment intéressante et l’exemple d’Ellana édifiant.
    Pour l’analyse sur les couvs de l’Ecole des Loisirs. Les commentaires du « panel » ne semblent pas toujours passer à côté du thème du bouquin. Vingt et une heures est décrit sur le site de l’EDL avec les mots clés #deuil, apprentissage de la vie ; Dream Box avec #épouvante, #fantastique surnaturel ; Le dernier chant est bel et bien un roman historique et une histoire de mariage imposé (et l’oeuvre choisie en illustration correspond à la période à laquelle l’histoire est censée se dérouler, tournant 15e/16e siècle).
    Après, le fait que l’image occupe la pleine couv accentue le côté dramatique et premier degré, et avec les photos en noir et blanc c’est vraiment too much. La couverture (majoritairement) blanche permettait une sorte de recul… C’est p-e cette absence de mise à distance qui fait basculer les livres vers une image plus adulte…?

    Je suis peut-être biaisée, ado (dans les années 2000) j’ai dévoré les livres de l’EDL Je les repérais dans les rayons de la bibliothèque municipale grâce à leur tranche très distinctive. Depuis, j’ai toujours du mal avec les couvertures trop chargées graphiquement. Les motifs de Zulma sont vraiment jolis, mais ça me fait plus penser à des emballages de friandise haut de gamme (les chocolats Mast Brothers) qu’à des livres, du coup ça ne m’attire pas trop… Impossible de satisfaire tout le monde 🙂

    En tout cas merci pour la réflexion 🙂

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