Lady Helen 2. Le Pacte des Mauvais Jours, d’Alison Goodman (Gallimard Jeunesse 2017)

Article par Bloup

Lady Helen est de retour ! Après notre chronique à quatre mains du tome 1 et notre passionnante rencontre avec l’auteure, venez découvrir mon avis sur ce deuxième tome !

Après son départ précipité de la maison de son oncle, Lady Helen passe l’été dans la ville balnéaire de Brighton sous le chaperonnage de Lady Margaret Ridgewell et de son frère, Lord Hammond. Petit repos bien mérité au bord de la mer ? Que nenni ! Le séjour n’est qu’un prétexte pour que lord Carlston enseigne à Helen les bases de son rôle de Vigilante… et comment y survivre !

Officiellement intégrée au Club des Mauvais Jours (le club très fermé et ultra-secret qui pourchasse les vilains Abuseurs), Helen ne tarde pas à en voir les travers hiérarchiques  : M. Pike, à la tête du Club lui confie une mission dans le dos de Carlston : retrouver le journal de Benchley (le méchant du tome 1) contenant de précieuses et dangereuses informations…

Cette recherche la mènera à mentir, se travestir en homme, pénétrer dans des maisons closes… et bien sûr, croiser la route d’Abuseurs dont elle devra botter les fesses !

§

Comme pour la première chronique, faisons un petit tour des plus et des moins de la suite des aventures d’Helen et des garçons :

Lire la suite

Publicités

(Relecture) La trilogie d’Arkandias, d’Eric Boisset (Magnard, 1997)

Article par Stern

Exercice risqué, mais ô combien délicieux : je me lance dans la relecture de…
LA TRILOGIE D’ARKANDIAS

15 ans de librairie, 350 000 exemplaires vendus, et une adaptation cinématographique en 2014 ; aujourd’hui, qui ne connaît pas cette trilogie ?

Elle a bercé mes jeunes années comme celles de ma nièce de 15 ans. Je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai lue, ou toutes les recettes magiques que mon frère et moi avons inventées pour imiter celles du grimoire de Magie Rouge. C’était à qui trouverait l’ingrédient le plus loufoque, le plus dérangeant ou le plus désagréable. (Après tout, tout est bon pour faire passer le temps en voiture !)

Cette trilogie s’est peut-être trouvée un peu noyée avec la sortie presque simultanée d’Harry Potter, la pauvre.

Pour reprendre les codes du grimoire de Magie Rouge :

Fractionnez l’heure en centièmes, éteignez les lumières, prenez une barre de fantasy, une cuillère à soupe de policier et une pincée d’humour, mélangez dans un creuset et reculez avant de vous faire brûler les poils de nez par le feu d’artifice que la trilogie ne manquera pas de provoquer.

  1. Le grimoire d’Arkandias

Théophile découvre un grimoire de magie rouge à la bibliothèque qui pique son imagination. Il décide avec l’aide de son meilleur ami Bonaventure de tenter la fabrication d’une bague d’invisibilité, mais un mystérieux monsieur aux ongles noirs, M. Arkandias, tente par tous les moyens de les en empêcher.

  1. Arkandias contre-attaque

Malheureusement, un ami s’est fait accuser à leur place d’un méfait commis dans le tome 1. Pour le sauver, Théophile et Bonaventure décident de fabriquer un nouvel objet du grimoire de magie rouge, le diadème de sujétion. Cependant, encore une fois, ils ne connaissent pas toutes les précautions à prendre…

  1. Le Sarcophage d’Outretemps

Théophile a oublié de fermer la fenêtre, laissant entrer un chat qui tue sa souris blanche et son poisson rouge. De nouveau, les deux amis décident de fabriquer un objet du grimoire de magie rouge, le sarcophage d’Outretemps, pour voyager dans le passé et sauver les animaux.

Alors voilà, à 26 ans passés, j’ai tenté l’aventure la plus risquée qu’une lectrice assidue, avide, boulimique puisse s’imaginer… J’ai relu une trilogie classée dans ma liste des « Ouah-c’est-dingue-lire-c’est-mieux-que-la-vraie-vie ».

Alors, Arkandias… c’est comment ? Lire la suite

Shikanoko, t. 1. L’Enfant du Cerf, de Lian Hearn (2017)

Article par Sheepy, nouvelle venue sur Allez Vous Faire Lire !

Un préquel du Clan des Otori : vous en rêviez ? Lian Hearn l’a fait !

Le préquel s’ouvre sur les (més)aventures d’un tout nouveau personnage, Shikanoko. Pour qui n’a pas lu les Otori, c’est parfaitement accessible.

Laissé pour mort, Shikanoko va se réfugier chez un sorcier qui lui fabrique un masque contenant tous les pouvoirs de la forêt. Engagé par un seigneur de la guerre, il va alors se retrouver au centre des luttes de pouvoir pour l’accession au Trône du Lotus. Seigneurs de la guerre, sorciers, jeunes gens en quête d’identité et esprits tirés du folklore japonais s’entremêlent dans cette course pour le pouvoir.

Un début difficile mais une suite prometteuse.

Plutôt mitigée dans les premières pages, voire carrément déçue (cf. plus bas), j’ai pourtant poursuivi ma lecture et… j’ai bien fait ! J’ai retrouvé ce que j’aimais dans la saga de Lian Hearn. Lire la suite

L’aube sera grandiose, d’Anne-Laure Bondoux (Gallimard Jeunesse, 2017)

Je vous avais promis de vous parler de L’aube sera grandiose. Comme il sort bientôt (le 21 septembre 2017) c’est l’heure de tenir ma promesse :

Épopée jubilatoire d’une cavale familiale à la Malavita, récit intimiste sur deux générations, le nouvel Anne-Laure Bondoux est un petit bijou.

 

Sans prévenir, la mère de Nine l’embarque pour une virée mystérieuse. Titania Karelman, romancière à succès, « la fée du suspense », conduit alors sa fille dans une petite cabane près d’un lac, et lui promet que la nuit va être longue. Elle a en effet décidé de lui révéler un lourd et fascinant secret de famille.

Au fil du récit, on découvre une famille haute en couleur (pour ne pas dire psychédélique) que Nine ne connaissait pas. Puis le mystère s’épaissit lorsqu’on apprend l’identité du père de Titania (et donc du grand-père de Nine) : un type peu recommandable (c’est rien de le dire) aux activités quelques peu illégales (*tousse, tousse*). Titania et ses frères, qui ont échappé à son emprise il y a bien longtemps, ont toujours craint son retour, et ceci pour une bonne raison, que Nine ne vas pas tarder à découvrir…

Car, pour la première fois de sa vie, à l’aube de cette nuit de secrets, elle va rencontrer sa grand-mère et ses oncles psychédéliques.
Une famille de cinéma, sortie de derrière le rideau pour la saluer.

Ok, donc,
POURQUOI C’EST BIEN ? Lire la suite

Nous irons au bois, de Raphaële Frier et Zeynep Perinçek (Le port a jauni, 2016)

Me revoilà avec, comme dit Lupiot, une chronique qui me « sort totalement de ma zone de confort ». Moi qui ai plutôt l’habitude de la littérature ado / jeunes adultes, j’aimerais vous parler d’un album qui me tient beaucoup à cœur. Je suis tombée dessus au beau milieu de ma librairie jeunesse préférée, et j’ai immédiatement replongé dans une soirée d’enfance, la couette sous le nez, le chat aux pieds du lit, et la pluie dehors, dans un tourbillon de feuilles d’automne. Tadadaaam…

Nous irons au bois est un album jeunesse bilingue français-arabe, écrit par Raphaële Frier et illustré par Zeynep Perinçek.

Sur chaque double page, un arbre est dessiné. En face : un poème de quelques vers, traduit dans les deux langues. Ce sont autant d’histoires tissées entre les arbres et le narrateur, autant de moments partagés tout au long d’une vie, comme s’abriter sous les feuilles pour se protéger de la pluie ou du soleil, travailler le bois pour en faire des outils, ou encore trouver une oreille attentive dans cette écorce pour écouter nos malheurs…

Cet album est tout simplement beau. Pourquoi faire des tartines, quand un seul mot semble fait pour le décrire ?

Ah, bon, vous aimez les tartines ? Ça tombe bien, j’ai comme une petite faim !

Alors allons-y ! Lire la suite

La balade de Yaya, de Jean-Marie Omont, et Golo Zhao (Éditions Fei, 2011-2015, 9 tomes)

Envie d’aventure, de dépaysement et de tendresse ? Laissez-vous tenter par La balade de Yaya

Shangai, novembre 1937. La petite Yaya n’a qu’une hâte : passer son concours de piano ! Malheureusement, l’heure est davantage à la guerre qu’à la musique… alors que ses parents parviennent à réserver une place sur un bateau à destination de Hong-Kong pour fuir les japonais, Yaya s’échappe pour passer son concours !
Mais, surprise par les bombardements, perdue, la fillette rate le bateau…
Aidée de son amie Tuduo et de son oiseau Pipo, Yaya va alors entreprendre un long périple pour retrouver sa famille. Entre les japonais, le scélérat Zhu et autres personnages indignes de confiance, la « balade » n’est pas de tout repos ! Lire la suite

Vango, de Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse, 2010-2011)

Il est venu le jour où je perds la moitié de mes amis. Car aujourd’hui, je publie une chronique « Meh » de Vango.

Bon, resituons sur la carte : « Meh », ça veut dire que j’ai un ressenti mitigé, ni Top, ni Flop.

Zoomons davantage sur la carte : dans la grande ville des « Meh », Vango se situe les fesses dans le vide, raccroché au rempart par les bras. J’ai aimé cette lecture. MAIS. Elle m’a souvent frustrée, agacée, déçue… en somme, je l’ai « aimeh ».

Pourtant, ça s’annonçait vraiment, vraiment bien. Timothée de Fombelle, je l’avais plutôt à la bonne (je l’ai toujours à la bonne, d’ailleurs) … puisque j’avais adoré d’amour Le Livre de Perle, qui était mon coup de cœur de 2015 (cf. Mon Top Jeunesse 2015), mais aussi Tobie Lolness, l’un de mes grands chouchous de tous les temps (cf. mon Top Jeunesse 2016), et enfin, dans un genre très différent, le magnifique monologue théâtral (paru en littérature générale, chez Actes Sud) Je danse toujours.

 

Donc pour l’instant, c’était un sans faute.

Je savais que c’était trop beau pour être vrai.

Je rédige cette critique non seulement pour la joie sauvage qu’elle me procure (comme tout Français qui se respecte, j’aime me plaindre quand il fait froid, quand il faut chaud, quand j’ai les chaussettes mouillées, des miettes sur mon canapé, etc.) mais aussi et surtout pour comprendre pourquoi ce qui a fonctionné dans Tobie n’a pas fonctionné ici.

On parle ici d’un bon livre. Gardez à l’esprit que malgré toutes les faiblesses que je vais souligner dans la suite de cet article, Vango est un bon roman.

Place, donc.

Paris, 1934. Vango est allongé sur le parvis de Notre Dame, prêt à être ordonné prêtre dans la cérémonie de sa vie. Pourtant, celle-ci est interrompue par la police venue l’arrêter — et, bientôt, par des balles qui fusent d’une fenêtre haut perchée, plus loin. Encore et toujours ces mystérieux assassins à ses trousses ! Les mêmes depuis des années. Vango s’enfuit en escaladant la façade de la cathédrale, échappe à ses poursuivants comme une anguille, saute de toits en toits, reprend sa course interrompue, abandonne ses rêves. Dans la foule, une jeune fille transie de froid n’ose pas admettre qu’elle est soulagée — il ne sera pas prêtre.
Quels mystères recèle le passé de Vango pour le mettre ainsi en ligne de mire de dangereux tueurs acharnés ? Et pourquoi la police le poursuit-elle ?

POURQUOI C’EST BIEN Lire la suite

Six of Crows, de Leigh Bardugo (2015, VF Milan, 2016)

Article par Bloup

Un livre où les héros sont des hors-la-loi égoïstes et égocentriques, ça vous dit ?

Dans la ville portuaire de Ketterdam, une terrible rumeur court : une nouvelle drogue aurait envahi les rues, une drogue inédite qui rendrait les Grishas (humains aux dons particuliers) surpuissants… et totalement dépendants.

Un riche marchand s’en inquiète et offre une belle récompense à Kaz (membre éminent d’un gang, celui des « Dregs ») pour enlever Bo Yul-Bayur (suspecté d’être à l’origine de la drogue). Ce dernier est enfermé au Palais de Glace, dans le royaume voisin de Fjerda.

Pour mener à bien sa mission, Kaz s’entoure des meilleurs complices :

  • Inej, acrobate hors pair surnommée Le Spectre ;
  • Jesper, tireur imbattable ;
  • Nina, elle-même Grisha spécialiste du corps et des émotions ;
  • Matthias, ancien soldat connaissant bien le Palais de Glace ;
  • et Wylan, expert en explosions.

Bourrés de vices, traumas, tares et faiblesses, les « Six of Crows » (du Crow Club, QG des Dregs) doivent pourtant apprendre à travailler ensemble s’ils veulent une chance de sortir vivants de leur mission…

Guerres de gangs, misère humaine, enjeux personnels… Oubliez paillettes et bons sentiments dans ce roman original au rythme haletant !

Lire la suite

Sauveur et Fils (1-2-3), de Marie-Aude Murail (L’École des Loisirs, 2016-2017)

Article par Patatita, nouvelle chroniqueuse

Voilà une saga dont j’attendais beaucoup. Et quand je dis beaucoup, j’entends : « Dernière parution de mon auteure préférée depuis que j’ai 10 ans, miam !! ». J’ai donc ouvert ce livre, déjà prête à l’aimer de tout mon cœur, et c’est avec la joie d’un petit cabri maladroit que je me lance dans cette première chronique !

Rue des Murlins se trouve Sauveur, psychologue clinicien d’origine antillaise. Il partage sa vie entre son cabinet de consultation et son appartement où l’attend son fils Lazare, une simple porte séparant ces deux univers. Il voit défiler chaque jours ses patients comme autant d’histoires personnelles qui se mêlent de drames, d’espoirs. Dans sa propre vie, on suit le quotidien d’un père et de son fils : l’école, les soirées pizza, les fous rires et les secrets de famille.

Voilà trois beaux romans dont j’ai aimé l’écriture comme on aime retourner dans la maison de son enfance, avec les bonnes odeurs du petit déjeuner et le vieux chat qui dore au soleil… et dont j’ai aimé l’intrigue et les personnages comme on se rendrait compte que les habitants sont désormais une bande d’inconnus déjantés — avec laquelle on sympathise très vite ! Lire la suite

De cape et de mots, de Flore Vesco (Didier Jeunesse, 2015)

C’est aujourd’hui que je vous parle (enfin) d’un livre dont on me rebat les oreilles depuis plus de DEUX ANS avec force enthousiasme et sentiment. Et à raison. Le premier roman de Flore Vesco est étonnant et croustillant comme des Chocopops à la pistache.

« Serine » (contraction de ses 18 prénoms (ok j’exagère un peu) (mais Serine c’est plus simple)) est la fille aînée d’un couple de nobles désargentés qui se chauffe en brûlant petit à petit les livres de la bibliothèque, au grand dam des nombreux bambins qui n’aiment rien tant qu’en entendre les histoires à la veillée. Faute de finances, Serine n’a jamais eu de précepteur et ne sait donc ni lire ni écrire ni multiplier ; en revanche, notre héroïne connaît par cœur l’Odyssée et a un sens de l’à-propos inégalé : avec son esprit en forme de trampoline, elle peut rebondir sur tout.
Ça tombe bien, car elle va en avoir besoin : sa mère a décidé de la marier pour renflouer les caisses du château et remplir les assiettes de ses frères. Serine, cependant, trouve une meilleure solution : elle va devenir demoiselle de compagnie à la Cour du roi, se faire une renommée, une fortune, et sauver la smala. C’est ainsi qu’elle monte à Paris en charrette, et passe 190 pages à faire n’importe quoi.*

* Notamment déjouer des complots.

Pourquoi c’est étonnant

Ce roman est, par certains aspects, extrêmement classique ! En effet :

  1. il commence comme un conte (l’héroïne est l’aînée (ou la cadette, plus souvent) d’une grande fratrie, au caractère et aux dons singuliers, pleine (d’indépendance et) d’abnégation) ;
  2. il continue comme un conte (une fille de nobles désargentés se fait une place à la Cour, s’attire les sympathies du roi et les vipérages des courtisanes, puis la jalousie de la reine aka méchante belle-mère) ;
  3. il finit comme un conte. (…Vous avez cru que j’allais vous spoiler la fin ?) (Vous avez tous lu des contes, allékoi.) (Y a souvent des mariages et des promesses d’amours éternelles et d’enfants nombreux) (les méchants sont punis) (les fermiers deviennent princes) (etc.) (Bref.)

ET POURTANT. Pas si vite !

De Cape et de Mots est complètement, irrésistiblement, absolument inattendu et irrévérencieux. Pourquoi ? Lire la suite