TOP 5. Mauvais livres à la mode et ce que je vous recommande à la place

« Owi ! C’est l’instant langue de vipère ! » vous réjouissez-vous en remuant du derrière pour creuser un petit nid confortable devant votre écran.

Aujourd’hui, je vais vous parler de livres que je trouve vastement surestimés et surreprésentés sur la blogosphère :

Avertissement (s’il est besoin) : quand je trouve un livre mauvais, cela tient à mon acception de la littérature, aux qualités que JE cherche, lis, reconnais. Et là-dessus, on n’est pas tous d’accord, je suis parfois même très seule, comme il t’arrive de l’être quand tu corriges une faute de grammaire au repas de Noël et que personne, absolument PERSONNE, n’est d’accord avec toi. (Alors que, bien sûr, tu as raison. Quelle horreur. Rien que d’y penser, tu en frissonnes encore.)

Bref, par exemple, je trouve qu’une grande proportion des romans de Marguerite Duras sont mauvais. Ce qui devrait te mener habilement à l’idée suivante :

CE N’EST PAS PARCE QUE JE DIS QUE CES LIVRES SONT MAUVAIS
QU’ILS LE SONT DANS L’ABSOLU

Et surtout, ce qui m’intéresse, davantage que d’en dire du mal (même si toi et moi, on aime bien dire du mal, parfois), c’est de proposer, à la place de ces mauvais livres à la mode, des titres dans le même genre qui sont merveilleux et infiniment meilleurs.

Ready ?

  • #1. LE ROMAN YOUNG-ADULT OÙ L’ON SE DEMANDE « POURQUOI »

13 reasons why (Treize raisons), de Jay Asher
(Albin Michel 2010)

Il est normal que je ne cesse de voir ce roman partout puisqu’il connaît une adaptation sur Netflix, mais à vrai dire, il circulait déjà beaucoup avant. La raison de mon peu de goût pour 13 reasons why est simple : c’est. super. malsain. Le style un peu plat n’est pas renversant (logique, puisqu’il est plat, tu suis ?) mais rien à reprocher de particulier de ce côté. Non, vraiment, c’est le récit, la logique qui le conduit, et touuut ce qui le sous-tend qui est à mes yeux complètement et irrémédiablement toxique, délétère et méphitique.

(Méphitique ça veut dire puant.)

On suit Clay, un lycéen dont l’amie vient de se suicider, qui reçoit en cadeau d’outre-tombe, treize cassettes sur lesquelles la miss a enregistré, avant de mourir, des messages accusant ceux qu’elle juge responsables de son terrible geste.

Le malaise est présent tout du long de la lecture car le personnage de la suicidée est assez  pestilentiel (s’amusant, dans ses cassettes, du pouvoir traumatisant de ses accusations (je voulais citer un passage marquant, mais en fait presque toutes ses phrases me donnent envie de la gifler de façon égale, du coup je ne sais pas quoi mettre)), la représentation du malaise adolescent (et du suicide) dans le récit est bien frelatée, et l’unique logique narrative qui alimente le roman met le lecteur dans une position de voyeurisme, à « attendre de savoir » en quoi Clay (personnage hyper attachant) est, lui aussi, « responsable » : c’est. super. malsain.

Iiiik.

Si tu hésities à le lire, épargne-toi cela, et si tu l’as entamé et as en partie ressenti ce malaise que j’évoque, abandonne. À la place, j’aimerais te recommander un excellent roman young-adult qui, lui aussi :

  • se situe dans un cadre de lycée américain moderne ;
  • évoque la douleur et l’incompréhension du héros face à la mort d’un(e) ami(e) ;
  • fait reposer sa construction narrative sur le suspense, et se joue de nos attentes  ;
  • fait se poser plein de questions sur la vie, la mort, et ce qu’on sait véritablement de ce qui se passe dans la tête de nos amis.

Mais où (au contraire de 13 reasons why) :

  • le personnage qui meurt n’est pas réduit à sa condition de suicidé, il se déploie et vit dans le récit ;
  • on interroge, davantage que la responsabilité des proches (angle d’approche faisandé comme un requin échoué becqueté par les mouettes), la signification du geste du suicide ;
  • de vengeance il n’est point question ;
  • c’est excellemment écrit (ça, c’est du bonus).

Il s’agit de :

Qui es-tu, Alaska ? de John Green
(VO 2005, VF Gallimard Jeunesse 2007)

  • #2. LE COMICS DYSTOPIQUE PÉTRI DE LÉGENDES ET DE MAGIE

The wicked and the divine, de Gillen, McKelvie, Wilson et Cowes
(Glénat 2016 – en cours)

Je m’étends moins sur celui-ci qui ne m’énerve pas du tout, je trouve simplement le dessin pauvre et l’histoire un peu fade, et donc les louanges qu’il reçoit partout me semblent bizarrement disproportionnées. Donc, en vérité, c’est surtout que j’ai envie de te proposer telllllement mieux…

Si The Wicked + The Divine te plaît ou t’intrigue, je te recommande :

Un space-opéra intimiste qui a en commun avec The Wicked + the Divine d’être :

  • futuriste ;
  • plus grand que nature ;
  • bourré d’action ;
  • pétri de légendes et de magie.

Et qui a d’après moi, par rapport à The Wicked + The divine, l’avantage d’être :

  • beaucoup mieux dialogué, et très drôle ;
  • génialement dessiné ;
  • poétique ;
  • dénué de télé-réalité / star-système, dynamique narrative qui personnellement me tape sur le transistor et me fait bâiller à n’en plus finir, mais ce n’est peut-être que moi.

Zaï zaï zaï zaï, de Fabcaro (Six pieds sous terre, 2016)

Et donc, cet excellent comics, il s’agit de :

Saga, de Brian K. Vaughan et Fiona Staples
(Urban Comics, 2012 – en cours)
(clique sur le lien si tu veux lire ma chronique)

 

— Maiiiis, c’est pas une dystopie !
miaules-tu, trahi.

Oui, certes, bon, d’accord, mais alors dans ce cas, en matière de comics dystopique, j’en ai quand même un meilleur à te recommander, LUI AUSSI pétri de légendes et de magie, car figure-toi qu’il se passe sous l’eau, véritable réécriture futuriste de L’Atlantide ! Et en plus c’est TROP JOLI ! Allez, va, c’est bien parce que as supporté vaillamment ma diatribe contre 13 reasons why.

Il s’agit de :

LOW, de Rick Remender et Greg Tocchini
(Urban Comics, 2016 – en cours)

 

  • #3. LA BD FÉMINISTE BIOGRAPHIQUE

Olympe de Gouges, de Catel et Bocquet
(Casterman, 2013)

Celui-ci commence à remonter, mais j’ai le sentiment qu’il est toujours autant à la mode, et surtout, qu’il est l’un des livres vers lesquels se tournent spontanément tous ceux qui s’intéressent au féminisme de près ou de loin — et en ce moment, on s’y intéresse pas mal. Or, ce roman graphique est catastrophiquement nul.

  1. Il est mal dessiné. (Les plans, les proportions, les expressions des visages… tout est vraiment mal branlé.)
  2. Il est historiquement stupide. Je ne vois pas comment dire ça autrement. Ça bugge sur les rapports sociaux, les professions, les costumes…
  3. Les dialogues puent des fesses. (Plutôt que de partir sur le postulat d’une oralité « normale » (moderne), ce qui se défendrait, on nous fait de faux moliérismes très embarrassants).
  4. Il est démonstratif, parfois jusqu’au point de la malhonnêteté intellectuelle.

Bref : cette BD est gênante.

À la place je te recommande une autre bande-dessinée, elle aussi féministe et biographique, qui a toutes les qualités que, d’après moi, la précédente n’a pas (simple, légère, vraie, drôle, super renseignée, bien écrite et bien dessinée) :

Culottées 1 & 2, de Pénélope Bagieu
(Gallimard, 2016 et 2017)

 

  • LE RECUEIL DE POÉSIE EN ANGLAIS QUI FAIT DES GUILIS AU CŒUR

Milk and Honey (Lait et miel), de Rupi Kaur
(Lu en VO, VF chez Charleston, 2017)

Je ne cesse de voir ce recueil de poésie fleurir sur les blogs et Instagram, et il a l’air de ravir ses lectrices et lecteurs en soufflant sur leur petite peau de pêche telle une douce brise de mai — et loin de moi l’idée d’empêcher ça.

Je ne le trouve pas bon, personnellement. Milk and honey (Lait et miel, dans sa traduction) nous sert, chaque page, une petite phrase « Bien être » accompagnée d’un dessin au bic — c’est le vide intersidéral des maximes de La Rochefoucauld dans une ambiance épurée de feel-good book moderne. Je me demande vraiment ce qui se passe dans ce livre.

On dirait que c’est écrit par un bot qui essaie d’imiter le skyblog d’un ado cucul. (Et qui aurait juste eu la bonne idée de virer le Comic Sans et les paillettes.)

Sérieusement, même Miss Tic n’oserait pas taguer des trucs aussi creux.

Si ?

Par ailleurs, plus je lis de la poésie moderne, plus je me demande si toute une génération de nouveaux auteurs a abandonné la licence poétique au cours 1.1 Revenir à la ligne, et est partie jouer au bilboquet après.

Si Milk and honey te plaît, cours donc l’acheter, c’est tout doux, hyper bienveillant.

Mais j’aimerais te proposer un recueil (encore) meilleur ! Un beau recueil écrit par une poétesse moderne, brillante, romantique et drôle, qui jouera avec ton petit cœur de beurre. Il s’agit de :

Rapture, de Carol Ann Duffy
(à ma connaissance, non traduit)

Rapture, c’est une succession de poèmes d’amour, du plus doux au plus amer, et si je pense qu’il plairait aux lectrices et lecteurs de Milk and Honey, c’est parce qu’il est désespérément naïf — car amoureux — mais aussi exigeant. Le style sait être frugal, coulant, délicat, sans se départir de sa finesse, de ses recoins tatillons, de sa belle intelligence.

Alors, si tu hésites entre les deux, hop, repose-moi ce Milk and Honey plein de rien et préfère-lui Rapture. (Surtout si tu as une jolie déclaration à faire.)

Extrait :

L’un de mes chouchous.

(Et je dis rien mais : )

 

— Maiiiis, ça parle pas de résilience féminine !
miaules-tu encore, trahi toujours,
serrant le Rupi Kaur contre ton cœur.

Oui, certes, bon, d’accord, mais alors dans ce cas, en matière de poèmes donnant vie à une féminité forte et interrogeant les motifs de l’oppression, de la sexualité et de la violence (c’est pas moi qui le dit, c’est France Culture dans ce podcast sur Carol Ann Duffy (love love love)), je peux te proposer au moins trois autres recueils de la même poétesse :

 

Coup de cœur personnel pour The world’s wife, qui donne la parole (imaginaire), à des femmes (d’hommes) célèbres. Les poèmes s’appellent donc « Mrs Darwin », « Circe », « Mrs Sisyphus », « Delilah », « Anne Hathaway » (la femme de Shakespeare, pas celle qui s’habille en Prada), « Queen Kong », « Demeter », « Frau Freud », etc. C’est tantôt drôle, tantôt émouvant, et toujours fin et délicieusement versifié. De la poésie, quoi. Bordel.

  • #5. LE ROMAN D’AMOUR D’UN ÉCRIVAIN POUR SA FEMME MALADE

La chambre des époux, d’Eric Reinhardt
(Gallimard, 2017)

La chambre des époux, c’est l’histoire d’un musicien dont la femme malade va mourir. Celle-ci, pleine d’amour et de pure abnégation, lui dit : Non, ne t’occupe pas de moi, finis ta symphonie. Donc, avec la bénédiction de la mourante, le musicien se regarde le nombril (en n’en finit pas de se trouver formidable, car le message de tout le roman, c’est quand même que son art est plus important que la vie de sa femme), quand soudain, au milieu du livre (que je vous spoile salement), l’auteur intervient pour dire Attendez ! En fait, depuis le début, je vous parle d’un musicien mais il s’agit d’un écrivain, et les héros ne s’appellent pas Machine et Machin, mais Bidule et Chouette, car en réalité… c’est moi et ma femme ! Et là :

Le roman nous re-raconte exactement la même histoire — oui, une deuxième fois. Avec autant d’auto-congratulation que la première. En bref, c’est ronflant, c’est le festival du touchage de nouille, et c’est tout le contraire d’un hommage à une femme aimée.

À la place, je te recommande donc un livre qui évoque la même situation, la maladie — et le deuil — de la femme de narrateur-auteur, mais dont le traitement est, à l’antithèse du précédent, tout en finesse, en beauté du détail, en sublimation de l’être aimé.

C’est un texte d’autant plus poignant que l’auteur, Verheggen, est un bout-en-train inarrêtable, un poète de l’absurde, un bulleur d’aphorismes humoristiques, et sort ici (un peu) de son rôle habituel pour saluer la femme aimée une dernière fois, de façon délicate et arrachée.

Il s’agit de :

Gisella, de Jean-Pierre Verheggen
(Éditions du Rocher, 2004)

Et sinon, il y a aussi le dernier Jean-Marie Laclavetine, Et j’ai su que ce trésor était pour moi, parfaitement dans le thème, et exactement à mi-chemin entre la beauté du Verheggen et la posture artistique du Reinhardt — dans le style personnel de Laclavetine que personnellement, j’aime beaucoup, un peu imagé, un peu old-school, avec une dérision à la Pennac et ce sens de la formule si jouissif et délicat.*

* L’un de ses romans commence par : « D’un tempérament doux, Vincent Artus n’avait jamais tué que sa femme. » — l’une de ces phrases qui me trottent dans la tête depuis des années. (En douceur, Gallimard, 1991)

En somme, je te recommande de lire, acheter ou offrir les livres de la première ligne :

… et de te passer de ceux de la seconde, qui sont des phénomènes surestimés et survendus qui n’ont je crois besoin ni de toi ni de moi.

J’espère que ce top 5 t’a plu, et rappelle-toi, si je trouve que ces livres sont mauvais, c’est BIEN ENTENDU qu’ils le sont dans l’absolu.

Allez,

Love,

Lupiot

Lupiot Allez Vous Faire Lire

 

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35 réflexions sur “TOP 5. Mauvais livres à la mode et ce que je vous recommande à la place

  1. Low me tente drôlement, de même que The world’s wife ! Par contre, j’ai l’impression qu’il faut vraiment que je relise Qui es-tu Alaska, tout le monde m’en dit du bien mais l’ayant lu il y a plusieurs années la seule chose qui m’a marquée c’est que je n’avais pas aimé haha (pas marquée du tout par ce bouquin, mais tfaçon il faudrait que je lise un autre John Green pour comprendre le phénomène).
    Oh et j’aime beaucoup tes petits articles, c’est génial toutes ces recos et surtout ça fait plaisir de retrouver aussi souvent ta plume ♡

    Aimé par 2 personnes

    • Béh tu sais quoi la première fois que j’ai lu qui es-tu Alaska j’ai aimé la première partie (beaucoup) et vraiment… pas adoré la seconde, qui m’avait un peu ennuyée, beaucoup frustrée, et tirait un peu en longueur. Du coup, je rechignais à me replonger dedans. Les circonstances ont fait que je l’ai relu l’an dernier, et finalement… j’ai beaucoup aimé, notamment l’équilibre entre la 1ère et 2nde partie justement.
      Green aime les symboles, il aime briser le 4e mur… et il passe un peu trop de temps à te rappeler, dans ses romans, que ce n’est à près tout *qu’un roman* et que les choses peuvent se passer comme ça mais pourraient se passer autrement et qu’est-ce-que-ça-signifie-d’être-en-vie-quand-la-littérature-existe, et autres questions existentielles qu’on se pose très peu IRL. Ses romans sont presque tous construits sur une tension qui est : d’un côté, des dialogues et des émotions et des personnages adolescents plus vrais que nature, évocateurs, émouvants et enchanteurs – et de l’autre, des « discours », des réflexions, des mises en abymes qui n’en finissent plus de t’éloigner de la fiction et de l’histoire qui est racontée. Tous ses romans sont construit sur un câble raide tendu entre ces deux piliers : *l’équilibre* est forcément difficile à tenir, et parfois on se casse la margoulette (comme dans Tortues à l’infini, qui ne trouve pas son équilibre, d’après moi).
      Mais oui, je trouve Alaska très réussi, et c’est peut-être l’un de ceux qui a le mieux « grandi » avec moi (car à les relire, je ne les aime plus tous autant). C’est peut-être l’un des plus adulte, d’ailleurs – sans doute pas pour rien que c’est le seul à être paru en Folio…

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      • Il y a moyen que justement cette deuxième partie m’ait perdue, parce qu’au fond je me souviens un peu des personnages et de la situation de départ… mais pas du tout de la fin x) Faut croire que ça ne m’a vraiment pas marquée haha
        Bon, avec ce commentaire tu me donnes tout de même envie de lire John Green, je vais ptet commencer par Nos étoiles contraires et si tout se passe bien je retenterai Alaska ! Merci pour toute cette longue réponse ♡

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  2. Oh génial ton article!!! Je n’ai absolument pas accroché à The Wicked + The Divine, j’ai adoré les couleurs de fou mais l’histoire c’était assez catastrophique pour moi, je ne comprenais rien, les personnages n’étaient pas du tout approfondis, et on survolait la mythologie (je n’ai lu qu’un tome). Par contre je suis enfin à jour dans les sagas et j’adoooore!!!!! Du coup je vais sûrement tenter LOW pour patienter 🙂
    Tu m’as aussi donné très envie de découvrir Rapture 😀

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    • Ah tiens je suis contente tu viens de mettre le doigt sur un truc qui me gênait dans Wicked : c’est confus, non ?? (Mal géré, le tome 1, en tout cas.)
      SAGA C’EST DE LA PURE JOIE ! Seul le tome 4 m’a paru un peu en dessous pour le moment (une sorte de tome de transition), mais sinon c’est un long chemin de bonheur.

      Et, Rapture, ahh…. *soupire*
      Si tu as l’occasion, VRAIMENT, vraiment, prend le temps de te rouler dans un coin de ton canapé pour ouvrir se recueil.

      Aimé par 1 personne

  3. J’ai lu « Qui es-tu Alaska » à sa sortie il y a déjà plusieurs années et je n’avais pas aimé. Du coup (au risque de faire hurler les foules) je n’ai pas lu d’autres « John Green » depuis… Par contre je suis totalement d’accord avec votre avis sur « Saga », il FAUT le lire !!! C’est juste génial. Toutes les personnes à qui je l’ai fait lire ont adoré et réclamé la suite.

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    • Haha non, pas de hurlement, pas de hurlement. Comme je disais plus haut, Alaska n’était vraiment pas mon favori lors de ma première lecture, il y a 5-6 ans… puis je l’ai relu l’an dernier et l’ai 1000 fois plus/mieux apprécié. (Voir mon commentaire en réponse à Mabureading, un peu plus haut.)
      Et je comprends complètement que ça ne marche pas pour tout le monde… je trouve néanmoins que c’est un excellent livre qui vaut la peine d’être recommandé/découvert, et amène vraiment des discussions intéressantes (même tout seul dans son coin, à l’intérieur de son petit crâne).

      Saga c’est une leçon de réinvention du genre (ici, le space-opéra). C’est tellllllement bien ! Exactement pareil, je passe mon temps à faire de nouveaux fans chez mes proches !

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  4. (Mon premier petit commentaire sur ce blog donc j’en profite pour te dire que ton humour fait du bien et qu’en plus t’as de bons goûts *-*)
    Je note précieusement le nom de Carol Ann Duffy qui semble promettre bien des merveilles ! Par contre, si je n’ai pas lu 13 Reasons Why (j’ai juste vu la série), j’ai lu Qui es-tu Alaska ? et n’en suis pas ressortie convaincue. Je l’ai trouvé très décevant par rapport à Nos étoiles contraires ou Will & Will, pour ne citer que ceux-là de John Green. Je l’ai trouvé plat et sans but précis. Je n’ai probablement pas très bien saisi le personnage d’Alaska aussi, et ça m’a franchement perturbée. Et je crois que c’est ce qui me retiens un peu de lire Turtles all the way down, parce que j’ai peur d’être encore déçue x)
    En tout cas je suis contente de lire ton avis sur Lait et Miel parce que moi non plus je ne comprends pas cet engouement. Je pense que c’est l’effet tout petit poème + dessin mignon qui fait tout ;a;

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    • « Je n’ai pas bien saisi le personnage d’Alaska aussi, et ça m’a franchement perturbé » = en fait, c’est l’un des messages du livre, in fine. On ne peut pas comprendre avec certitude qui est Alaska ni ce qui s’est passé, c’est ce qui est si dur — mais c’est ce que vivent les personnages, et ce qu’on vit quand on perd quelqu’un. On ne comprend pas, et là, ce que le roman fait de superbe, c’est qu’il se coupe en deux : un avant, un après : il prend le temps d’explorer ce deuil, cette incompréhension.
      Cela dit je comprends totalement ton sentiment mitigé, qui était le mien aussi après ma première lecture, et qui serait resté le mien si je n’avais pas eu l’occasion de relire ce roman récemment. C’est l’une de ces expériences très curieuses où tu lis 2 fois le même livre / regardes 2 fois le même films à quelques années d’écart, et réalise combien tu as changé, pour que le livre/film ait lui aussi, tant changé…

      Tortues à l’infini : franchement, je ne te le conseille pas, surtout si tu n’as pas adoré Alaska. C’est à mes yeux le moins bon de ses romans, qui n’arrive pas à trouver l’équilibre entre le discours/le message, et l’histoire/l’aventure. (J’ai aimé tous les autres, cela dit, et je te les recommande tous ! (Mais je n’ai pas relu Le théroème des Katherine depuis longtemps ! Pas sûre qu’il me plairait autant…))

      Lait et miel : « texte court + petit dessin mignon » XD c’est tellement ça… De la poésie d’agenda !

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  5. Je n’ai pas encore lu « qui es-tu alaska? » À la base je ne devais pas l’acheter mais une collègue l’a lu et adoré. Ce ne sera pas pour cette année. Par contre, même si je comprends ton point de vue, j’ai adoré « 13 raisons » (oui je le mets en français parce que les titres en anglais ça m’énerve. on est en France ou on ne l’est pas). Je l’ai lu il y a bien longtemps avant le blog et mes raisons sont personnelles. D’autant que ce roman a quand même un message : faites attention à ce que vous dites et faites. Vous ne savez pas ce que vit telle ou telle personne.

    Et les culotées : quel bonheur! J’ai juste adoré ces BD. j’ai hâte de voir ce que ça va donner en série.

    Aimé par 1 personne

    • Non, tout n’est pas à jeter loin de là, dans « 13 raisons », mais je trouve que l’emphase est beaucoup plus mise sur la vengeance et son orchestration, que sur l’attention qu’il faut porter à chacun.
      C’aurait été très différent si le personnage d’Hannah, craintif et mal dans sa peau, n’osant pas s’adresser directement à Clay et X et Y, avait enregistré ses cassettes dans le but de leur parler.. (comme on laisse un message vocal, ou comme on envoie un mail…) et s’était malheureusement suicidée entre-temps, laissant des témoignages à vif, comme des appels à l’aide pas entendus à temps. Mais là, c’est de la vengeance longuement orchestrée. What – the – fuck ??
      Pour moi, Hannah est borderline sociopathe. Littéralement toutes les heures passées à enregistrer ses petits messages poisseux, elle aurait pu les passer à… parler à Clay ? Pour moi, c’était trop insupportable de bêtise et de méchanceté « ^^. Au bout d’un moment, j’ai sauté des pages et lu en diagonale.)

      Donc, il y a des choses à sauver, bien sûr ; le personnage de Clay par exemple est vraiment attachant, incarné, touchant, réaliste – et d’autres petites choses (de nombreuses scènes qui se glissent dans le récit, s’intercalent avec l’implacable vengeance…) Mais, overall…. iiiirrrk. « ^^

      Alaska : je suis curieuse d’avoir ton avis si d’aventure tu le lis ! Très particulier dans le pari narratif qu’il prend, il peut lui aussi mettre mal à l’aise après tout.

      Les Culottées : c’est de la légèreté et de la rigolade absolues, avec un ton vraiment délicieux. what, quelle série ?? Je ne suis pas au courant ! Je viens de voir ça sur le site de Madmoizelle du coup !! Amazeballs ! J’espère que ça va rester fidèle au ton et à l’allant des planches de Pénélope Bagieu. Il faudrait forcément allonger, développer un peu… Curieuse aussi, du coup !!

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      • Je pensais que tu le savais pour les culottées. Apparemment c’est l’autrice qui va l’adapter donc ça devrait aller.

        Pour Alaska, c’est justement l’aspect narratif qui m’a décidé et pas le livre en lui-même. j’aime bien ce qui sort de l’ordinaire. Du coup, je ne m’inquiète pas.

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  6. Excellent article ! Tu es la première voix dissidente qui s’élève sur Lait et miel, ça change ! Merci pour ces excellents conseils ! Je n’ai lu que Les Culottées, mais je note vite vite le reste ! (Sauf Gisella peut-être, le sujet ne m’inspirant guère…)

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  7. Mince! Une amie va m’offrir Olympe de Gouges pour Noël…
    Bon je me rattraperai avec Low qui à l’air magnifique et Qui es-tu Alaska que je ne connaissais pas.
    Les Culottés, si formidable, Saga, j’adore, je me suis retrouvée dans cet article! Merci beaucoup pour tout ces conseils.

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    • Je suis très critique sur Olympe, mais quand on ne tique pas sur le contexte historique (rendu avec une absence d’intelligence absolue) ça passe déjà mieux je pense. Et de toute façon un cadeau ça fait toujours plaisir.

      Merci à toi !!

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  8. Super chouette ton article !
    Je ne suis pas d’accord avec toi sur tout, mais comme tu as mis Saga dans tes conseils, je te pardonne ! J’ai d’ailleurs noté « Low » qui m’aguiche bien comme il faut ! & je suis très curieuse des écrits de Carol Ann Duffy, mais le fait que ce soit en VO me fait un petit peu peur ^^’
    Merci pour tes petits conseils ! 😀
    (Nina)

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    • J’espérais bien que mes lecteurs ne seraient pas d’accord sur tout (et après tout… ce sont des livres à la mode !! Donc je m’y attendais à 100%) et j’espère qu’au moins ça t’a fait rire.
      Carol Ann Duffy, c’est le bien. tous ces poèmes ne sont pas aussi accessibles les uns que les autres, mais certains sont vraiment super facile d’accès, et un recueil n’est pas fait pour se lire de A à Z de toute façon, mais bien pour se grappiller… Si tu as l’occasion, plonge !

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  9. Oups ! J’ai mis Lait et miel dans ma wishlist après des avis excellents sur des blogs que je suis. Je vais l’oublier. Merci pour le recueil que tu proposes à la place. Je te propose également mon recueil de poèmes qui s’inscrit dans le même registre. Je suppose que tu vas aimer 🙂

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  10. Pingback: C’est le 3, je balance tout ! # 12 – Décembre 2017 | L'ourse bibliophile

  11. Salut ! Merci de cet article, je sais quels livres éviter et quels livres à lire. En vérité, j’ai déjà lu 13 Reasons Why, et je ne l’ai pas trouvé aussi touchant qu’il aurait dû l’être, une histoire un peu trop bateau à mon goût. J’ai aussi un jour emprunté Olympe de Gouges… Que dire ? Il est barbant (au moins 400/500 pages (je ne me souviens plus exactement) pour une histoire qu aurait pu être moins détaillées sur… certains aspects de sa privée, disons). Évidemment, on y apprend des choses intéressantes, mais pas de quoi s’affoler. (Donc, à ceux qui pensaient s’acheter cette BD, mettez votre argent dans des livres issus de la collection la plus sûre : la collection R ! (désolée, mon avis est très subjectif ^^)).
    En tout cas, merci, car tu m’as donné envie de lire Qui es-tu Alaska, dont j’hésitais à entreprendre la lecture (suite aux commentaires très variés de mes amis) !

    Aimé par 1 personne

  12. Pingback: C’est le 1er Mars j’balance tout #14

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