TOP 5. BD Humour (2017)

Je suis actuellement en train de préparer mes TOPS annuels afin de les partager avec vous en janvier. En outre, je planche actuellement sur mes :

  1. Top 15 littérature jeunesse 2017
  2. Top 15 bande dessinée 2017

… qui compilent mes coups de cœur sur les lectures de l’année. Or, en m’attelant à cet exercice (à la fois excitant et frustrant, comme toujours), je me suis rendu compte que j’avais, étonnamment, de nombreuses excellentes BD humoristiques à recommander. Comme elles ne vont pas toutes trouver leur place dans mon « Top BD » absolu, et qu’il nous reste quelques jours avant Noël — et forcément une amie / un tonton à qui on ne sait toujours pas quoi offrir…

Voici mon :

TOP 5 BD HUMOUR
(ET CE QUE JE VOUS RECOMMANDE SI VOUS LES AVEZ DÉJÀ LUES) Lire la suite

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De cape et de mots, de Flore Vesco (Didier Jeunesse, 2015)

C’est aujourd’hui que je vous parle (enfin) d’un livre dont on me rebat les oreilles depuis plus de DEUX ANS avec force enthousiasme et sentiment. Et à raison. Le premier roman de Flore Vesco est étonnant et croustillant comme des Chocopops à la pistache.

« Serine » (contraction de ses 18 prénoms (ok j’exagère un peu) (mais Serine c’est plus simple)) est la fille aînée d’un couple de nobles désargentés qui se chauffe en brûlant petit à petit les livres de la bibliothèque, au grand dam des nombreux bambins qui n’aiment rien tant qu’en entendre les histoires à la veillée. Faute de finances, Serine n’a jamais eu de précepteur et ne sait donc ni lire ni écrire ni multiplier ; en revanche, notre héroïne connaît par cœur l’Odyssée et a un sens de l’à-propos inégalé : avec son esprit en forme de trampoline, elle peut rebondir sur tout.
Ça tombe bien, car elle va en avoir besoin : sa mère a décidé de la marier pour renflouer les caisses du château et remplir les assiettes de ses frères. Serine, cependant, trouve une meilleure solution : elle va devenir demoiselle de compagnie à la Cour du roi, se faire une renommée, une fortune, et sauver la smala. C’est ainsi qu’elle monte à Paris en charrette, et passe 190 pages à faire n’importe quoi.*

* Notamment déjouer des complots.

Pourquoi c’est étonnant

Ce roman est, par certains aspects, extrêmement classique ! En effet :

  1. il commence comme un conte (l’héroïne est l’aînée (ou la cadette, plus souvent) d’une grande fratrie, au caractère et aux dons singuliers, pleine (d’indépendance et) d’abnégation) ;
  2. il continue comme un conte (une fille de nobles désargentés se fait une place à la Cour, s’attire les sympathies du roi et les vipérages des courtisanes, puis la jalousie de la reine aka méchante belle-mère) ;
  3. il finit comme un conte. (…Vous avez cru que j’allais vous spoiler la fin ?) (Vous avez tous lu des contes, allékoi.) (Y a souvent des mariages et des promesses d’amours éternelles et d’enfants nombreux) (les méchants sont punis) (les fermiers deviennent princes) (etc.) (Bref.)

ET POURTANT. Pas si vite !

De Cape et de Mots est complètement, irrésistiblement, absolument inattendu et irrévérencieux. Pourquoi ? Lire la suite

Saga, de Brian K. Vaughan et Fiona Staples (2012-…)

Au salon du livre de Paris qui se tenait le mois dernier, je me suis laissé tenter par plusieurs bande-dessinées dont l’ovni Saga que plusieurs libraires m’avaient conseillé.

Sept tomes de cette série de comics américains sont déjà parus, dont six on été traduits en français. Je n’ai lu que les trois premiers pour l’instant, mais je suis assez sûre de mon coup de cœur…

…donc c’est parti pour une recommandation sans réserve de :

 

Mais pourquoi donc ai-je craqué si complètement ?

  • C’est terriblement original.

Saga est un « space-opéra épique », nous dit Wikipédia. En quoi Wikipédia est à côté de la plaque comme rarement, car le propre de cette Saga, sa singularité, ce qui fait tout son charme, c’est que, justement, elle n’est pas épique. C’est un space-opéra intimiste, qui retourne comme un gant tous les codes du genre en concentrant son intrigue sur un couple de personnages pacifistes qui fuit le conflit galactique à l’arrière-plan.

On retrouve l’invention propre aux space-operas dans la richesse des races extra-terrestres, notamment, mais on ne retrouvera pas la tension guerrière et les combats spatiaux d’un Battlestar Galactica (très bonne série, en passant) : Saga s’articule autour d’un couple qui s’aime, pas de deux armées qui s’affrontent.

Quand il y a des traits sur les images, c’est dû à la qualité discutable de mon maudit scanner, pas à l’impression de la BD.

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TOP 7 des prénoms aux significations les plus pourries (et leur usage en littérature)

Cet article est une introduction fun aux prochains de la thématique des noms dans la littérature, qui traiteront de grandes questions comme :

  • Comment choisir les noms de ses personnages ?
  • C’est quoi un bon nom de méchant ?
J'en connais qui me guettent au tournant.

J’en connais qui me guettent au tournant.

En guise de mise en bouche, je vous propose une petite sélection maison de prénoms à la signification vraiment nulle.

Après avoir écrit ça il m’apparaît important de signaler que :

  1. cela ne signifie pas que ces prénoms sont nuls, juste qu’ils renvoient à quelque chose de pas hyper jouasse ;
  2. une signification négative ça peut être quelque chose d’intéressant à rechercher en fiction (gros clin d’œil en direction des bad guys dans le fond de la salle) ;
  3. si vous portez l’un de ces prénoms rassurez-vous, d’après mes calculs vous avez plus de chances d’être frappés par la foudre que de croiser quelqu’un en soirée qui vous en fera l’étymologie (sauf si bien sûr vous allez aux mêmes soirées que moi).

#quand j’entends un nouveau prénom

C’est parti pour le…

TOP 7 des prénoms à la signification pourrie
(Et leur usage en littérature) Lire la suite

(Relecture) Le Livre des Étoiles, d’Érik L’Homme (2001-2003)

Article par La Bouquineuse

Cette fois, je vous embarque dans une histoire d’Érik L’Homme, qui a eu un sacré succès par le passé avec cette trilogie : Le Livre des Étoiles. Ça risque de rappeler des souvenirs à certains d’entre vous 😉

 

Un peu comme pour les relectures de Harry Potter (lien en fin d’article), l’idée ici est de replonger dans une pépite de notre enfance et d’en faire une lecture critique avec un regard d’adulte. Entre émerveillement et déception, c’est une expérience assez excitante et bizarre. Alors, Le Livre des Étoiles, verdict ?

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Le château de Cassandra, de Dodie Smith (1949)

Article par Bloup

Lupiot va publier dans quelques jours un article Si vous avez aimé… Jane Austen auquel j’ai pris plaisir à participer (car oui, j’aime beaucoup Jane Austen). Or, dans cette liste, nous vous recommandions Le château de Cassandra. Donc, de quoi s’agit-il plus exactement ?

chateau de cassandra dodie smith allez vous faire lierAnnées 30 . La famille Mortmain vit sans le sous dans un vieux château d’Angleterre. Cassandra et sa sœur Rose partagent la même chambre et leurs secrets, à l’image des héroïnes de Jane Austen ou Charlotte Brönte, qu’elles admirent profondément. Rêvant de richesses qui leur permettraient de sortir de leurs misère, leur quotidien est soudain bouleversé par la famille héritière américaine du manoir voisin… et accessoirement leurs nouveaux fortunés propriétaires. Simon Cotton, l’aîné des deux frères, fait particulièrement forte impression à Rose…

shy in love fleur bambi

Pourquoi lire Le château de Cassandra ? Lire la suite

Si vous avez aimé… les Tim Burton

Le principe des listes Si vous avez aimé… c’est que je vous propose des livres dans le même genre. « Mais, minute, lépidoptère ! Tim Burton est un réalisateur, il fait des films. Tu vas nous recommander des films ? »

Non. Je vais vous recommander des livres. Tout plein de livres à la Tim Burton.

Je suis tombée il y a peu sur un artiste nommé John Kenn Mortensen (découverte du festival Étonnants Voyageurs (où j’ai acheté beaucoup trop de livres)). Il fait des trucs comme ça :

john kenn mortensen monstres poussette

john kenn mortensen monstre lit

De gros monstres poilus un peu inquiétants mais presque sympathiques. Il accouche aussi de créatures bien plus effrayantes :

 

Le principe, c’est qu’il dessine sur des post-its (aussi, les nombreux détails que vous voyez sur ces dessins sont faits, au max, sur du 15 x 7.5 cm). Ses livres s’appellent  Monstres pense-bête et certains d’entre eux me rappellent beaucoup l’univers, certes, de Tim Burton, mais aussi de Hayao Miyazaki.

no face miyazaki sea

Le Sans-Visage de Miyazaki

john kenn mortensen monstres tiroir

Le tiroir à monstres de Mortensen

Le Sans-Visage monstrueux de Miyazaki

Le Sans-Visage monstrueux de Miyazaki

Le monstre-araignée de Mortensen

Le monstre-araignée de Mortensen

Tout en me délectant de ses dessins, je me suis dit qu’il fallait absolument que les fans de Tim Burton du monde entier, et plus généralement tous les amateurs de petites monstruosités gothiques aux yeux exorbités, découvrent son univers. Or, ça fait également quelques temps que j’ai envie de partager mon amour pour Edward Gorey, un grand monsieur américain peu connu sous nos latitudes qui fait des choses dans le même esprit, c’est donc l’occasion d’une petite liste de recommandations thématiques.

Théma gothico-absurde, here we go.

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Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle, d’Hervé Giraud (2016)

J’avais découvert la plume de Hervé Giraud dans Prends ta pelle et ton seau et va jouer dans les sables mouvants, un livre :

  1. au titre si délirant que, forcément, tu es curieux ;prends ta pelle et ton seau et va jouer dans les sables mouvants
  2. complètement barré, servi par un humour très imagé et décalé ;
  3. plein d’optimisme, sur fond de toile sociale râpeuse, mais colorée.

Aussi, à la sortie de son nouveau roman ado, je ne me suis pas trop laissée prier : j’ai mordu dedans à pleine dents. Je peux remercier Soazig, l’éditrice Littérature de chez Thierry Magnier, pour sa confiance (et Hervé Giraud himself pour sa bonne humeur constante ; Hervé, tmtc).

L’Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle, ça parle de quoi ?

herve giraud thierry magnier histoier du garcon qui courait apres son chien qui courait apres sa balleD’un adolescent de quatorze ans, lunaire et maladroit, qui nous parle à la première personne pour nous aspirer dans son univers unique et coloré. Cet univers, il le partage avec Cali, sa sœur jumelle. Ils ont leurs secrets, leurs rituels… et leur chien, Rubens, un vieux dalmatien hyperactif. Puis Cali tombe malade, et le chien fugue.

L’univers est sans dessus-dessous, et ça s’est fait si soudainement, si doucement… c’est si gentiment cruel ; que faire ? Le protagoniste, porté par la conviction que, s’il retrouve Rubens, il retrouvera Cali, part en quête de son vieux chien, qui a suivi sa balle rouge, emportée par le courant. D’étape en étape dans cette recherche de plus en plus délirante, de fantaisie intime en prière silencieuse, le narrateur insuffle la vie au récit, une vie foisonnante et magique.

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La Classe de mer de Monsieur Ganèche, de Jérôme Bourgine (2016)

Souvenez-vous de l’esprit d’aventure de vos neuf ans — celui que vous guettiez au coin de chaque rue, celui qui vous faisait voir comme l’odyssée du siècle un voyage en car scolaire avec tous vos copains. Vous y êtes ? Parfait, alors en route pour la classe de mer de Monsieur Ganèche !

la classe de mer de monsieur ganeche jerome bourgineMonsieur Ganèche, c’est un instit’ remplaçant, et, manque de bol, on lui a refilé les 6 cas sociaux de l’école : des hurluberlus inadaptés, en retard, mal élevés, distraits, que sais-je. Du moins, c’est ce que voudraient nous faire croire leurs bulletins de note. Heureusement qu’on est davantage que ses bulletins ! Monsieur Ganèche, avec ses grandes oreilles frémissantes en guise de radar à vérité, fait bien vite le tri : derrière le bout-en-train, l’intello, l’effrontée, la lunaire, le gros nounours et la douce fantaisiste qui, de prime abord, semble ingérables, il y a six personnalités exceptionnelles qui, d’après lui, n’ont pas été réunies par hasard. LE DESTIN EST INTERVENU. Lire la suite

Fans de la vie impossible, Kate Scelsa (2016)

J’ai un peu repoussé cette chronique pour cause d’avis changeant ; pourtant, j’ai beaucoup de choses précises à dire au sujet de ce curieux et fascinant roman.

De quoi s’agit-il ? C’es l’histoire d’un garçon et une fille et un garçon. Minute. Ça me rappelle un truc…

triangle amoureux

On retrouve les mêmes archétypes. Aïe aïe aïe, ça s’engage mal ! MAIS NON. La force de ce roman, c’est qu’il ne s’agit pas d’une dynamique classique, où la fille doit choisir entre les deux garçons. C’est un triangle où tout le monde s’aime (un vrai triangle, quoi), et où personne ne fait vraiment de choix.

Maintenant que j’ai votre attention… Lire la suite