Le garçon qui courait, de François-Guillaume Lorrain (2017)

Voilà un roman dont je n’attendais pas une grosse claque (je lis peu de romans historiques, me méfiant un peu de l’aspect tire-larmes) et qui m’a complètement prise par surprise :

Très jolie couverture, en passant.

Très jolie couverture, en passant!

Kee-chung, un jeune garçon coréen (tout juste sept ans au début du roman), vit sous l’occupation japonaise, comme tout son pays. Un jour, son grand frère ose un acte de rébellion à l’école, ce qui déclenche l’ire des occupant. Tandis qu’ils sont poursuivis par des soldats, son frère lui crie de COURIR.

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De ce jour, Kee-chung ne fait plus que courir. Partout, tout le temps. D’année en année, il perfectionne ce don, jusqu’à être repéré, et contraint de courir aux JO sous les couleurs ennemies du Japon. Après les Jeux, il n’aura de cesse de laver cette honte en contribuant à la gloire de la Corée, par tous les moyens…

Récit initiatique et aventure historique, la trajectoire humaine de Kee-Chung, de son enfance à sa mort, suit un arc sacrificiel et salvateur, ce qui le rend à la fois intouchable et hyper attachant.

Pourquoi ça m’a tant plu Lire la suite

Lady Helen 1. Le Club des Mauvais Jours, d’Alison Goodman (2015)

Avez-vous repéré cette très (très) jolie couverture apparue dans le rayon YA il y a quelques semaines ?

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Lady Helen se présente avec une esthétique à la Jane Austen (à raison). Ce que la couverture ne vous dit pas, en revanche, c’est que si ce roman a certes un pied dans la romance historique, l’autre est fermement planté dans le fantastique.

Déserrez votre corset et remontez vos longs gants blancs, il est l’heure d’aller kicker du démon.

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Londres, 1912. Helen Wrexhall s’apprête à entrer dans le monde au cours de la cérémonie de présentation à la reine. Tout devrait se passer à merveille mais plusieurs événements s’enchainent et viennent semer le trouble dans l’esprit d’Helen. Entre son obsession soudaine pour une miniature représentant sa mère, la disparition d’une servante, les frasques surprenantes de l’une de ses meilleures amies et le retour d’un jeune noble aussi détesté que mystérieux, elle n’est pas au bout de ses surprises ! Lire la suite

Miss Charity, de Marie-Aude Murail (2008)

Roman historique, girl power et souris de compagnie, voilà le programme pour aujourd’hui !

Article par Bloup

La vue de ce pavé, au milieu d’une étagère de livres jeunesse, peut rebuter. La couverture, blanche et simple, ne dévoile pas grand-chose du contenu : un grand sofa d’un autre siècle, une fille assise dessus, un lapin dans ses bras. Le nom de l’auteur, toutefois, pousse à ouvrir le mastodonte…

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Miss Charity a trouvé sa première souris à l’âge de 5 ans. Dès lors, grâce à la complicité de sa bonne et de sa gouvernante, elle installe une véritable ménagerie au troisième étage de la propriété londonienne de la famille Tiddler. Passionnée de Shakespeare et de la nature, elle passera son enfance à apprendre par cœur les pièces de théâtre et à peindre des aquarelles de ses lapins, souris, hérissons et autres petits habitants de sa ménagerie, au grand dam de sa mère et de ses cousines. Pour la jeune fille, qui se transforme peu à peu en femme, ce mode de vie est bien plus qu’une lubie : c’est un parcours du combattant vers l’indépendance.

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Le château de Cassandra, de Dodie Smith (1949)

Article par Bloup

Lupiot va publier dans quelques jours un article Si vous avez aimé… Jane Austen auquel j’ai pris plaisir à participer (car oui, j’aime beaucoup Jane Austen). Or, dans cette liste, nous vous recommandions Le château de Cassandra. Donc, de quoi s’agit-il plus exactement ?

chateau de cassandra dodie smith allez vous faire lierAnnées 30 . La famille Mortmain vit sans le sous dans un vieux château d’Angleterre. Cassandra et sa sœur Rose partagent la même chambre et leurs secrets, à l’image des héroïnes de Jane Austen ou Charlotte Brönte, qu’elles admirent profondément. Rêvant de richesses qui leur permettraient de sortir de leurs misère, leur quotidien est soudain bouleversé par la famille héritière américaine du manoir voisin… et accessoirement leurs nouveaux fortunés propriétaires. Simon Cotton, l’aîné des deux frères, fait particulièrement forte impression à Rose…

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Animale (1 & 2), de Victor Dixen (2015)

animale victor dixenJe n’aurais jamais ouvert ce livre n’eût été le besoin de travailler dessus*. C’est donc l’un de ces cas où les occasions forcées vous font songer à toutes les occasions manquées. La couverture n’est tellement pas à mon goût (Barbie dans la forêt ?) que je n’aurais pas rencontré Blonde (Blonde !), superwoman du XIXe, héritière déshéritée d’un comte fou-furieux, orpheline qui voit lui tomber dessus un autre héritage, bien plus mystérieux et sauvage …et franchement pas sexy !

Je sens que je vous intrigue.  Lire la suite

Le Premier, de Nadia Coste (2015)

Ce qui m’a d’abord intriguée, c’est la couverture. Difficile de l’ignorer, à côté des couvertures girly et autres images de synthèse qu’on trouve si facilement sur les tables littérature ado.

Une couverture bizarre, sanglante.

Le résumé m’a bien plu aussi ensuite, mais je dois confesser que j’ai un faible pour les frères ennemis.

Donc, de quoi ça cause ?

le premier nadia coste scrinéoC’est la fin de la préhistoire. Le jeune Vaïn est désespérément envieux de son frère aîné à qui tout réussit. Il est plus beau, plus fort. C’est un excellent chasseur et il s’apprête à chercher un auroch. S’il réussit à ramener une bête, il pourra épouser la fille de ses rêves. Vaïn, malade de jalousie, décide de le suivre pour le faire échouer. Bientôt c’est l’accident, Lire la suite

Le mystère de Lucy Lost, de Michael Morpurgo (2014)

Un nouveau livre de Michael Morpurgo, c’est toujours un joli cadeau.* Paru aujourd’hui même, Le mystère de Lucy Lost est un petit pavé, et une superbe histoire.

le mystère de lucy lost michael morpurgoAlfie est pêcheur et fils de pêcheur, sur le petit archipel des Scilly au-delà des côtes de Cornouailles. Il est habitué aux embruns, au travail rude, au quotidien salé, à son bateau érodé et ses mains abîmées, aux dîners de harengs tributaires de la pêche du jour. Mais c’est bien la première fois qu’il revient de sa pêche avec une sirène dans ses filets. Lire la suite

Des livres pour les impatients

Qui aurait un don, mais guère d’espoir de succès, aurait sans doute un problème plutôt commun, en fait. Mais quoi de plus désespérant que d’avoir du talent, et tout autant —sinon plus— de raisons qu’un autre de connaître la gloire, mais rien ni personne sous la main pour se propulser ? Rageant. C’est là que l’on se met à geindre : « D’autres ont réussi avec peu de voix et beaucoup d’argent »*.

Haut les cœurs, tout est possible, camarades.

Laissons ces orphelins ambitieux nous apporter leurs solutions : Lire la suite

Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis (1960)

Livre reçu lors d’un échange aveugle sur Babelio : bonne surprise.

pourquoi j'ai mangé mon père roy lewis babelPourquoi j’ai mangé mon père, c’est l’histoire de l’évolution du point de vue d’un évolutionniste. Mais pas n’importe lequel ! Un homme de terrain. Ou, plutôt, un subhomme de terrain. En effet, cette fiction décalée, intelligente et délirante, suit une horde d’homo erectus à l’époque où, à peine erectus, péniblement homo, l’homme en a tout juste fini d’être un singe*. Et tout le monde n’est pas raccord sur la route à prendre. Lire la suite

Sweet sixteen, d’Annelise Heurtier (2013)

Un livre qui se traverse d’une traite, et réussit le pari subtil de concocter, sur un sujet dur (et brûlant*), une narration équilibrée qui ne soit ni trop sombre, ni trop propre. Car ce sont là les deux écueils d’un sujet comme la fin de la ségrégation aux USA dans les années 50 : de se vouloir trop honnête et de ne devenir qu’un conte cru et cruel, violent dans les luttes et les espoirs qu’il dépeindrait. Ou bien, à l’autre extrémité du spectre, de se montrer trop bien-pensant et donner naissance à une histoire lisse et convenue, entendue mille fois, qui caresserait les blancs dans le sens du poil**. sweet sixteen annelise heurtier

Les sweet sixteen, ce sont les seize ans d’une jeune américaine, souvent une superbe fête, attendue avec impatience, qui symbolise le passage à l’âge de femme. Et à quinze ans, nos héroïnes ne devraient rien avoir de plus grave en tête que l’organisation de leurs sweet sixteen. Sauf que. Lire la suite