Quand t’as écrit un roman

Au fil des articles de ce blog tu as peut-être remarqué que j’utilisais le prétexte ronflant de l’écriture d’un roman pour excuser mes retards et absence de plus en plus prononcés. Tu as certainement roulé des yeux, parce que « La meuf veut écrire un livre, s’t’euplaît. »

… comme 44 % des français.

Bon, il y a un pas énorme entre le fantasmer et le faire vraiment, et ce pas, je l’ai FRANCHI. Tel un cabri joyeux (poursuivi par le monstre mutant de ses rêves d’enfant), j’ai bondi par-dessus les ruisseaux sauvages Doute et Mésestime, escaladé le mont vérolé du Travail Acharné, volé gracieusement par-dessus les ronceux buissons de la Picole Sociale (qui ont plus d’une fois tenté de me retenir entre leurs branches) (et plus d’une fois réussi), et ai atterri, un jour d’exténuant vertige, sur la terre du Roman Terminé.

Après quoi, comme tous les auteurs, je l’ai soumis de mes deux genoux tremblants à un éditeur de confiance et ai rongé mes ongles jusqu’aux phalanges en attendant son retour. Bonne nouvelle : il a eu le bon goût de l’aimer. Il l’a même aimé si fort qu’il s’est lui aussi changé en cabri bondissant pendant quelques instants. (Au propre ou au figuré ? À toi de voir. Cet éditeur est Tibo Bérard.)

(Il y a un nombre étonnant de cabris dans cette histoire.)

Ce roman, celui que j’ai écrit et réécrit pendant 4 ans
(mais ça, c’est une autre histoire, que je vous raconterai peut-être dans un article spin-off) (ou peut-être pas, le mystère ne doit-il pas être préservé ?) (gardons ça pour les anecdotes autour d’un verre amical, à présent que j’ai à nouveau le droit de me jeter gaiement dans les ronces de la picole sociale),
ce roman, donc,
est une histoire de magie,
une histoire entraînant deux gosses distraits dans un autre monde,
un monde pas complètement sympathique mais résolument fantastique

qui s’appelle

BORDETERRE.
*frissons de magie*

Et il sort dans une semaine exactement, le mercredi 4 mars 2020 !

* Intermède *

C’est le moment où je me dois de m’interrompre moi-même pour préciser que cette couverture magnifique est en réalité bien plus magnifique qu’elle ne le semble ici, piètrement restitué par l’inférieure réalité de ton écran d’ordinateur. En effet, il y a du doré (ça brille), de l’embossage (c’est en relief), et un bleu, mais un bleu ! C’est un Pantone, plus intense et saisissant que celui du cosmos le soir où tu as gaspillé une étoile filante sur ton crush de l’été. Cette couverture est l’œuvre de Claudine Devey, graphiste chez Sarbacane, et probablement un peu sorcière (chut).

* Fin de l’intermède *

Que raconte Bordeterre ?

Inès, 12 ans, est du genre à castagner ceux qui cherchent des embrouilles à son frère, Tristan, autiste de 16 ans. Tristan lui, est plutôt du genre à regarder des deux côtés avant de traverser. Mais ce jour-là, il ne parvient pas à retenir sa sœur qui, courant après son chien…
… bascule dans un univers parallèle.
BORDETERRE. C’est le nom de cette ville, perchée sur une faille entre deux plans de réalité. Les gens qui y tombent ne peuvent plus la quitter. On y croise des gamins qui chantent pour faire tourner un moulin, des châtelains qui pêchent des cailloux, des ferrailleurs rebelles qui font tirer leurs caravanes par des poules… et des créatures étranges, nimbées d’un silence de sous-bois.
Inès, par nature, est ravie. Elle explore, renifle le derrière de Bordeterre avec une joie souveraine. Tristan est plus inquiet :
il y a quelque chose de pourri dans cette ville.

Bon, à présent que j’ai placé toutes les informations utiles dans cet article, passons au plus futile, c’est-à-dire, tout ce qui m’agite, c’est-à-dire, tout ce que tu dois absolument savoir.

Le sachiez-tu ?

1) Les gens qui écrivent un même roman pendant des années, surtout si c’est le premier et qu’ils le reprennent, découpent et recousent obsessionnellement, SONT FOUS.

En tant qu’éditrice, 95% du temps, je recommande d’ailleurs du fond de mon cœur à ces gens, qui soumettent pour la énième fois leur premier projet, transformé et boursouflé comme le monstre de Frankenstein, de lâcher cette vieille mue méphitique avant d’attraper le cancer.
95% du temps, c’est le meilleur conseil. Parfois, non. Quoi qu’il en soit, ces auteurs sont fous.

2) Lorsque la date de publication du roman est fixée, les émotions de l’auteur·ice se mettent à osciller entre excitation et terreur en pics de plus en plus rapprochés, ce qui chez moi correspondait à peu près à l’alternance de deux sentiments :

  • J’ai vraiment tout donné, je suis contente et fière, c’est un bon roman, exactement celui que je voulais faire. Vivement qu’il soit lu !
  • Oh mon dieu mais c’est quoi cette horreur ?!?! PERSONNE de sain d’esprit ne voudra jamais lire ce tas de fumier. AAAAAAAAHHH !
  • (Répéter à l’infini.)

L’attente est longue.

3) C’est super dur d’écrire des remerciements, mais aussi merveilleux : on a rarement l’occasion de mettre par écrit ce qu’on doit à qui, à part chez le notaire. J’ai trouvé l’exercice plutôt joli.

Du coup, j’en profite pour te remercier, toi, qui me lis derrière ton écran. Ça fait maintenant 6 ans que je tiens ce blog, et que je reçois des encouragements, des questions, des blagues, des bonnes ondes. Beaucoup, beaucoup de bonnes ondes, qui m’ont apporté beaucoup de bonnes choses. Parmi toutes les personnes qui m’ont accompagnée de près ou de loin, il y a par exemple l’auteur Hervé Giraud qui, après avoir lu quelques articles, en 2015, alors que ce blog n’était qu’un bébé, m’a contactée du néant pour me dire « C’est très bien tout ça mais tu as un style, une voix… quand est-ce que tu écrit un ROMAN ? » (et a poursuivi par une douche de compliments, comme ça, gratos). Ding dong, Hervé, je l’ai fait !!

On parle énormément des trolls et des serpents qui crachent leurs jets d’acide sur internet, mais il y a aussi des saints officiels et un bataillon d’anges gardiens qui traînent sur la toile.

Merci à tous ceux-là. Vous êtes superbement cool et incroyablement gentils. Vous méritez qu’on vous paie des doubles-mojitos.

D’ailleurs,

puisqu’on en parle,

et qu’on a ouvert cet article sur un paragraphe parlant de picole sociale :

Viens fêter, si tu le peux et si tu le veux, la sortie de Bordeterre avec moi le mercredi 4 mars 2020, à 19h, à la Librairie Les Nouveautés (45 bis rue Faubourg du Temple, Paris 10e). Je serais TRÈS heureuse de te dédicacer un livre. En plus j’ai une écriture magnifique, donc win-win.

Il y a un événement Facebook public qui me sert à moi-même de memo (si tu veux l’employer pour le même usage). J’aurai fait à manger ❤ parce que je peux pas m’en empêcher, et Sarbacane fournira les boissons. (Tout doit disparaître.)

Vivement !
(AAAAAAAAHHH !)

Julia

40 réflexions sur “Quand t’as écrit un roman

  1. Qu’il a raison Hervé !
    Ça fait un petit moment que je suis ton blog, j’aime tes articles, ton regard sur les titres que tu nous présentes mais indéniablement le petit truc en plus c’est ton style bien à toi, ton temps, tes mots simples et qui pourtant une fois assemblés sont un régal !
    Bref tout ça pour dire que le résumé de ton roman donne envie alors je suis sûre que ça sera une réussite ! Comme dit sur Facebook c’est une de mes prochaines lectures 🙂
    Par contre je suis curieuse : c’est pas encore plus la pression de présenter ton roman dans la maison d’édition où tu travailles ? 😮

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    • Hello toi ! Merci beaucoup pour ton message ! J’ai grand hâte de lire ton avis – mais no pressure, sens-toi (comme tous les autres), totalement libre de rédiger un avis négatif. Je ferai semblant de ne pas le voir et ne ferai pas comme ces auteurs fous qui s’embarquent dans des diatribes timbrées juste parce qu’ils sont vexés comme des poux. (Je profite de ce message pour te le dire <3)
      Quant au sujet de la publication chez Sarbacane : c'est étrangement merveilleusement cool, globalement. Quand tu publies chez un éditeur (surtout la première fois), tu as une grande partie du stress qui vient de l'inconnu. Peux-tu leur faire confiance ? Pour moi, c'était une joie et un grand soulagement de confier mon bébé à des gens dont j'admire et respecte le travail et en qui je fais 100% confiance.
      Après, côté pression, c'est un petit peu intense, oui, j'ai le cœur qui palpite 2 fois plus que nécessaire. En un sens, il faut que mon livre marche sinon je me sentirai coupable vis-à-vis de ma boîte – qui est aussi celle dans laquelle je travaille. Et il faut qu'il soit bon sinon ça affaiblit, en quelque sorte, ma légitimité d'éditrice. Ces deux craintes sont en partie non fondées car des deux côtés (auteurs et éditeurs) j'ai reçu beaucoup de soutien (tout le monde fait globalement bien la part des choses)… mais ce ne sont pas des craintes complètement absurdes non plus ! ^^

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  2. Mais…. Mais bravo putain ! Je suis comme une dingue, vivement le 4 que je saute sur cette petite merveille (Hervé à raison, merci Hervé d’être un ange pour les lecteurs silencieux)
    Encore bravo pour ce premier (et pas dernier on espère pour toi et pour nous) roman 🙂

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  3. Mais quelle bonne nouvelle !
    Bravo, bravo, bravo.
    Je le rajoute sur ma liste d’anniversaire (ça tombe bien c’est le 7 mars…)
    Plein de doigts croisés et d’encouragements pour cette nouvelle aventure.

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  4. Waw félicitations, il est trop beau, il a l’air trop bien, dès qu’il arrive au boulot, je saute dessus (on a déjà tanné deux fois le repré pour qu’il l’envoie d’urgence).
    En tout cas, je lis religieusement tous tes articles depuis le début, à l’époque où je bloguais encore et lisais 1001 articles partout, et maintenant où je ne lis plus qu’un blog, celui-ci. Si avec ce superbe livre tu arrives à m’accrocher et à m’amuser ne serait-ce qu’un dixième de ce qui se passe ici (ça veut rien dire), je serai comblée ! Bref NO PRESSURE !

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    • WAHOU merci beaucoup ! Des messages comme ça, ça donne la pêche pour la semaine ! *O* J4espère qu’il te plairai au moins au tant à moitié que mes articles alors, et j’ai hâte de découvrir ton sentiment. (No pressure de ton côté non plus.) BIZ !!

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  5. WAAAAH ! FÉLICITATIONS !
    Depuis le temps que je te suis, je sauterai sur ce livre dès que j’en aurai l’occasion ! C’est trop bien. Et en plus, être publiée avec les X’, c’est juste… génial.
    Encore bravo, dans l’attente de découvrir ton bébé de papier !

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      • Je suis isolée dans un trou perdu auvergnat depuis deux semaines – je viens tout juste de retrouver un contact avec la civilisation en récupérant une connexion internet – donc pour l’instant pas de librairie en vue, mais je pense que je me ferai un petit cadeau, le jour où je descendrais à « la ville » !

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  6. Oh ! Quand le représentant me l’a présenté je ne savais pas du tout qu’il s’agissait de ton roman ! J’en ai commandé une bonne petite quantité pour mon rayon jeunesse héhé ! Félicitation en tout cas !!

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  7. Ce sera un plaisir de vous lire au long cours, vous avez effectivement, une plume réjouissante et c’est toujours avec plaisir et gourmandise que je lis vos interventions Vivement le 4 et bon vent pour cette nouvelle aventure, comme on dit par chez nous

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  8. Pingback: C’est le 1er, je balance tout ! février 2020 | Light & Smell

  9. Oui, quelle superbe couverture ♥️ Il faut aller l’admirer en librairie, dans quelques jours, et craquer… pour ce génial univers (dans lequel je suis actuellement plongée 😁), pour les personnages principaux comme secondaires (super intéressants et, pour certains, attachants), et puis pour les sujets évoqués, ce combat à mener. Sans parler de l’humour ! Bref, c’est ma lecture en cours et j’adore.

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  10. Pingback: C’est le premier, j’balance tout #15 (mar.20) – Alberte Bly

    • Non ! Trop drôle !! Ah la la. Si vous saviez tout ce qu’il s’est passé entre les fanfictions et les récits originaux comme Bordeterre. Tant de textes mutants et monstrueux, qui avaient un bras de JK Rowling, un pied de Gaiman, une face de Dabos…
      Ravie que tes lecteur·ices m’aient suivie jusqu’ici, ça me touche énormément. Bonne lecture alors !

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  11. Pingback: C’est le 1er, je balance tout ! # 38-39 – Février-Mars 2020 | L'ourse bibliophile

  12. Pingback: Bordeterre, de Julia Thévenot (2020) | L'ourse bibliophile

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