Instagram, viens-y donc : c’est là qu’on lit

Petit article complètement utilitaire, donc un peu décevant ne nous le cachons pas, je m’amuse plusse quand je te parle de livres, mais j’ai le sentiment profond, la viscérale sensation, qu’un petit mot est nécessaire sur…

Plein de gens me disent encore « Boah… je vois pas l’intérêt » (d’y aller), à quoi je réponds, mais HOSANNA, cuisine donc ta tarte aux quetsches *sans* la prendre en photo pour tes réseaux, passant ainsi du temps de qualité loin des écrans.

MAIS.

Mais, parmi ces gens qui ne voient pas l’intérêt, des gens très bien, parfois même (sert son cœur entre ses griffes) des amis, il y a des passionnés de littérature, des amateurs de blogs littéraires — et LÀ, , il me semble impératif de mettre les points sur les zi.

INSTAGRAM EST FAIT POUR TOI !Impossible cornichon fermenté.

Laisse-moi t’éclairer.

Si tu es avide et gourmand·e de critique et échanges littéraires fréquents : en 2020, il n’est vraiment plus l’heure de tergiverser, faut t’y mettre. Même si tu n’as pas envie, toi-même, de publier des photos, ou de proposer du contenu. C’est comme Facebook, tu peux te contenter de scroller anonymement, tel un petit espion ricanant. Sauf que Facebook est moribond et déserté, qu’il n’y plus que des vidéos de BRUT et des publicités : narmol, tout le monde s’est déplacé.

Sur Instagram.

Spécifiquement, le milieu du livre, la blogosphère, les éditeurs, sont désormais, en grande majorité, bien plus actifs là-bas. D’autres domaines, comme la critique de cinéma et de jeux-vidéos, les enjeux de société, la vulgarisation culturelle, ont davantage fait leur nid sur Youtube… mais le Livre, lui, semble avoir trouvé sa place sur insta.

Comme cet écureuil sur cette branche.
Regarde comme il a l’air bien aise.

Note : je suis loin d’être une pro des réseaux, je suis même une nouille technologique patentée. Vous êtes comme toujours (dans la vie en général et sur ce blog en particulier) invités à vous forger votre propre opinion.

Pour quelles raisons le livre s’est-il déplacé sur insta ?

(Plein, sans doute.) Quelques pistes :

1) LE FORMAT

C’est plutôt un bon format pour le livre : une photo (le livre) + un texte (court ou long) qui peut être critique ou promotionnel + une section commentaires qui permet l’échange dans une plus grande instantanéité que sur les blogs.

Ici exemple de moi recommandant un roman jeunesse crackinou avec potentiel de chialade, publié par un petit éditeur méconnu qui s’appelle L’École des Loisirs ; à suivre.

2) LE TEMPS D’UTILISATION

Les posts instagram (taille + mise en page) prennent moins de temps à rédiger que les articles de blogs, et évidemment moins de temps à monter que les vidéos YouTube ; côté abonné, il est très agréable de scroller et se laisser « attraper » par une photo et les premiers mots d’un post, avant de choisir si oui ou non l’on va dérouler le texte et en lire l’intégralité.

3) LE MILIEU DU LIVRE ASSEZ FÉMININ

Autre raison qui a pu jouer dans le déplacement de la critique littéraire sur insta… Le livre est traditionnellement un domaine culturel assez féminin (plus de blogueuses que de blogueurs, et même plus de lectrices que de lecteurs, etc.), et Instagram était initialement surtout alimenté par des utilisatrices ; je te laisse additionner a+b et comprendre le glissement qui s’est opéré.

4) L’ÉCHANGE BIENVEILLANT

La recommandation de lecture est une démarche de partage positive, généreuse, bienveillante, or, s’il y a bien trois adjectifs qui qualifient Instagram, ce sont ceux-là. RESTE UN INSTANT.

Je m’adresse à toi, petit gnome grinçant qui fuis les paillettes et les licornes et sens monter les miasmes de l’indigestion à une énième utilisation du mot « bienveillant ».

Je te comprends. Néanmoins, reste un instant.

Les réseaux sont globalement assez toxiques pour la santé, par le temps ce cerveau qu’ils dévorent, l’étrange pouvoir hypnotique qu’ils ont sur nous (si toi aussi tu phases au bord de ton lit à 7h du matin en scrollant tes notifs, c’est donc que nous entrons chaque matin en fusion cosmique, ton corps et le mien), toutes choses auxquelles on ne peut pas faire grand-chose sinon apprendre soi-même à les gérer, en se limitant comme on limite sa consommation de sucre, etc., je m’arrête là. Non, ce que je voulais dire, c’est que si les réseaux sont certes toxiques par essence, ils le sont aussi par les rapports humains désincarnés et extrêmement agressifs qu’ils entraînent inexplicablement. Or,
OR,
OR,
Contrairement à Twitter qui est plein de haters,
Instagram est plein de love.

Pourquoi, comment, par quel miracle ? Quelques pistes, ici aussi :

1) LE CONCEPT MÊME DU RÉSEAU-PHOTO

Instagram est un réseau essentiellement visuel. Les post s’articulent autour d’une photo, ce qui, en toute logique, invite à poster de belles choses (beaux paysages, visages, plats, graffitis, décors, que sais-je), ce qui par suite, entraîne la réaction suivante :

« Wahou ❤ »

2) L’UX DESIGN DE LA PLATEFORME

La première façon d’interagir sur instagram est d’aimer un post. En mettant un cœur. C’est la seule réaction possible. Tu mets rien ou tu mets un cœur. Ce qui me rappelle cette citation de Panpan dans Bambi :

« Si tu n’es pas capable de dire un mot gentil, tu ne dis rien du tout. » (VF de ma VHS)

Une philosophie selon laquelle, putain de merde, davantage de personnes feraient bien de vivre. (Je suis un peu poète.) (Ici tu penses à ce quidam de ton entourage qui ne fait jamais jamais jamais que des remarques négatives et te donne envie de décoller pour Mars au bout de cinq minutes de conversation.)

Évidemment,
L’idée n’est pas de :
se dire uniquement des mots positifs. (= Finir par être complètement faux.)
L’idée est de : NE PAS se dire que des mots négatifs. (= Commencer par s’encourager.)

Je ne sais pas toi mais je trouve ça reposant ?

3) L’INCIDENCE DES RAPPORTS FÉMININS (?)

C’est, nous le disions, un réseau qui est (encore, malgré ses évolutions) majoritairement féminin. (Clique pour les stats.) (Contrairement à Twitter qui est majoritairement masculin. (Idem)) Or, je voudrais pas dire des bêtises plus grosses que moi mais je vais quand même me permettre une énorme approximation : culturellement, en occident, les femmes ont plus facilement tendance à se complimenter mutuellement.

(La compétitivité toxique existe aussi au féminin, HEIN. C’est une autre question.)

Ceci, allié à tout ce qui précède, a donné naissance à un réseau où l’on se dit :
« ❤ Wahou ! Tu assures grave, j’adore comment tu as (etc.). »
davantage que :
« Haha j’hallucine, la meuf elle c prise pour une (etc.) ».

Je t’invite donc, toi passionné de livres, à venir explorer Instagram, pour la triple raison que :

  1. C’est là que sévit le milieu du livre,
  2. C’est un réseau globalement incroyablement cool et amical,
  3. C’est là que je publie principalement désormais.

OUI, MOI, TON SOLEIL.

Et comme ce freaky Tubby Sun, je te hanterai pour toujours.

Tu l’auras remarqué, je publie moins régulièrement ici. Je ne compte pas arrêter, mais je vais réserver le blog aux articles longs (analytiques, transversaux… et Tops !! Nombreux tops à venir). Si tu veux suivre mes critiques de livres au fil de l’eau, plus brèves et tout aussi stupides… c’est là que ça se passe :

@juliathevenot
(Julia Thévenot)

Vous pouvez même trouver, en story permanente, un Top 25 de mes romans jeunesse préférés de la décennie 2010-2019.

omg encore un top elle veut tuer mon compte en banque maparol arrêtez cet individu dangereux svp

Par ailleurs, je dis ça pour les 3 déséquilibrés dans le fond de la salle que ça intéresserait, je tiens également un compte sur les prénoms issus de la littérature, (avec, en légende photo, des explications historico-étymologiques d’obsessionnelle sous ecsta) :

 

Dans le même temps, parce qu’on est clairement là pour ça (démarche de partage positive, généreuse, bienveillante etc. — non, le gnome atrabilaire, ne repars pas !), je te recommande quelques blogs de lecteur·ices que j’apprécie tout plein :

(Je t’en mets pas trop pour pas te noyer mais voilà de quoi démarrer du bon pied.)

Tu peux également suivre les comptes de tes auteurs, illustrateurs et éditeurs préférés. (Elle est pas belle, la vie ??) Ainsi que découvrir d’autres « pans » d’Instagram comme la tendance illustration, lifestyle, famille, déco, meme, humour, poésie, sport, mode, ETC., tout y est, il te suffit pour cela d’explorer des hashtags par mots-clés*, tu trouveras vite tes repères…

… et de nouvelles personnes formidables auxquelles t’abonner pour passer,
mais oui,
mais SI,
du temps culturel de qualité
.
(Je te laisse gérer tes cernes et ton équilibre social comme un·e grand·e.)

*

En somme, pour répondre de façon éloquente au « Boah… j’vois pas l’intérêt. » de mes amis… L’intérêt ?

DES PHOTOS DE LIVRES. DES CRITIQUES DES LIVRES.
DES IDÉES DE LIVRES. DES LIVRES DE LIVRES. DES LIVRES.

D E S  L I V R E S.

That’s l’intérêt, darling.

Et il me semblait nécessaire, pour toi qui aimes la critique littéraire et n’es pas encore sur Insta, de t’informer qu’il existe une société secrète, tel un Chemin de Traverse tout spécialement pour toi, où trouver ce qui concerne ta race attachante et singulière de petit sorcier littéraire. 

Cheers,
Julia

Lupiot Allez Vous Faire Lire

PS : Je suis consciente que j’enfonce les portes ouvertes pour la majorité d’entre vous. Néanmoins, pour le bénéfice du retardataire distrait au fond de la classe… je propose ce petit topo de dernière minute avant le devoir surprise. Bisou le cancre.

* Quelques hashtags qui reviennent fréquemment dans le milieu du livre qui nous intéresse particulièrement toizémoi : #instabook #instalivre #livrestagram #bookstagram #bookaddict #littératurejeunesse #litterature …

9 réflexions sur “Instagram, viens-y donc : c’est là qu’on lit

  1. Je m’y inscrite mais je me suis fait piraté au bout d’un mois et ça arrive régulièrement. Je ne parle même pas de ceux qui m’envoient un mail (souvent en anglais) pour me dire « je te suis si tu me suis ». Qu’est-ce que ça m’énerve. Surtout que je me fiche de tout ce qui est beauté et autre.
    Donc je n’est pas trop envie d’y retourner même si je suis consciente que beaucoup y vont.

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    • Haaaan c’est quand même pas de chance ton histoire !!
      Les spams de « je te suis tu me suis » etc on n’en reçoit vraiment qu’au début, quand on a un compte vide. J’en ai jamais reçu depuis.
      Tu verras bien si tu as envie de retenter un jour 😉

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  2. Bon c’est moi la retardataire discrète… Tu peux être heureuse, ton article a convaincu, ce qu’aucun de mes proches n’avaient réussi à faire jusqu’ici ! Pas sûre d’arriver à y être active, je ne suis plus active nulle part, mais la promesse de livres, livres, livres… on ne peut que céder… Merci quand même !

    Aimé par 1 personne

    • VICTOIRE ! 😀 😀 😀
      Franchement abonne-toi à des gens dont tu aimes les lectures sans même publier quoi que ce soit, rien que ça c’est de l’or en termes de recommandations, je passe ma vie à découvrir des livres auxquels je n’aurais pas pensé.

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  3. Je trouve Instagram sympa, mais je ne trouve pas que c’est un réseau adapté pour des chroniques développées, ce que je recherche avant tout. Je regrette aussi une certaine professionnalisation des comptes qui me donnent plus l’impression d’avoir affaire à des professionnels du livre qu’à des blogueurs ou autres passionnés. D’ailleurs, je ne sais pas comment fonctionne Instagram, mais pour un post de bookstagramer, j’ai au moins deux/trois posts de maisons d’édition et de posts sponsorisés…
    Néanmoins, je te rejoins sur la bienveillance du réseau qui fait sacrément du bien quand je vois une polémique à chaque fois que j’ouvre Twitter et des partages sauvages quand je m’aventure sur Facebook. Pas de drame, juste de la gentillesse…si chaque réseau pouvait prendre exemple., ça serait génial.
    Bref, pour des chroniques développées (que je sais bien en désuétude), je reste fidèle aux blogs, pour
    de la positivité et la découverte rapide de livres, Instagram me plaît bien même si j’aimerais peut-être parfois des photos moins léchées, mais un peu plus de spontanéité et d’instantanéité.

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    • Je suis 100% d’accord avec toi. La critique détaillée, construite, plus « journalistique », ou tout simplement plus illustrée, qui prend son temps… ne trouve pas sa place sur instagram. Le support des blog est bien plus adapté. Mais les critiques plus brève du réseau social offrent un espace intéressant à investir aussi – et personnellement ça me permet d’y publier des critiques parfois complexes et nuancées mais beaucoup plus efficaces. Je n’avais plus l’envie ni le temps de me prêter à cet exercice sur le net, sachant que ça me prenait 6h minimum par article (KILL ME NOW). Donc les deux supports se complètent, pour moi ! (Parfois t’as pas non plus le courage de lire une critique interminable, pour être honnête…)

      Côté pub : y en a beaucoup trop sur insta, c’est LE pb pour moi. C’est une 1/3 en story et 1/4 en post, je crois ? Au secours… (Je trouve ça particulièrement insupportable en story parce que je supporte pas les images qui bougent quand c’est des pubs xD. Je trouve ça beaucoup plus agressif. Est-ce signe que je suis vieille ? Probablement.).

      Bref : y a du bon et du moins bon. Mais j’ai pris mon partis des petits soucis car j’adore le reste.

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  4. En soi, ça a l’air bien et tout, mais pas encore le sursaut qui me ferait m’y mettre. Bon, je me suis inscrite sur FB presque dix ans après tout le monde donc voilà. Et j’ai pas envie de passer chaque fois d’une plateforme à l’autre parce que chaque fois les gens se déplacent^^ On verra bien si j’ai un sursaut un jour, mais pas spécialement envie pour le moment.

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    • Faut pas forcer le truc 😉
      Haha le souci de se mettre à quel réseau que ce soit 10 ans après tout le monde c’est justement que c’est le moment où il n’a plus vraiment l’intérêt qu’il avait au début, qu’il est moins dynamique, s’est déjà encrassé dans ses défauts particuliers, etc., et que d’autres réseaux plus intéressants sont en train de connaître leur heure de gloire. Donc à ce rythme-là tu ne seras jamais satisfaite !! Mais peut-être aussi que ce n’est tout simplement pas pour toi et que tu n’en as strictement rien à cirer, auquel cas, comme je disais, hosanna ❤

      Aimé par 1 personne

  5. J’aime beaucoup le concept de ton compte dédié aux prénoms dans la littérature ! Comme j’ai toujours un peu de mal à trouver des prénoms à mes personnages j’espère y puiser de l’inspiration 🙂 . Sinon je suis assez fan de la communauté littéraire sur Insta. Comme tu le dis l’ambiance est positive, et je trouve le principe des photos idéal pour représenter les livres et leur univers avec créativité.

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