George, d’Alex Gino (2017)

Avertissement : chronique négative (relativement sérieuse).

George, d'Alex Gino, L'École des Loisirs 2017George est un petit roman racontant l’histoire d’une fillette que tout le monde perçoit comme un garçon. Elle s’appelle « George ». Depuis toujours. Pourtant, c’est une fille ! Comment le faire comprendre à son entourage, dans ce monde où on la pousse sans arrêt dans des rôles de garçon ? George va se mettre en tête de jouer un rôle féminin dans la pièce de théâtre de l’école, et peu à peu, ce choix « interdit » va prendre pour elle de plus en plus d’importance, symbolique et personnelle…

George m’a été recommandé plusieurs fois* comme une petite pépite d’une douceur et d’une ténacité touchantes sur le thème important de l’identité des personnes transgenre, et encore plus important ici car on se place dans le regard d’un enfant transgenre — enfants qui ont peu de modèles auxquels se rapporter.

* Notamment par Nathan (à la minute 11:10). Clique sur l’image pour accéder à la vidéo.

George, j’étais toute prête à l’adorer ou, au moins, à l’aimer pour le rôle de représentation qu’il tient. Or, j’ai plutôt détesté ce bouquin. Et je ne le recommande pas.

Contextualisons : je n’ai pas détesté ce bouquin pour le message central qu’il porte, c’est-à-dire « tu peux être toi-même, et devenir aux yeux des autres ce que tu es à l’intérieur ». Ça, c’était bien. C’était même très bien.

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Mais ça ne sauve pas le roman qui a un gros, gros problème flottant de SEXISME ATRABILAIRE GÉNÉRALISÉ.

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Or, dans un roman pareil, sur l’identité de genre, ce n’est pas anodin. Vraiment pas ! C’est même totalement incohérent, j’en reparle plus bas.

La grande question que je me suis posée, c’est donc :

Doit-on célébrer un roman au message positif fort s’il véhicule aussi une cargaison de problèmes ? Y a-t-il des maladresses acceptables, et où placer la limite (pour ce roman en particulier) ? Lire la suite

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Les carnets de Cerise, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret (2012-…)

Vous est-il arrivé, enfant, d’écrire dans un journal intime les aventures partagées avec vos meilleur(e)s ami(e)s, vos soupçons de complots sur de mystérieux inconnus, ou même des fiches de personnages pour vos aventures imaginaires, voire vos futurs romans ?

Si oui, vous ne serez pas dépaysés en lisant Les carnets de Cerise. Si non, vous vous délecterez de les découvrir.

Tome 4

À l’occasion de la sortie du quatrième tome, La Déesse sans visage, paru le 27 janvier dernier, je reviens sur cette série-pépite des éditions Soleil pour la faire découvrir aux novices. Les carnets de Cerise contiennent le récit des aventures de Cerise, une petite fille (11 ans dans le tome 1, Le zoo pétrifié) à l’imagination débordante qui rêve de devenir romancière. Toujours à l’affût d’une nouvelle source d’inspiration, ses amies et elle ont tendance à se retrouver plongées au cœur de mystères bien plus grands qu’elles. Lire la suite

Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret, de Sibylline d’Aviau (2011)

Je vous présente toutes mes confuses pour mon retard de publication (cf. articles annoncés) ! Un petit séjour impromptu à Florence, ville de la Renaissance italienne, a décalé mon programme.

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Pour me faire pardonner, voici l’un de mes plus jolis coups de cœur de ces dernières années, et une délicieuse redécouverte de cet été (j’y ai repensé en chroniquant Ma maman est en Amérique).

trop grand vide d'alphonse tabouret sybilline d'aviauLe trop grand vide d’Alphonse Tabouret, c’est un peu celui que vous ressentirez quand vous aurez fini cette BD, ou plutôt, ce roman graphique *redresse son monocle d’un air éduqué*. C’est l’histoire d’Adam & Ève, si Adam avait été un petit garçon à grosse tête ronde nommé Alphonse, si l’Éden avait été une forêt fantaisiste, et si Ève avait mis bien trop longtemps à se manifester. Attention : matériel à coup de cœur. C’est absolument craquant. Lire la suite