La balade de Yaya, de Jean-Marie Omont, et Golo Zhao (Éditions Fei, 2011-2015, 9 tomes)

Envie d’aventure, de dépaysement et de tendresse ? Laissez-vous tenter par La balade de Yaya

Shangai, novembre 1937. La petite Yaya n’a qu’une hâte : passer son concours de piano ! Malheureusement, l’heure est davantage à la guerre qu’à la musique… alors que ses parents parviennent à réserver une place sur un bateau à destination de Hong-Kong pour fuir les japonais, Yaya s’échappe pour passer son concours !
Mais, surprise par les bombardements, perdue, la fillette rate le bateau…
Aidée de son amie Tuduo et de son oiseau Pipo, Yaya va alors entreprendre un long périple pour retrouver sa famille. Entre les japonais, le scélérat Zhu et autres personnages indignes de confiance, la « balade » n’est pas de tout repos ! Lire la suite

Des livres pour réussir ton BINGO LECTURE de l’été

Pour cet été, que vous partiez en vacances aux Îles Grenadine ou que vous restiez les doigts de pieds en éventail sur votre canapé usé, il va vous falloir des livres. Beaucoup de livres. Heureusement, l’Internet vient à votre secours avec :

Comme vous, j’ai vu fleurir de nombreuses listes de lecture estivales, et pour vous proposer la mienne, j’ai choisi de reprendre le BINGO lecture proposé par Gallimard Jeunesse. Parce que j’aime beaucoup ce mot.

Vous connaissez le principe du bingo : il faut remplir une ligne. (Horizontale, verticale, diagonale.) Je trouve le principe fun et motivant, pour se lancer un petit défi d’été réalisable — 4 livres pour les lecteurs raisonnables, jusqu’à 16 pour les affamés !

Comme je fais partie des affamés (voire, disons-le, des déséquilibrés monomaniaques), je vous ai concocté une ÉNORME liste de suggestions de lecture qui mélange BD et romans et qui va de la jeunesse (8-12 ans) au public ado-adulte.

C’est gratuit, ça me fait plaisir.

PREMIÈRE LISTE : ROMANS ET BD ADO-ADULTE Lire la suite

George, d’Alex Gino (2017)

Avertissement : chronique négative (relativement sérieuse).

George, d'Alex Gino, L'École des Loisirs 2017George est un petit roman racontant l’histoire d’une fillette que tout le monde perçoit comme un garçon. Elle s’appelle « George ». Depuis toujours. Pourtant, c’est une fille ! Comment le faire comprendre à son entourage, dans ce monde où on la pousse sans arrêt dans des rôles de garçon ? George va se mettre en tête de jouer un rôle féminin dans la pièce de théâtre de l’école, et peu à peu, ce choix « interdit » va prendre pour elle de plus en plus d’importance, symbolique et personnelle…

George m’a été recommandé plusieurs fois* comme une petite pépite d’une douceur et d’une ténacité touchantes sur le thème important de l’identité des personnes transgenre, et encore plus important ici car on se place dans le regard d’un enfant transgenre — enfants qui ont peu de modèles auxquels se rapporter.

* Notamment par Nathan (à la minute 11:10). Clique sur l’image pour accéder à la vidéo.

George, j’étais toute prête à l’adorer ou, au moins, à l’aimer pour le rôle de représentation qu’il tient. Or, j’ai plutôt détesté ce bouquin. Et je ne le recommande pas.

Contextualisons : je n’ai pas détesté ce bouquin pour le message central qu’il porte, c’est-à-dire « tu peux être toi-même, et devenir aux yeux des autres ce que tu es à l’intérieur ». Ça, c’était bien. C’était même très bien.

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Mais ça ne sauve pas le roman qui a un gros, gros problème flottant de SEXISME ATRABILAIRE GÉNÉRALISÉ.

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Or, dans un roman pareil, sur l’identité de genre, ce n’est pas anodin. Vraiment pas ! C’est même totalement incohérent, j’en reparle plus bas.

La grande question que je me suis posée, c’est donc :

Doit-on célébrer un roman au message positif fort s’il véhicule aussi une cargaison de problèmes ? Y a-t-il des maladresses acceptables, et où placer la limite (pour ce roman en particulier) ? Lire la suite

Le garçon qui courait, de François-Guillaume Lorrain (2017)

Voilà un roman dont je n’attendais pas une grosse claque (je lis peu de romans historiques, me méfiant un peu de l’aspect tire-larmes) et qui m’a complètement prise par surprise :

Très jolie couverture, en passant.

Très jolie couverture, en passant!

Kee-chung, un jeune garçon coréen (tout juste sept ans au début du roman), vit sous l’occupation japonaise, comme tout son pays. Un jour, son grand frère ose un acte de rébellion à l’école, ce qui déclenche l’ire des occupant. Tandis qu’ils sont poursuivis par des soldats, son frère lui crie de COURIR.

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De ce jour, Kee-chung ne fait plus que courir. Partout, tout le temps. D’année en année, il perfectionne ce don, jusqu’à être repéré, et contraint de courir aux JO sous les couleurs ennemies du Japon. Après les Jeux, il n’aura de cesse de laver cette honte en contribuant à la gloire de la Corée, par tous les moyens…

Récit initiatique et aventure historique, la trajectoire humaine de Kee-Chung, de son enfance à sa mort, suit un arc sacrificiel et salvateur, ce qui le rend à la fois intouchable et hyper attachant.

Pourquoi ça m’a tant plu Lire la suite

Miss Charity, de Marie-Aude Murail (2008)

Roman historique, girl power et souris de compagnie, voilà le programme pour aujourd’hui !

Article par Bloup

La vue de ce pavé, au milieu d’une étagère de livres jeunesse, peut rebuter. La couverture, blanche et simple, ne dévoile pas grand-chose du contenu : un grand sofa d’un autre siècle, une fille assise dessus, un lapin dans ses bras. Le nom de l’auteur, toutefois, pousse à ouvrir le mastodonte…

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Miss Charity a trouvé sa première souris à l’âge de 5 ans. Dès lors, grâce à la complicité de sa bonne et de sa gouvernante, elle installe une véritable ménagerie au troisième étage de la propriété londonienne de la famille Tiddler. Passionnée de Shakespeare et de la nature, elle passera son enfance à apprendre par cœur les pièces de théâtre et à peindre des aquarelles de ses lapins, souris, hérissons et autres petits habitants de sa ménagerie, au grand dam de sa mère et de ses cousines. Pour la jeune fille, qui se transforme peu à peu en femme, ce mode de vie est bien plus qu’une lubie : c’est un parcours du combattant vers l’indépendance.

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JAN, de Claudine Desmarteau (2016)

Dîtes bonjour à Antoine Doinel au féminin. Jan, c’est le cancre attachant qui se débat dans une vie de famille « dysfonctionnelle », raconte des bobards, embrouille tout le monde (mais pas très bien), et se retrouve à rêver d’une issue magique pour échapper à tous les problèmes qui lui tombent sur la tête.

jan claudine desmarteau thierry magnierJanis n’aime pas son prénom depuis qu’un camarade de récré mal embouché l’a fait rimé avec « pisse » (elle l’a fait taire en lui chatouillant les rotules). Du coup, elle s’appelle Jan, et faut pas lui chercher des noises. C’est une gamine à fort caractère. Mais il n’empêche que ces gamins-là, ils sont fragiles, tout keuss, tout riquiqui, face aux engueulades de leurs parents, et chaque fois que son père rentre un peu plus saoul, et que sa mère désespère un peu plus fort, Janis encaisse. Heureusement, il y a son petit frère qui, comme une bouée de sauvetage, lui offre une âme à sauver, et lui donne la force de lever le menton. Et puis, il y a ses copains, son chouette prof de français, et les bonbons mangés à la sortie de l’école. Tout ne va pas si mal… Lire la suite

La Classe de mer de Monsieur Ganèche, de Jérôme Bourgine (2016)

Souvenez-vous de l’esprit d’aventure de vos neuf ans — celui que vous guettiez au coin de chaque rue, celui qui vous faisait voir comme l’odyssée du siècle un voyage en car scolaire avec tous vos copains. Vous y êtes ? Parfait, alors en route pour la classe de mer de Monsieur Ganèche !

la classe de mer de monsieur ganeche jerome bourgineMonsieur Ganèche, c’est un instit’ remplaçant, et, manque de bol, on lui a refilé les 6 cas sociaux de l’école : des hurluberlus inadaptés, en retard, mal élevés, distraits, que sais-je. Du moins, c’est ce que voudraient nous faire croire leurs bulletins de note. Heureusement qu’on est davantage que ses bulletins ! Monsieur Ganèche, avec ses grandes oreilles frémissantes en guise de radar à vérité, fait bien vite le tri : derrière le bout-en-train, l’intello, l’effrontée, la lunaire, le gros nounours et la douce fantaisiste qui, de prime abord, semble ingérables, il y a six personnalités exceptionnelles qui, d’après lui, n’ont pas été réunies par hasard. LE DESTIN EST INTERVENU. Lire la suite

Deux albums pour grandir le plus loin possible

J’avais inauguré les chroniques d’albums sur Allez vous faire lire avec deux albums pour affronter ses démons. Je reviens avec le même principe : deux albums qui ont attiré mon œil, sur une thématique commune.

  1. La grande vague, de Véronique Massenot et Bruno Pilorget
  2. Yakouba, de Thierry Dedieu

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Le garçon qui nageait avec les piranhas, de David Almond (2013)

Aujourd’hui, je vous présente une aventure pleine de grâce et d’humour, dans une langue d’une légèreté et d’une finesse extraordinaires, par David Almond, l’auteur de Je m’appelle Mina.

le garçon qui nageait avec les piranhas david almond gallimard jeunesseLe quotidien de Stanley prend un tour inattendu lorsque, du jour au lendemain, son oncle Ernie, obsessionnel des poissons, décide de changer la maison en usine de conserves. Mais lorsque le grain de folie qui habite Ernie le rend sombre et cruel, Stan décide de s’en aller, se joignant au cirque de la ville. Sa route l’amènera à rencontrer de nombreux personnages truculents, dont le légendaire forain Pancho Pirelli, l’homme qui sait nager avec les piranhas.
Qu’adviendra-t-il du jeune et vaillant Stan ? Aura-t-il le courage de rencontrer son destin et plongera-t-il, lui aussi, dans le terrible bassin ? Lire la suite

Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret, de Sibylline d’Aviau (2011)

Je vous présente toutes mes confuses pour mon retard de publication (cf. articles annoncés) ! Un petit séjour impromptu à Florence, ville de la Renaissance italienne, a décalé mon programme.

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Pour me faire pardonner, voici l’un de mes plus jolis coups de cœur de ces dernières années, et une délicieuse redécouverte de cet été (j’y ai repensé en chroniquant Ma maman est en Amérique).

trop grand vide d'alphonse tabouret sybilline d'aviauLe trop grand vide d’Alphonse Tabouret, c’est un peu celui que vous ressentirez quand vous aurez fini cette BD, ou plutôt, ce roman graphique *redresse son monocle d’un air éduqué*. C’est l’histoire d’Adam & Ève, si Adam avait été un petit garçon à grosse tête ronde nommé Alphonse, si l’Éden avait été une forêt fantaisiste, et si Ève avait mis bien trop longtemps à se manifester. Attention : matériel à coup de cœur. C’est absolument craquant. Lire la suite