Comment lire plus — 20 idées

Pourquoi lire plus ? Comment lire plus ? (Qui suis-je, ou vais-je ?)

Tu aimerais tellement lire plus.
C’est un fait.
Mais pourquoi, en fait ?

Ce n’est pas une question piège, je me la pose à moi-même : pourquoi me dis-je régulièrement que j’aimerais lire « plus » ?

  1. Parce qu’en bon petit soldat du capitalisme, j’ai intégré le credo du « toujours plus » ?
  2. Parce que je jalouse la culture de ceux qui ont lu tellement plus de livre que moi ?
  3. Parce que, globalement, j’ai l’impression que mes heures quotidiennes filent entre mes doigts et qu’aucune n’a vraiment été consacrée à une activité qui me tienne à cœur ?
  4. Parce que je m’épanouis dans la lecture et que je consacre mon temps à des trucs tellement vides ? (Comme scroller sur Facebook et Tumblr)

À gauche : moi. À droite : ma conscience.

P’têt tout ça, p’têt d’autres choses. Je ne sais pas si ce sont toutes de bonnes raisons. Mais si tu te dis que tu aimerais tellement lire plus, avant de t’engager dans la suite de cet article consacré à « Comment lire plus », je pense qu’il faut que tu te poses la question :

« Pourquoi ? Pourquoi j’y tiens tant ? »

Que tu lises un livre par mois, ou huit, ou vingt, finalement… qu’est-ce que ça fait ? En tires-tu ce que tu as envie d’en tirer ?

-Du plaisir ?
-De la connaissance ?
-Du matériau à conversation ?
-De la pâte à modeler intellectuelle ?
-Un statut ?
-Une façon de passer le temps ?

En bref : Pourquoi tu lis ?

Avant de réfléchir à des stratagèmes pour lire davantage, il me semble essentiel que tu répondes à cette question. En secret, pour toi-même. Pas obligé de me le dire en commentaire. Même si je vais te dire pourquoi moi je lis :

  1. Pour mon plaisir (Quand ça m’ennuie, je referme le livre. Vrai de vrai. Je ne le finis pas. Je ne vois aucun, mais aucun intérêt à m’infliger volontairement de l’ennui en barre.)
  2. Par curiosité professionnelle (Là-dedans je case un magma chelou : volonté d’enrichir ma culture du genre, envie d’entrer dans la conversation avec des amis ou collègues (blogueurs, auteurs, éditeurs, libraires…))
  3. Par défi (J’ai toujours eu un peu le goût de la compétition, que ce soit dans le sport ou dans le scolaire, et ça se retrouve dans ma façon de lire, j’ai parfois envie de me lancer des challenges à moi-même, de sortir de ma zone de confort, me faire des frayeurs, tenter des expériences, et prosaïquement aussi, j’aime lire dans le cadre de concours, de jurys, de thématiques, de décomptes, etc.)

Je ne lis plus du tout pour :

Passer le temps. C’était je pense la première raison (et la principale) à mes lectures de jeunesse. Je dévorais les livres sans penser à rien, ravie de m’embarquer dans un autre univers pour échapper au mien. Quand t’es petit, tu t’ennuies facilement, car le temps s’étire à l’infini entre les repas où tu dois te tenir droit. Les vacances sont des ères paléolithiques entières. La lecture est un miracle, dans ces espaces-temps surréalistes.

Jour de vacances réel : 23. Jour de vacances ressenti : 373.

Or, je ne lis plus du tout comme ça. Je n’ai plus de temps à passer, rien que tu temps à trouver (comme la plupart des adultes).

Et donc, comme je suis à la recherche de failles temporelles dans lesquelles glisser quelques minutes ou quelques heures de lectures, je me demande parfois comment lire plus.

Comment comment comment ?
(Et vu comme ça, on découvre que, la vraie question, c’est : Quand quand quand ?)
Je rêve au Retourneur de Temps d’Hermione.

J’ai dégagé quelques astuces, que je partage avec toi, qui as tes propres raisons de lire plus. La plupart de ces astuces te sont connues et tu ne les suis pas. Cet article a pour but de te les remettre en mémoire car, de temps en temps, ça fait du bien. Notre cerveau est faible et fragile, comme notre motivation à aller courir le matin.

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La balade de Yaya, de Jean-Marie Omont, et Golo Zhao (Éditions Fei, 2011-2015, 9 tomes)

Envie d’aventure, de dépaysement et de tendresse ? Laissez-vous tenter par La balade de Yaya

Shangai, novembre 1937. La petite Yaya n’a qu’une hâte : passer son concours de piano ! Malheureusement, l’heure est davantage à la guerre qu’à la musique… alors que ses parents parviennent à réserver une place sur un bateau à destination de Hong-Kong pour fuir les japonais, Yaya s’échappe pour passer son concours !
Mais, surprise par les bombardements, perdue, la fillette rate le bateau…
Aidée de son amie Tuduo et de son oiseau Pipo, Yaya va alors entreprendre un long périple pour retrouver sa famille. Entre les japonais, le scélérat Zhu et autres personnages indignes de confiance, la « balade » n’est pas de tout repos ! Lire la suite

Vango, de Timothée de Fombelle (Gallimard Jeunesse, 2010-2011)

Il est venu le jour où je perds la moitié de mes amis. Car aujourd’hui, je publie une chronique « Meh » de Vango.

Bon, resituons sur la carte : « Meh », ça veut dire que j’ai un ressenti mitigé, ni Top, ni Flop.

Zoomons davantage sur la carte : dans la grande ville des « Meh », Vango se situe les fesses dans le vide, raccroché au rempart par les bras. J’ai aimé cette lecture. MAIS. Elle m’a souvent frustrée, agacée, déçue… en somme, je l’ai « aimeh ».

Pourtant, ça s’annonçait vraiment, vraiment bien. Timothée de Fombelle, je l’avais plutôt à la bonne (je l’ai toujours à la bonne, d’ailleurs) … puisque j’avais adoré d’amour Le Livre de Perle, qui était mon coup de cœur de 2015 (cf. Mon Top Jeunesse 2015), mais aussi Tobie Lolness, l’un de mes grands chouchous de tous les temps (cf. mon Top Jeunesse 2016), et enfin, dans un genre très différent, le magnifique monologue théâtral (paru en littérature générale, chez Actes Sud) Je danse toujours.

 

Donc pour l’instant, c’était un sans faute.

Je savais que c’était trop beau pour être vrai.

Je rédige cette critique non seulement pour la joie sauvage qu’elle me procure (comme tout Français qui se respecte, j’aime me plaindre quand il fait froid, quand il faut chaud, quand j’ai les chaussettes mouillées, des miettes sur mon canapé, etc.) mais aussi et surtout pour comprendre pourquoi ce qui a fonctionné dans Tobie n’a pas fonctionné ici.

On parle ici d’un bon livre. Gardez à l’esprit que malgré toutes les faiblesses que je vais souligner dans la suite de cet article, Vango est un bon roman.

Place, donc.

Paris, 1934. Vango est allongé sur le parvis de Notre Dame, prêt à être ordonné prêtre dans la cérémonie de sa vie. Pourtant, celle-ci est interrompue par la police venue l’arrêter — et, bientôt, par des balles qui fusent d’une fenêtre haut perchée, plus loin. Encore et toujours ces mystérieux assassins à ses trousses ! Les mêmes depuis des années. Vango s’enfuit en escaladant la façade de la cathédrale, échappe à ses poursuivants comme une anguille, saute de toits en toits, reprend sa course interrompue, abandonne ses rêves. Dans la foule, une jeune fille transie de froid n’ose pas admettre qu’elle est soulagée — il ne sera pas prêtre.
Quels mystères recèle le passé de Vango pour le mettre ainsi en ligne de mire de dangereux tueurs acharnés ? Et pourquoi la police le poursuit-elle ?

POURQUOI C’EST BIEN Lire la suite

Des livres pour réussir ton BINGO LECTURE de l’été

Pour cet été, que vous partiez en vacances aux Îles Grenadine ou que vous restiez les doigts de pieds en éventail sur votre canapé usé, il va vous falloir des livres. Beaucoup de livres. Heureusement, l’Internet vient à votre secours avec :

Comme vous, j’ai vu fleurir de nombreuses listes de lecture estivales, et pour vous proposer la mienne, j’ai choisi de reprendre le BINGO lecture proposé par Gallimard Jeunesse. Parce que j’aime beaucoup ce mot.

Vous connaissez le principe du bingo : il faut remplir une ligne. (Horizontale, verticale, diagonale.) Je trouve le principe fun et motivant, pour se lancer un petit défi d’été réalisable — 4 livres pour les lecteurs raisonnables, jusqu’à 16 pour les affamés !

Comme je fais partie des affamés (voire, disons-le, des déséquilibrés monomaniaques), je vous ai concocté une ÉNORME liste de suggestions de lecture qui mélange BD et romans et qui va de la jeunesse (8-12 ans) au public ado-adulte.

C’est gratuit, ça me fait plaisir.

PREMIÈRE LISTE : ROMANS ET BD ADO-ADULTE Lire la suite

C’est le 1er, je balance tout (#6, juillet 2017)

Sixième édition de ce nouveau rendez-vous mensuel, qui rime avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », et peut se voir comme un complément ou un petit frère dérangé, comme il vous plaira. Je vous invite à l’adopter, il ne mord pas.

Le principe ? Quatre trucs à balancer !

  1. Le Top & Flop de ce que j’ai lu le mois dernier
  2. Au moins 1 chronique d’ailleurs lue le mois dernier
  3. Au moins 1 lien qui m’a fait « Wahou » le mois dernier (hors chronique littéraire)
  4. Et enfin : ce que j’ai fait de mieux le mois dernier

1) TOP & FLOP

Alors ce mois-ci en tout j’ai lu… plein de choses différentes ! Des BD, des romans, mais aussi des recueils de nouvelles et de poèmes, et (même!) des essais.

Côté BD :

 

Côté nouvelles, poésie et essais :

 

… et enfin, côté romans :

 

Soit 26 livres ce mois-ci !

La raison de cette abondance (et cet éparpillement) ? Je suis partie à l’aventure avec Bloup (fidèle chroniqueuse) à Saint-Malo, lui faire découvrir le Festival Étonnants Voyageurs, qui comprend un salon du livre spécialisé en jeunesse mais aussi (et, historiquement, surtout) en littérature du voyage (on y trouve ainsi beaucoup de petites maisons de littérature étrangère et de poésie). Puis, comme je n’avais pas ma dose, je me suis rendue avec mon amoureux au Marché de la Poésie place Saint Sulpice à Paris la semaine suivante. Et comme chaque fois que je me rends en salon, la courbe de ma consommation littéraire a fait un bond de malade.

Mais c’est de voir tous ces petits livres orphelins sur des tables, aussi. Et tous ces petits auteurs orphelins derrière les tables, en plus.

Le plus intéressant de mon point de vue : j’ai fait beaucoup de rencontres qui m’ont donné envie de découvrir des littératures hors de ma zone de confort (comme des polars), et j’ai lu pas mal de textes qui m’ont amenée à adopter une approche différente de la lecture et de l’écriture (notamment des poèmes).

Du coup, je me suis souvenue que c’est toujours sympa de changer d’air (et que je devrais sortir mes orteils du bain de la litté jeunesse plus régulièrement).

Illustration d’un (autre) hibou invité à sortir de sa zone de confort.

Remarque en passant : bon, j’ai quand même lu un certain nombre de romans jeunesse dont j’attends la parution avec impatience et trépidation car je crève d’envie de vous en PARLER. (Je me dis que rédiger des critiques avec trop d’avance sur la sortie des livres est un brin improductif dans le sens où ça vous crée de la frustration.) Bref, rendez-vous en août pour vous parler notamment de :

  1. La fourmi rouge, d’Émilie Chazerand (chez Sarbacane) : un ÉNORME coup de cœur (que j’ai lu six fois maintenant, et il continue de me faire autant rire, ce qui mérite clairement une médaille, médaille qu’on pourrait appeler le « prix Mission Cléopâtre ») ;
  2. L’aube sera grandiose, le nouveau Anne-Laure Bondoux (chez Gallimard Jeunesse) : qui, en termes de « suivi émotionnel » est une magnifique réponse à son roman précédent (même si narrativement, aucun rapport) ;
  3. Colorado Train, de Thibault Vermot (chez Sarbacane) : une sacrée claque presque cinématographique, un thriller à hauteur d’ados dans le Colorado des années 50, avec une ambiance collante, étouffante comme ces après-midis d’été à jouer dans la canicule tandis qu’un danger rôde ;
  4. Les cancres de Rousseau, d’Inca Sané (chez Sarbacane) : premier roman que je lis de cet auteur à la langue qui frappe et qui caresse ; découverte géniale de son univers.

Qui a dit « vendue ? »

Je suis corporate, c’est tout. Comme McGo.

C’est donc parti pour le…

#1. TOP & FLOP Lire la suite