Comment bien nommer ses personnages ? (1/3)

Comment choisir les noms de ses personnages ?

Hé bien, aux dés, par exemple.

Commençons en effet par établir une chose : l’importance à accorder aux noms des personnages est variable.

Par exemple, si votre personnage secondaire de boulangère (qui apparaît durant deux paragraphes de votre roman de 300 pages et se contente de franchir une porte et tendre la monnaie) n’a pas un nom dont l’étymologie signifie « pain », « porte », « marchande » ou « monnaie », concrètement…

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Oui, c’est moi qui dit ça, l’obsessionnelle de l’étymologie.

D’ailleurs, si elle n’a pas de nom, ce n’est pas grave non plus. C’est même mieux.

Car avant de se demander comment les nommer, on ferait bien de se demander SI il faut les nommer, nos bonshommes. Et souvent, la réponse est non.

Lire, ce n’est pas facile. Et on n’arrive déjà pas à mémoriser les noms de tous nos collègues

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Même s’ils sont au nombre exubérant de 4. En se comptant soi-même.

…alors cher écrivain, ne nous ajoute pas des noms à mémoriser pour des personnages dont on n’a strictement rien à secouer. Fais un tri drastique. Sois sans pitié.

Il faut à tout prix éviter ÇA :

Le nouveau Lian Hearn qui sort en Janvier 2017. J'ai pas commencé et y a déjà 90 personnages. HELP.

#PERSONNAGES

C’est le nouveau Lian Hearn qui sort en Janvier 2017, Shikanoko. Je ne l’avais pas commencé et il y avait déjà 90 personnages. HELP.

Autre exemple : est-il nécessaire de nommer les parents du protagoniste autrement que « Maman » et « Papa », s’ils ne sortent pas de leur rôle de mère et père de tout le roman ? Sans doute pas. Si, en revanche, une intrigue parallèle se développe où Maman a un amant, il faudra sans doute qu’elle ait aussi un prénom. Sauf si l’amant aime l’appeler Maman, mais ça ne nous regarde pas, et on s’égare.

Reprenons dans l’ordre ce que nous allons aborder dans cet article :

  • I. Les questions à se poser avant de nommer ses personnages
  • II. Le critère indispensable pour bien nommer ses personnages
  • III. Les critères bonus pour vraiment bien nommer ses personnages (paraîtra dans l’article suivant)

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Nanowrimo : le défi d’écriture que tu ne peux pas perdre

Note : Cet article a été écrit en octobre 2016, mais je le rediffuse cette année ! Tout est toujours parfaitement d’actualité.

Connaissez-vous le Nanowrimo ? Si oui, c’est le moment de vous inscrire pour la session 2016 et de commencer à sérieusement pitcher votre projet de novembre.

Sinon ? Venez par là, mes loulous.

Cet article s’adresse aux écrivaillons de tous bords, aux passionnés de lecture qui ont un jour (ou tous les jours) rêvé de donner naissance à leur propre histoire, ceux qui ont des textes un peu partout dans leurs tiroirs. Ceux qui ne finissent jamais rien, ou sont trop timides pour donner sa chance à leur roman. (Mais qui y croient, et se mettent parfois à leur poste d’écriture, semi déterminés, semi terrifiés. Vais-je y arriver ?)

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Vous, oui, vous. Écrivains à la manque. Imbéciles heureux. Venez dans mes bras. Unis, nous serons plus forts.

Faîtes le NANOWRIMO.

Qu’est-ce que ce truc barbare ?

C’est le National Novel Writing Month !

Illustration originale de Grace Easton

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Found in translation — L’adaptation des noms dans la littérature jeunesse

Il y a quelques temps je vous ai annoncé l’ouverture de la catégorie Les noms dans la littérature. Me revoilà !

L’adaptation des noms est une question récurrente en littérature. Est-ce que le vrai nom du personnage, c’est Severus Snape ou Severus Rogue ? On a vu des fans s’écharper pour moins que ça. Les espagnols ont choisi de garder tout le vocabulaire anglophone, le Snape, les muggles et tout ; ont-ils eu raison ?

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Débat inutile, on est d’accord : son vrai nom, c’est Snivellus.

Dans quels cas est-il judicieux d’adapter un nom ? Que faut-il prendre en compte, au juste ? À la première question, pas de réponse absolue, à la seconde, plusieurs pistes :

  1. Le lectorat visé
  2. L’intention de l’auteur
  3. Le charme de la V.O.
  4. Les habitudes du genre littéraire

Changer un nom n’est pas une question anodine, puisqu’un nom trimballe avec lui la culture du pays dont il est issu, et aussi des morceaux de l’univers du livre, qu’il sublime. L’adapter peut s’avérer un infernal casse-tête, voire une vraie mauvaise idée. La question de l’adaptation doit se faire en considération de la nature de l’ouvrage, du lectorat visé, et de sa compréhension du texte. Lire la suite

Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte, d’Annet Huizing (2014)

Voici l’histoire d’une ado qui, à travers l’écriture, part à la recherche de son identité. Plus qu’une histoire de vie, c’est une douce poésie que je tiens entre les mains.

comment j'ai écrit un roman s'en m'en rendre compteKatinka a treize ans. Elle aime l’athlétisme et vit avec son père et son petit frère à Hilversum, aux Pays-Bas. Ah, et Katinka rêve de devenir écrivain, comme sa voisine, Lidwine. Pour s’habituer à écrire, cette dernière lui conseille de commencer par raconter sa vie, comme dans un journal intime. Et ça tombe plutôt bien, car Katinka a besoin de se confier à quelqu’un depuis que la belle Dirkje est entrée dans sa vie de famille. Ce chamboulement va la mener à une flopée de questionnements et de doutes. Treize ans, c’est pas facile quand on n’a plus de maman. Lire la suite

Entretien avec Caroline Solé

Pour mon premier coup de cœur de 2016, évidemment que j’allais m’empresser d’aller embêter son auteur. C’est ainsi qu’Allez vous faire lire accueille la lunaire poétesse Caroline Solé, auteur de La pyramide des besoins humains chez L’École des Loisirs (2015), qui a gentiment accepté de se prêter au jeu.

entretien caroline sole lupiot allez vous faire lire bannierePhoto-CarolineSole

Elle se présente elle-même ainsi :

« Née à la fin du XXe siècle, sous un climat tempéré. Bonne constitution. Mauvaise mémoire. Enfance au clair de lune. Adolescence troublée. Texture : papier. Voyage : intérieur.
Des origines aux antipodes (Calais – Le Caire), escapades londoniennes, vie parisienne dans différents écosystèmes (université, mairie, journalisme). »

… et maintenant, littérature jeunesse ! Dans laquelle nous allons aussitôt nous plonger, car nous allons parler de votre premier (et magnifique) roman :

la pyramide des besoins humains allez vous faire lire banniere Lire la suite

Quand on trouve que c’est bien écrit, mais mal fait

J’avais prévu de publier une chronique sur Quelqu’un qu’on aime, de Séverine Vidal (quelqu’un que j’aime plutôt), paru chez Sarbacane (un maison d’édition que j’aime aussi) cette année 2015. Mais j’étais tarabistouillée car, ce roman… il m’a déplu. Il m’a déplu alors qu’il reçoit les louanges de plein de lecteurs intéressants et intelligents. Alors forcément, me voilà tarabistouillée. (Vous me direz « les goûts et les couleurs » : oui, évidemment. Mais…) Je trouvais qu’il y avait des problèmes techniques, dans ce road-movie plein d’amour. Du coup, j’ai laissé mijoté ce roman sur ma table de chevet en attendant de savoir qu’en faire.

quelqu'un qu'on aime séverine vidal sarbacane

Un roman qu’on n’a pas tellement aimé : chroniquer, ne pas chroniquer ? Je trouve généralement plus enrichissant de partager ses bonnes découvertes. Par ailleurs, Quelqu’un qu’on aime est loin d’être assez mauvais pour que j’estime nécessaire de venir lui boxer le menton en faisant entendre ma voix dissidente*. Alors : ne pas chroniquer ? Lire la suite