Comment bien nommer ses personnages ? (2/3)

Holà, manant ! Tu te trouves en plein cœur d’une réflexion sur comment bien nommer ses personnages de fiction. Dans la partie 1, on a déjà vu :

  • I. Les questions à se poser avant de nommer un personnage
    • #1. A-t-on besoin de connaître son nom ?
    • #2. Les autres personnages ont-ils besoin de connaître son nom?
  • II. Le critère indispensable pour bien nommer ses personnages : la vraisemblance interne
    • #1. La chronologie
    • #2. Le style

Et là, on va parler d’américanisation à outrance, de Rocky Balboa, de Marie-Aude Murail, de Kim-Jong Il et d’Amélie Nothomb. Tout ça dans le même article.

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Ça me paraît évident mais un roman qui se déroule en France ne devrait pas avoir pour protagonistes Ashley, Jamie, Selena, Matthew, Madison et Jayden.

  • LE PROBLÈME DU Made in USA

Le lectorat (et souvent l’écrivain aussi) a été biberonné à l’aventure made in USA, et a tendance, par défaut, à trouver plus cool un perso qui s’appelle Joe Baxter que Théo Lamarck, Ellie Johnson que Louise Belleville. On est conditionné à voir un nom anglophone comme promesse d’une aventure démesurée (#ThanksHollywood).

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Fuck yeah #USA

Mais ce n’est pas le nom du héros qui fait l’aventure, et Joe Baxter ne sera pas plus intéressant en soi que s’il s’était appelé Théo Lamarck.

Je ne vais pas évoquer le choix du cadre (USA, France, Patagonie) même si mon point de vue c’est que, plutôt que de piquer les marqueurs superficiels de la culture US (noms propres, marques & géographie), on ferait mieux de lui voler ses schémas narratifs, le dynamisme de ses rebondissements, etc. Je vais parler de la cohérence du nom avec son cadre culturel, notamment dans le contexte de notre « fantasme américain » : quelles solutions trouver pour avoir quand même des noms qui sonnent cool ? Lire la suite

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Comment bien nommer ses personnages ? (1/3)

Comment choisir les noms de ses personnages ?

Hé bien, aux dés, par exemple.

Commençons en effet par établir une chose : l’importance à accorder aux noms des personnages est variable.

Par exemple, si votre personnage secondaire de boulangère (qui apparaît durant deux paragraphes de votre roman de 300 pages et se contente de franchir une porte et tendre la monnaie) n’a pas un nom dont l’étymologie signifie « pain », « porte », « marchande » ou « monnaie », concrètement…

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Oui, c’est moi qui dit ça, l’obsessionnelle de l’étymologie.

D’ailleurs, si elle n’a pas de nom, ce n’est pas grave non plus. C’est même mieux.

Car avant de se demander comment les nommer, on ferait bien de se demander SI il faut les nommer, nos bonshommes. Et souvent, la réponse est non.

Lire, ce n’est pas facile. Et on n’arrive déjà pas à mémoriser les noms de tous nos collègues

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Même s’ils sont au nombre exubérant de 4. En se comptant soi-même.

…alors cher écrivain, ne nous ajoute pas des noms à mémoriser pour des personnages dont on n’a strictement rien à secouer. Fais un tri drastique. Sois sans pitié.

Il faut à tout prix éviter ÇA :

Le nouveau Lian Hearn qui sort en Janvier 2017. J'ai pas commencé et y a déjà 90 personnages. HELP.

#PERSONNAGES

C’est le nouveau Lian Hearn qui sort en Janvier 2017, Shikanoko. Je ne l’avais pas commencé et il y avait déjà 90 personnages. HELP.

Autre exemple : est-il nécessaire de nommer les parents du protagoniste autrement que « Maman » et « Papa », s’ils ne sortent pas de leur rôle de mère et père de tout le roman ? Sans doute pas. Si, en revanche, une intrigue parallèle se développe où Maman a un amant, il faudra sans doute qu’elle ait aussi un prénom. Sauf si l’amant aime l’appeler Maman, mais ça ne nous regarde pas, et on s’égare.

Reprenons dans l’ordre ce que nous allons aborder dans cet article :

  • I. Les questions à se poser avant de nommer ses personnages
  • II. Le critère indispensable pour bien nommer ses personnages
  • III. Les critères bonus pour vraiment bien nommer ses personnages (paraîtra dans l’article suivant)

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Ce personnage au nom parfait #2. Renesmée

Bienvenue dans l’épisode 2 de « Ce personnage au nom parfait ». Je vais vous parler de Renesmée, cette fillette de Twilight dont le nom est aussi frapadingue qu’il est génial.

-Bienvenue dans ce groupe "Je n'ai pas la tête de mon prénom", comment t'appelles-tu, mon petit ange ? -REUNESMÉ <3 -Ok assieds-toi.

-Bienvenue dans ce groupe « Je n’ai pas la tête de mon prénom », comment t’appelles-tu, mon petit ange ?
-RREUNESSMÉ ❤
-Ok assieds-toi.

Twilight ?  Renesmée ? Je vois d’ici vos sourcils se hausser si haut qu’ils en disparaissent sous vos cheveux, aussi, établissons deux petites choses :

  1. Je ne recommande pas l’usage de ce prénom. Jamais. Il n’y a d’excuse d’aucune sorte dans aucun plan dimensionnel de la galaxie. Il est affreux.
  2. Dans son contexte, il est par-fait.

Êtes-vous curieux ?

eyebrows2 Lire la suite

TOP 7 des prénoms aux significations les plus pourries (et leur usage en littérature)

Cet article est une introduction fun aux prochains de la thématique des noms dans la littérature, qui traiteront de grandes questions comme :

  • Comment choisir les noms de ses personnages ?
  • C’est quoi un bon nom de méchant ?
J'en connais qui me guettent au tournant.

J’en connais qui me guettent au tournant.

En guise de mise en bouche, je vous propose une petite sélection maison de prénoms à la signification vraiment nulle.

Après avoir écrit ça il m’apparaît important de signaler que :

  1. cela ne signifie pas que ces prénoms sont nuls, juste qu’ils renvoient à quelque chose de pas hyper jouasse ;
  2. une signification négative ça peut être quelque chose d’intéressant à rechercher en fiction (gros clin d’œil en direction des bad guys dans le fond de la salle) ;
  3. si vous portez l’un de ces prénoms rassurez-vous, d’après mes calculs vous avez plus de chances d’être frappés par la foudre que de croiser quelqu’un en soirée qui vous en fera l’étymologie (sauf si bien sûr vous allez aux mêmes soirées que moi).

#quand j’entends un nouveau prénom

C’est parti pour le…

TOP 7 des prénoms à la signification pourrie
(Et leur usage en littérature) Lire la suite

Found in translation — L’adaptation des noms dans la littérature jeunesse

Il y a quelques temps je vous ai annoncé l’ouverture de la catégorie Les noms dans la littérature. Me revoilà !

L’adaptation des noms est une question récurrente en littérature. Est-ce que le vrai nom du personnage, c’est Severus Snape ou Severus Rogue ? On a vu des fans s’écharper pour moins que ça. Les espagnols ont choisi de garder tout le vocabulaire anglophone, le Snape, les muggles et tout ; ont-ils eu raison ?

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Débat inutile, on est d’accord : son vrai nom, c’est Snivellus.

Dans quels cas est-il judicieux d’adapter un nom ? Que faut-il prendre en compte, au juste ? À la première question, pas de réponse absolue, à la seconde, plusieurs pistes :

  1. Le lectorat visé
  2. L’intention de l’auteur
  3. Le charme de la V.O.
  4. Les habitudes du genre littéraire

Changer un nom n’est pas une question anodine, puisqu’un nom trimballe avec lui la culture du pays dont il est issu, et aussi des morceaux de l’univers du livre, qu’il sublime. L’adapter peut s’avérer un infernal casse-tête, voire une vraie mauvaise idée. La question de l’adaptation doit se faire en considération de la nature de l’ouvrage, du lectorat visé, et de sa compréhension du texte. Lire la suite