Les carnets de Cerise, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret (2012-…)

Vous est-il arrivé, enfant, d’écrire dans un journal intime les aventures partagées avec vos meilleur(e)s ami(e)s, vos soupçons de complots sur de mystérieux inconnus, ou même des fiches de personnages pour vos aventures imaginaires, voire vos futurs romans ?

Si oui, vous ne serez pas dépaysés en lisant Les carnets de Cerise. Si non, vous vous délecterez de les découvrir.

Tome 4

À l’occasion de la sortie du quatrième tome, La Déesse sans visage, paru le 27 janvier dernier, je reviens sur cette série-pépite des éditions Soleil pour la faire découvrir aux novices. Les carnets de Cerise contiennent le récit des aventures de Cerise, une petite fille (11 ans dans le tome 1, Le zoo pétrifié) à l’imagination débordante qui rêve de devenir romancière. Toujours à l’affût d’une nouvelle source d’inspiration, ses amies et elle ont tendance à se retrouver plongées au cœur de mystères bien plus grands qu’elles.

Résumés :

  1. Le zoo pétrifié : dans la forêt, Cerise et ses amies Line et Erica sont intriguées par un homme qui, pot de peinture en main, passe régulièrement devant leur cabane et semble avoir une mission à réaliser. Cerise est bien décidée à découvrir ce dont il s’agit.
  2. Le livre d’Hector : à la bibliothèque, Cerise se rend compte que, depuis 20 ans, la même femme emprunte toujours le même livre. Quand elle le rend, c’est pour le reprendre immédiatement. Un mystère qui, selon Cerise, se doit bien d’être résolu…
  3. Le dernier des cinq trésors : Sandra est relieuse professionnelle. En visite dans son atelier, Cerise découvre un vieux livre qu’elle n’a pas réparé. Pourquoi ? Quels secrets y sont gardés ? Aucun que Cerise ne saura déchiffrer !
  4. La déesse sans visage : pour son anniversaire, Cerise reçoit un cadeau bien original : une visite dans un manoir à énigmes ! Ce sont les propriétaires qui organisent des jeux pour les touristes de ce village en bord de mer. Cerise s’en donne à cœur joie… Jusqu’à ce que la loyauté de l’un de ses proches ne soit remise en question…

Les Carnets de Cerise sont beaux. Cela peut paraître bien peu élogieux comme description, mais parfois les portraits les plus simples sont les plus vrais.

  • La beauté des dessins d’Aurélie Neyret

Les traits des personnages, doux et légers, sont emprunts d’émotion et d’authenticité, tant au niveau du visage que par les mouvements des corps (important porteur de sens en BD). Le tout avec des couleurs fraîches et harmonieuses.

carnets de cerise illustrations intérieur

Mais le nec plus ultra de ces carnets, c’est sans contexte ces planches pleine-page où sont reproduites des extraits d’un vrai journal d’enfant, photo, dessins et ratures compris. On est bien plongés dans la vie intime de Cerise — le soucis du détail donne à ces pages une vraie, une unique personnalité.

zoo pétrifié carnets de cerise

  • La beauté des textes de Joris Chamblain

Plein d’humanité, sans chichi ni exagération, ils nous replongent exactement au même âge. Cerise est pleine de tendresse et de vivacité, mais bien sûr elle a ses petits défauts (elle n’en fait souvent qu’à sa tête et a une bonne tendance à mentir à l’autorité maternelle), et tout cela se ressent dans la narration, les dialogues (les bulles) et les extraits du carnet.

  • Une ode à l’imagination

Point supplémentaire pour cette série, qui devrait vous ravir : l’univers est riche en références à l’amour des livres et de l’écriture ; il invite à l’exploration, à la découverte… un délice !

Si chaque tome a sa propre histoire (on peut même dire son « mystère à résoudre »), la série suit néanmoins l’évolution de Cerise et de son observation du monde adulte. Grandissant, elle se pose chaque fois plus de questions à propos de son identité, notamment par l’absence de son père qui prend de plus en plus de place dans l’intrigue à partir du tome 3.

cerise grandeDans le tome 4, Cerise n’est déjà presque plus une petite fille (pré-ado, ce passage flou entre innocence et hormones en folie), et cette question du père pèse dans son cœur jusqu’à la dégradation de sa relation avec sa mère. La confrontation pourrait bien sonner le glas de sa vie de petite fille. D’ailleurs, ce tome introduit de manière fort appréciable de nouveaux personnages masculins, sous-tendant un thème qui devrait logiquement arriver dans les prochains tomes : le début des tourments adolescents.

simply put i'm in love blaine glee

Délicats, sensibles et authentiques, Les carnets de Cerise abordent des thèmes difficiles tels que la solitude, la mort, l’amitié, la famille… à travers ce que je qualifierais de récit initiatique des temps modernes. Le tout dans une poésie touchante qui parle autant à de jeunes lecteurs qu’aux plus grands.

Bonne lecture,

Bloup

Bloup tortue chroniqueur Allez Vous Faire Lire

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