Tag 100% féministe

« 100% féministe » ? Le titre de cet article va vous intriguer, vous agacer, vous déstabiliser ou vous attirer — selon votre univers de référence — comme le fait toujours le mot « féministe ». Vous recommandé-je, dedans, exclusivement des romans féministes ? Non, pas du tout.

Ouaip. Attends, quoi ?

En écho à une longue discussion que l’article TAG 100% féministe de Tom (La Voix du Livre) avait amenée sur Facebook avec plusieurs amis intéressés par la question (blogueurs, écrivains, curieux) : ce ne sont pas nécessairement les livres évoqués qui sont féministes (ils peuvent l’être), c’est le « tag », qui l’est.

C’est le fait-même de choisir de mettre en avant, valoriser, aimer et réfléchir sur les femmes dans la littérature qui en fait un article « 100% féministe ».

Et ce n’est pas un gros mot.

C’est parti, donc pour répondre à 10 questions

  • 1) Votre auteure préférée

Oh, douleur ! Je refuse. Cet exercice est bien trop difficile : le choix, ici, serait forcément une trahison.

En revanche, comme je suis lâche, mais toujours curieuse, je vous invite à partager une réflexion sur un terme de la question : « auteure ». Oui, avec un -e.

Auteure, Autrice, Écrivaine ?
Quel serait le meilleur terme ?

« Auteure » a ma préférence, peut-être. Il coule mieux à nos oreilles habituées au masculin ; en revanche, il n’a pas tellement de sens en regard de la construction du français eur / rice (comme dans acteur / actrice). Et, son véritable inconvénient, c’est qu’à l’oral, le « -e », on ne l’entend pas, et le féminin passe à la trappe.

« Autrice », alors ? Audrey Alwett nous fait replonger dans les sombres secrets de la langue française pour nous apprendre que le féminin de nombreux métiers a existé par le passé, avant d’être rayé des dictionnaires et des usages. Parmi eux, « autrice ». Pourquoi ne pas le réhabiliter ?

Et « Écrivaine », alors ? Personne n’aime ce mot. Peu de gens, déjà, assument le côté grandiose et ombrageux du terme « écrivain », même au masculin.

Genre, Victor Hugo, LUI, c’est un écrivain.

Et pourquoi pas ? Ces noms (écrivain, écrivaine) sont mes chouchous absolus. Parce que la différence entre « auteur » et « écrivain », c’est qu’on peut être l’auteur de n’importe quelle œuvre (d’un tableau comme d’un roman, par exemple), quand écrivain (ou peintre) sont des termes plus précis, qui renvoient à l’activité en elle-même. Ici, écrire.

Un peintre ne se présenterait jamais comme « auteur de toiles impressionniste », il se dirait peintre ; « auteur », c’est plutôt un titre que l’on attribue de l’extérieur quand on analyse une œuvre (Genre, Titre, Auteur, Éditeur…), comme sur une fiche de présentation. Mais l’activité, c’est écrivain.

Et puis, à l’inverse du ressenti immédiat qui met plus de poids dans le terme « écrivain », je le trouve moins prétentieux : quand on est « auteur », on est auteur d’une œuvre ; quand on est « écrivain », on écrit, c’est tout — et peut-être même qu’on écrit sans but et sans réussir à composer son œuvre…

… de la même façon qu’un peintre peint, quand bien même il n’est exposé nulle part.

Quant à Écrivaine, au féminin, j’entends toujours dire que ce n’est pas beau, qu’on entend trop « vaine ». Quelle étrange réflexion. Dans « écrivain », on n’entend pas « vain », peut-être ? « Si, mais moins », répond-on. (Lol) Ttt-ttt-ttt. On est plus habitué à entendre ce mot, c’est tout : un mot nouveau crée forcément de nouvelles connexions dans le cerveau, qui cherche à le raccrocher à ce qu’il a déjà entendu — ici, « vaine ». (C’est le principe-même des hallucinations auditives.)

Bien. Dans « écrivaine », on entend « vaine » — mais aussi « veine », comme celles qui transportent le sang du cerveau jusqu’au cœur, ces veines couleur encre. Et comme dans l’expression « avoir de la veine » vous savez, celle qu’on a d’exercer une si belle activité.

Mais comme je suis lâche, mon écrivaine préférée, je ne vous la donnerai pas — à la place, je vous donne plein de titres dans les réponses aux questions suivantes : mes chouchoutes se cachent là !

  • 2) Votre héroïne préférée

 

Je vais proposer, à chaque réponse, 2, voire 3 romans, dont un « jeunesse » et un « adulte ». (Même si, dans de nombreux cas crossover, les libraires sont bien en peine de savoir où ranger le livre.)

  • 3) Un roman qui propose un message féministe

Ces deux romans se déroulent sur de longues périodes, suivant la vie de leur protagoniste dans un monde qui ne semble pas prêt à les accepter pour ce qu’elles sont (spoiler : des femmes). Ces deux titres dépeignent des cadres culturels différents (Angleterre victorienne ; Nigeria et États-Unis actuels), tous caractérisés par des discriminations (sexisme, racisme) contre lesquelles les héroïnes doivent se battre avec leurs propres armes (spoiler : le cœur, l’intelligence, l’humanité, la pugnacité et… la PATIENCE) afin de faire valoir leur vision des choses, et — qui sait ? — afin de s’épanouir de bonheur comme de petites mottes de beurre au soleil.

Ces deux romans célèbrent la beauté de réussir à rester soi-même dans l’adversité.

  • 4) Un roman avec une fille/femme sur la couverture

J’ai publié un article complet sur De cape et de mots, qui vous éclairera sur tout le bien que j’en pense, et pourquoi c’est si formidable de pouvoir s’identifier à cette héroïne en tant que jeune lectrice.

J’ai déjà parlé de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, tout à la fin de cet article.

  • 5) Un roman qui met en scène un groupe de filles/femmes

J’ai déjà parlé des Petites reines peu de temps après sa sortie, un roman qui met en joie, avec des vrais morceaux de poilade dedans.

Les âmes fortes, de Giono, est un roman un peu dingue, qui propose de nombreux points de vue et un discours sur la vérité complexe et intrigant (la « vérité » varie selon qui raconte l’histoire). Pis c’est trop bien écrit.

{Parenthèse}

Comment c’est dur de trouver des romans avec un cast féminin, pitin !

C’est pourtant super facile de trouver des groupes de kids ou d’adultes exclusivement masculins (ou avec une femme, qui est là pour se faire aimer du héros, généralement), et ce dans tous les types de littérature…

PFIOU.

Non, je n’irai pas plus loin que « pfiou », je ne suis pas alarmiste ni négative, je vois simplement tout le chemin à parcourir (gaiement !) pour que les hommes et femmes écrivains et écrivaines s’engagent dans des narrations sur des groupes de femmes — prises indépendamment du seul désir des hommes. Comme des hommes sont héros, antihéros, méchants, side-kick — indépendamment du désir des femmes. Ils vivent des aventures, quoi.

  • 6) Un roman qui met en scène un personnage féminin LGBT+

C’est au moment de faire cette recherche que j’ai constaté que l’on met plus souvent et plus facilement en scène des personnages gay masculins, dans la littérature, que des personnages lesbiens. (J’entre même pas dans la ruelle étroite des personnages queer autres que gay et lesbiens, qui sont quasi non-existants.)

Par ailleurs, je m’étais déjà fait la réflexion au moment de la lecture de Bouche cousue, de Marion Muller-Colard (que je vous recommande aussi), mais là, à fouiner dans ma bibliothèque et sur le net, ça m’a sauté aux yeux : on trouve de nombreuses histoires d’ados garçons dont les premiers émois homosexuels vont être narrés avec humour, légèreté et optimiste — malgré les difficultés parfois rencontrées — mais beauuuuucoup moins de romans mettant en scènes des adolescentEs homosexuelles sous le même jour : chez les lesbiennes, c’est souvent plus tragique, moins fun, l’accent est davantage mis sur le parcours du combattant que cela représente de pouvoir vivre ces amours.

Il est possible que je sois à côté de la plaque. D’ailleurs, je ne propose pas d’analyse à ce constat, pour éviter de déblatérer des énormités avec ma grande bouche.

Mais c’est pour cette raison que j’ai choisi Dysfonctionnelle, qui raconte (entre autres nombreuses péripéties dans la vie foldingo du personnage de Fifi) la naissance une histoire amoureuse entre deux adolescentes, avec toute la justesse des premiers regards fascinés, des tensions, des hésitations, et qui circonscrit ses ressorts tragiques aux caractères singuliers des personnages (défiance sociale, famille tradi…) plutôt que de nous dessiner un drame qui serait par essence lié à l’homosexualité de ces filles. (Même si ça existe. Ici, les lesbiennes ont des histoires d’amour compliquées AUSSI parce que, simplement, l’amour, c’est compliqué. Vous me suivez ?)

Bien sûr que tu me plais ! Mais c’est parce que je t’apprécie que je ne veux pas être avec toi. C’est un sentiment compliqué.

Quant à Lignes de failles, il s’agit d’une saga familiale sur 4 générations (ou 5 ? je ne sais plus exactement) qui remonte le temps, où l’on retrouve jeunes, à la fin, les personnages que l’on a vu vieux au début. Et, presque à l’arrière-plan, de façon très secondaire, il y a deux mémés qui s’aiment, et le seul fait que deux vieilles se tiennent la main suffit à les empêcher de voir leur petit-fils. C’est évoqué en passant et avec simplicité, et cette approche permet de saisir la violence ordinaire à laquelle l’on a affaire.

Et aussi la beauté et la simplicité ordinaire de deux mémés qui s’aiment.

  • 7) Un roman qui propose plusieurs points de vue féminins

Je n’ai pas relu L’élégance du hérisson depuis mon coup de foudre pour ce roman quand j’avais 15 ans, aussi, je me mets une auto-alerte pour possibilité d’extrême décalage avec la personne que je suis aujourd’hui, et je vous le recommande presque à l’aveugle.

Je l’avais aimé car il suivait deux personnages très intelligents ayant toutes les peines du monde à s’intégrer dans la société, ce dans quoi je me reconnaissais très bien, en petite ado drama-queen cachée sous ma couette.
Dans le roman, Paloma, gamine précoce de 12 ans, a même décrété que le monde était trop con pour être sauvé, qu’on était tous comme des poissons rouges dans un bocal, et a décidé, dès les premières pages, de quitter la vie telle une tragédienne après avoir accompli son œuvre artistique majeure (des haïkus et des petits bouts de pensée très pascaliens). 
Le second personnage, Renée, mémère anti-glam de 54 ans, concierge dans l’immeuble de Paloma, n’a jamais pu partager avec quiconque le bouillonnement intellectuel qui l’habite (elle qui s’est cultivée de façon autodidacte et lit environ 32 livres par semaine) et se découvre soudain encroûtée derrière quatre couches de solitude, sans trop savoir si ça la dérange ou pas.
C’est la rencontre de ces deux petits bouts de femmes, et l’arrivée d’un nouveau locataire dans l’immeuble, qui va permettre à ces cœurs en hibernation de se réveiller, et de s’ouvrir au monde merveilleux de l’amitié.

Oui ce gif est censé être une représentation de l’amour mais je le trouve parfait pour une vraie amitié basée sur le gras.

Je pense que la raison pour laquelle ce roman a particulièrement résonné en moi quand j’avais 15 ans, c’est que, en seconde au lycée, j’étais moi-même une insupportable Miss Je-Sais-Tout sans amis encombrée d’une hyperémotivité gênante et très doué dans l’art déprécié de 1) suranalyser absolument tout de préférence à 3h du matin 2) ouvrir très grand ma gueule aux moments les moins opportuns 2) pleurer sur mon nombril.

Dans mon souvenir, c’est aussi un roman drôle.

  • 8) Un livre dans lequel une fille sauve le monde

L’amour que je porte pour ces deux mondes imaginaires est sans borne.

  • 9) Un personnage secondaire féminin que vous préférez au héros de son roman

 

Hélène dans Une sœur, de Bastien Vivès, et la Marquise de Merteuil dans Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.

Bien que dans les deux cas il soit très discutable de les considérer comme des personnages secondaires. (En fait, c’est Merteuil, l’héroïne. Je veux dire, clairement. Non ?)

  • 10) Un livre écrit par un homme qui met en scène un protagoniste féminin

À l’opposé des questions 5 et 7 qui m’ont donné du fil à retordre (c’est là qu’on réalise que des textes mettant UNE fille en avant, c’est fastoche d’en trouver, mais que ceux mettant PLUSIEURS filles en avant, c’est tout de suite plus difficile à dénicher)… des livres écrits par des hommes avec une héroïne féminine en revanche, il y en a pléthore ; la difficulté tient plutôt à choisir ses chouchous.

*

Le principe des TAG est de nommer d’autres personnes qui reprendront la thématique à leur tour. Cette thématique m’intéresse beaucoup, et elle est traitée ici de façon simplissime (avec des questions qui nous renvoient à nos goûts personnels), aussi j’aimerais beaucoup lire d’autres réponses que les miennes. Cependant, comme je me sens toujours un peu sous pression quand je suis taguée quelque part, je ne nomme personne et je vous invite, chers lecteurs intelligents et curieux adorés, à reprendre cette thématique si elle correspond à ce que vous avez envie d’écrire et de publier en ce moment.

No pressure. J’ai personnellement mis plus de 3 mois à rebondir sur l’article de La Voix du Livre.

Bonne lecture à tous,

Lupiot

Lupiot Allez Vous Faire Lire

PS : si vous avez déjà répondu à ce tag, je veux bien un lien vers votre article !
PPS : récap de tous les lires cités, par ordre (approximatif) de difficulté croissante / de maturité nécessaire.

Dans l’ensemble je trouve qu’il ressort de cette sélection un propos fort sur la place des femmes, du coup, je suis pas mécontente. Et je vous les recommande tous.

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27 réflexions sur “Tag 100% féministe

  1. Perso, j’essaye désespérément d’utiliser « autrice » même si ça ne vient pas naturellement et que je me fais souvent reprendre « oh mais ça n’existe pas (je renvoie donc aussi vers l’article d’Audrey Alwett) et en plus, c’est moche, ça fait penser à « autiste » (ah bon ?) »
    Encore un très bon article en tout cas ! Je vais m’empresser, si tu n’y vois pas d’inconvénients bien sûr, de reprendre ce tag à ma sauce (en te citant évidement !).

    Bon dimanche 😀

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  2. Super tag merciiiii
    J’adore ta réponse sur ton écrivaine préférée même si tu nous embrouilles pour pas répondre !
    Perso j’essaie d’utiliser autrice. C’est plus difficile à l’oral !

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  3. Ptdr tu viens de me rappeler que Tom m’avait demandé de faire ce tag et que j’ai totalement zappé.
    BREF
    Pour le point 6, je rebondis vite fait : «on trouve de nombreuses histoires d’ados garçons dont les premiers émois homosexuels vont être narrés avec humour, légèreté et optimiste — malgré les difficultés parfois rencontrées — mais beauuuuucoup moins de romans mettant en scènes des adolescentEs homosexuelles sous le même jour : chez les lesbiennes, c’est souvent plus tragique, moins fun, l’accent est davantage mis sur le parcours du combattant que cela représente de pouvoir vivre ces amours.» je ne sais plus si tu as eu le temps de lire J’ai avalé un arc-en-ciel, mais pour une fois, l’homosexualité féminine (ou la bisexualité, le débat est ouvert) est représentée sous un bon jour, juste parce que voilà, la protagoniste est amoureuse d’une meuf. Et c’est chouette !

    Bon, j’ai noté plein de titres, merci ! Tu donnes vachement envie pour Déracinée, faut que je me le procure 😀

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  4. Je fais partie de celles dont le titre a tout de suite attiré l’agacement, mais j’ai tout de même adoré ton article pour le point de vue que tu adoptes et la façon dont tu justifies tes choix ! Sans compter que ça m’a bien donné envie de rajouter des livres à ma liste à lire, notamment Dysfonctionnelle, les Ames fortes et Déracinée. 🙂 Je rejoins Lucille dans le post au-dessus : c’est effectivement beaucoup plus difficile (autant dans la littérature, que au cinéma et dans les séries) de trouver des histoires mettant en scène des personnages lesbiens ou bisexuels de façon aussi légère ou « normalisée » que les gays, malheureusement. Quant aux autres, niveau transidentité notamment, on trouve paradoxalement beaucoup plus de MtF (male to female), que de FtM. Question de représentation, que les auteurs soient souvent masculins (et voient les personnages à travers toujours une même vision) ou d’une fascination orientée ? D’ailleurs, en romans adultes c’est déjà dur à trouver (hors Sarah Waters rien ne me vient à l’esprit directement), alors en jeunesse…J’espère vraiment que les auteurs se lanceront dans des fictions explorant ce type de personnages !
    Quant aux termes auteure/écrivaine/autrice, je pense effectivement préférer aussi écrivaine, même s’il faut en affronter le côté « pompeux ». Mais je me doute bien qu’à l’oral j’ai plus tendance à dire l’auteure. ^^

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  5. Quelle idée formidable!
    Tout au long de l’article, j’ai lâché devant mon écran des « ce livre est tellement bien! » (Dysfonctionnelle, L’élégance du hérisson, Antigone, A la croisée des mondes, Les petites reines, La passe-miroir…), et des « c’est tellement vrai  » 😀
    J’aimerai beaucoup écrire un commmentaire plus long, malheureusement j’ai une épreuve de bac demain et devant son évidente facilité (parce que le programme de sciences en L c’est quand même pas la mer à boire), il se peut que j’ai fortement procrastiné les révisions.
    MAIS je reprendrai ce TAG. Un jour 😉

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  6. Franchement, est-ce que je suis la seule à m’être bidonnée comme une baleine (si tant est qu’une baleine puisse se bidonner) devant la vidéo des hallucinations auditives de l’hymne national soviétique ? Merci Lupiot pour ces découvertes (pas seulement littéraires) que tu me fais faire… 😂
    J’avais commencé un article sur la place des femmes dans ma bibliothèque, que j’avais mis de côté par manque de temps et je vois que ce tag pourrait me permettre de réutiliser tout ça ! J’essaye d’y répondre assez rapidement, mais je vois qu’on aura déjà des livres en commun 😀

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  7. Tu sais tout le bien que je pense de cette liste et j’aime beaucoup tes titres !
    (J’ai un bon souvenir de l’Elégance du hérisson, que j’ai lu il y a quoi… 5 ans ?)

    J’avais répondu sur le coup à Tom, je vais peut-être méditer un peu pour répondre… 🙂

    Pour ta réflexion sur auteure/autrice/écrivaine :
    – J’ai adopté auteure comme professeure, mais tu as raison, je dois me forcer pour autrice. (A lire également, le traité de linguistique « Non le masculin ne l’emporte pas sur le féminin », très intéressant sur les changements imposés dans la langue !)
    – Je pense que le mot écrivain-e fait peur. A quel moment est-on écrivain-e ? (Quand on s’appelle pas Hugo j’entends). J’ai toujours du mal à l’utiliser. Mais tu me diras, je n’utilise pas beaucoup auteure. Je dis « j’écris un peu quoi ». Ah ah.

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  8. Ce tag est génial et ta biblio envoie du rêve ! J’en ai déjà lu quelques uns, j’ai prévu de lire Americanah et Miss Charity prochainement et je vais noter les autres dans un coin pour ne pas les oublier !
    (Ah, et comme Pr River, je te conseille « Non le masculin ne l’emporte pas sur le féminin » d’Eliane Viennot (et après tu as « L’Académie contre la langue française : le dossier féminisation »). Et en plus d’être très instructif, c’est très agréable à lire !)

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  9. Merci pour ce tag qui fait grimper, comme d’habitude avec ce genre d’articles, ma wishlist à une hauteur non raisonnable. Même si j’ai été étonnée d’avoir lu quand même pas mal d’ouvrages de ce tag, voui, je m’étonne moi-même.
    Concernant auteure/autrice/écrivaine, ma préférence va à autrice, après tout, acteur/actrice, alors pourquoi pas autrice, non, j’aime bien, moi ^^ Le « e » de auteure que l’on n’entend pas me gêne un peu, en fait, comme si on mettait le « e » pour faire plaisir, mais comme on ne l’entend pas, ça ne change rien au final, tu vois ? Après, écrivaine… Le mot ne me plaît pas trop, sans trop savoir pourquoi.
    Sinon, je dois avouer qu’en « société », quand je suis en présence de personnes dont je sais qu’un débat auteure/autrice/écrivaine va partir dans les tours, je dis « romancière ». Mais ça m’embête quand même, parce que si une romancière est une autrice, une autrice n’est pas forcément une romancière, je le sais bien. Allez, on va dire qu’à partir d’aujourd’hui, je dis autrice et si on me fait la réflexion, je sortirai tout le panel de liens qui va bien ^^

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  10. Pingback: TAG 100 % Féministe | La jument verte

  11. Super tag, supers livres présentés, et comme toujours, des réflexions intéressantes et pleines d’humour !
    J’aime bien ta réflexion sur le choix entre auteure, autrice, et écrivaine. Personnellement, j’oscille entre auteure et autrice, et j’avoue qu’à force de l’utiliser et de l’entendre, autrice passe de mieux en mieux ! Je ne m’étais jamais demandé pourquoi j’utilisais si peu écrivaine d’ailleurs… A creuser !

    Je suis très mauvaise avec les Tag : il me faut généralement des mois pour me poser et y répondre, et généralement j’oscille entre gros pavés et choix rapide et sans explication de titres (et du coup, j’abandonne souvent en cours de route). Mais je me garde celui-ci sous le coude, à compléter à l’occasion 🙂

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  12. Oh, très chouette TAG ! (Que je te piquerai sûrement à l’occasion)

    J’utilise plutôt autrice et écrivaine, et puis franchement on s’habitue quand même très vite à ces termes (auteure me fait un peu bizarre par contre).
    J’aime tous les livres dont tu parle et que j’ai lus, je note ceux que je ne connaissais pas, il y a juste l’élégance du Hérisson qui m’avait hérissée (ah…ah…ah). Je l’avais trouvé assez méprisant et élitiste en fait, tombant dans les même travers que ceux qu’il essaye de dénoncer et surtout le traitement du personnage japonais m’avait mise… sacrément mal à l’aise tant c’est une sorte de stéréotype croisé d’un saint.
    Par contre je m’étais fait la réflexion que je l’aurai certainement adoré à 13/14 ans, quand j’étais dans le même délire de supériorité que l’héroïne.
    Quand je vois tous les bons avis dessus j’ai l’impression d’être complètement passée à côté et de l’avoir interprété n’importe comment mais bon, c’est la vie ¯\_(ツ)_/¯

    Pour le point 6 c’est vrai qu’au début je me suis dit « mais je connais plus de romans lesbiens que gay en fait » mais après réflexion… ils sont quasiment tous déprimant en effet.
    Après, avec une héroïne bisexuelle, tu as L’Art de la Joie de Goliarda Sapienza, un de mes romans préférés parce qu’il est très, très juste (et que quand on lit sur la bisexualité on lit beauuuucoup de conneries) et très fort, sincère, beau… bref, je l’adore.

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  13. Bon, alors je viens de découvrir ton blog et cet article achève de confirmer mon opinion plus que positive ! ^^
    J’ai bien envie de faire ce TAG aussi mais surtout j’ai envie d’aller piocher encore plus de littérature féminine ! Merci d’ailleurs pour les livres que je ne connaissaient pas et vont directement dans ma liste lecture de l’été. Et je ne peux que valider le Philip Pullman
    Et pour finir j’aime beaucoup ta réflexion sur les termes à employés. Pour le moment je reste au classique « auteure » qui à ma préférence à l’oreille mais me gène du fait qu’il ne s’entende pas à l’oral. Autrice… non vraiment j’aurais du mal à m’y habituer, par contre écrivaine ça me plait et je trouve ton analyse fort juste sur la différence auteur/écrivain,peintre… Merci pour toutes ces réflexions !

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  14. Pingback: The Feminist Booktag | Clemi's Bookish World

  15. J’ai enfin le temps de commenter cet article !

    Je voulais surtout rebondir sur le débat « auteure, autrice, écrivaine », et le très bon article de Audrey Alwett. C’est un excellent débat linguistique ET féministe, il ne peut que stimuler mes neurones endormis par la canicule !
    J’ai pas mal lu, dans les commentaires, des gens dire qu’ils se « forçaient » à dire « autrice ». Personnellement, je n’ai jamais pu non plus, cela ne me paraît pas naturel. En fait, je dis naturellement « auteure », est-ce que ça fait de moi une mauvaise féministe ?
    Je ne crois pas : il me semble peu approprié de « se forcer » à utiliser un mot. Les mots, comme dit Audrey Alwett dans son article, sont bel et bien des armes redoutables. La langue est vivante, elle évolue. Si Richelieu et ses amis en robe ont bien merdé par le passé, c’est tout à fait regrettable et révoltant. Mais en même temps, vouloir retourner au passé, est-ce que ce n’est pas tourner le dos au présent et à l’usage actuel ? (en linguistique, on fait une claire différence entre l’usage et la norme : usage, en gros : usage = ce qu’on dit naturellement, en tant que locuteur individuel qui a son propre idiolecte ou en tant que groupe de locuteurs / norme = ce qui est prescrit par les gens de l’Académie et/ou du gouvernement dans le but d’assurer une cohérence nationale (et aussi, parfois d’imposer des choix qui ne semblent pas toujours naturels) (encore un grand débat. Je pourrais en parler des heures mais je vais m’arrêter là).
    Donc pour moi, dire « autrice » ou « auteure », au final, est très subjectif et personne ne devrait se forcer à l’un ou à l’autre. Imposer de dire « autrice » au nom de la réhabilitation n’a rien d’anodin. Imposer de dire « auteure » parce que « autrice », ça fait mal aux oreilles, ce n’est pas non plus le bon argument à mon avis.
    Je me considère féministe, mais ce mot ne semble pas défini de la même manière pour tout le monde. Je ne crois pas que le combat pour l’égalité homme-femme puisse évoluer si on ne fait que regarder en arrière et dire « houuu les méchants hommes, ils ont supprimé tous les suffixes en -ice, on va les remettre, c’est la réalité linguistique ! ». Ce n’est pas un combat des femmes CONTRE les hommes, ou des femmes CONTRE des décision mâles de plusieurs siècles… Aujourd’hui, on doit, je crois, assumer le chemin qui a été parcouru pour le statut des femmes, se souvenir pourquoi, oui c’est un véritable combat.
    Voilà pourquoi j’assume de dire « unE auteure » : mon usage de la langue, aujourd’hui, c’est ça. Et on verra ce que l’évolution de la langue dira.
    (ceci est une vraie question ouverte – je rappelle qu’au moment où j’écris, c’est dimanche matin, et je n’ai même pas fini mon thé)

    En ce qui concerne écrivaine, j’adore cet analyse du « côté grandiose » ! Mais du coup, je ne me vois pas l’utiliser pour n’importe qui… Écrivaine, c’est celle qui a construit une véritable œuvre d’art, celle qui accède au rang des Immortel(elle)s de l’Écriture… pas n’importe qui quoi ! (mais c’est pareil chez les hommes : tous les auteurs ne sont pas Écrivains, hein !) x)

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  16. Pingback: C’est le 1er, je balance tout ! # 6 – Juin 2017 | L'ourse bibliophile

  17. Pingback: C’est le 1er, je balance tout ! #5 – Histoires vermoulues

  18. Je « tombe » sur ton blog par le biais de ton biais sur « lire plus » et hop quelques clics et je lis ce tag fort intéressant! J’adore et j’adhère!
    Je ne me rappelais plus qu’il y avait un personnage homo dans Ligne de Failles et une fois que tu as expliqué l’histoire tout est revenu, c’est un de mes livres préférés.
    Je vais tenter de répondre aux questions 🙂

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  19. S’il y a bien un pays féministe dans la littérature (et non ce n’est pas un gros mot 😉 ) c’est bien l’Angleterre avec ces auteure incroyable depuis le XIXème, avec Radcliff, Austen, Wolf, les Bronte, Shelley,Rowling, … Ils ont réussi a créer des personnages forts, aussi bien du côté des femmes que des hommes. De grandes femmes très inspirantes en tout cas =)

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