Les petites reines, de Clémentine Beauvais (2015)

La petite reine, c’est le joli titre de la bicyclette. Mais aussi, désormais, celui de la brillante Clémentine Beauvais. Pourquoi ? Parce que son dernier roman déchire. Drôlissime et percutant, positif sans jamais s’engloutir dans le niais, et superbement emballé dans une couverture ultra-efficace par des gens bien de chez Sarbacane, ce livre est une fine bulle de champagne.

Clémentine Beauvais-la-petite-reine, aussi, sarbacane les petites reines au cinémaparce que sa dernière œuvre a été achetée pour le cinéma. Consécration ! En ces temps d’étonnante consommation littéraire jumelée au box-office, une adaptation cinématographique, c’est un carton de librairie quasi assuré. Alors, hourra, mille fois hourra, pour ce délicieux petit roman inattendu, qui m’a fait rire comme une enfant, et pendant la lecture duquel je me suis sentie tour à tour femme et adolescente, avec un ultime bonheur. Lire la suite

Sweet sixteen, d’Annelise Heurtier (2013)

Un livre qui se traverse d’une traite, et réussit le pari subtil de concocter, sur un sujet dur (et brûlant*), une narration équilibrée qui ne soit ni trop sombre, ni trop propre. Car ce sont là les deux écueils d’un sujet comme la fin de la ségrégation aux USA dans les années 50 : de se vouloir trop honnête et de ne devenir qu’un conte cru et cruel, violent dans les luttes et les espoirs qu’il dépeindrait. Ou bien, à l’autre extrémité du spectre, de se montrer trop bien-pensant et donner naissance à une histoire lisse et convenue, entendue mille fois, qui caresserait les blancs dans le sens du poil**. sweet sixteen annelise heurtier

Les sweet sixteen, ce sont les seize ans d’une jeune américaine, souvent une superbe fête, attendue avec impatience, qui symbolise le passage à l’âge de femme. Et à quinze ans, nos héroïnes ne devraient rien avoir de plus grave en tête que l’organisation de leurs sweet sixteen. Sauf que. Lire la suite