Ma mère, le crabe, et moi, d’Anne Percin (2015)

Voilà une super découverte, qui ne partait pas gagnante, et que je suis RAVIE d’avoir faite.

ma mère le crabe et moi anne percin le rouergueMa mère, le crabe, et moi, d’Anne Percin, raconte à la première personne l’histoire d’une adolescente qui vit seule avec sa mère, à partir du moment où celle-ci se voit diagnostiquer un cancer. Pourquoi cela ne partait pas vraiment gagnant ? Sans doute un peu car je commence à en avoir soupé de la « sick-litt » (horrible, horrible expression) qui peut produire le meilleur comme le pire, et aussi car je craignais que le ton humoristique me hérisse le poil.

Hé bien c’est une merveille. La narratrice, Tania, est une ado comme toutes les autres, c’est-à-dire à la fois commune et terriblement singulière. C’est une mordue de loups garous, qui tient un blog d’inspiration goth. C’est une anti-sport de la première heure, jamais à court d’excuses pour ne pas courir dans le froid. C’est une jeune fille à la fois brillante et nulle, une personne capable des répliques les plus acerbes et de rougir au quart-de-tour quand elle est sous le feu des projecteurs. what kind of girl i am junoUne ado dans laquelle on se retrouve assez bien, je crois. Sa caractérisation est plutôt pointue, et Anne Percin réussit à nous la rendre attachante très vite.

Ce qui va venir bouleverser le quotidien collégien de Tania, c’est le cancer de sa mère. Sa mère qui l’agace. Sa mère qui est trop mythomane, trop victime, trop courageuse, trop fière, sa mère qui joue trop la maman parfaite. Et pourtant, face à ce sale crabe pourri, face à la bienveillance étouffante de leur entourage, face au mystère des médecins, face à la lointaine gentillesse un peu hypocrite d’une famille recomposée, Tania et sa mère vont se rapprocher.

C’est subtil, c’est bien fait, c’est souvent d’une justesse à couper le souffle. Et puis c’est vraiment drôle.

Ma crainte initiale, celle de trouver l’humour lourd ou déplacé, ne s’est vérifiée que dans les premières pages. L’auteur peine (sans doute) à trouver son ton : Tania, sur le premier chapitre, est une parodie d’adolescente (effrontée-torturée-gourmandée). Et les seuls passages qui sonnent faux à mes oreilles sont ceux où elle évoque son blog (le début surtout).

Le reste est génial. Un roman sur la relation mère-fille extra, une ode touchante qu’il m’a fait grand bien de lire. Bien sûr, le thème n’est pas que celui-ci et, en transparence, on voit :

  1. l’amour naissant et simple d’une jeune fille pour un garçon qu’elle n’aurait pas regardé à deux fois auparavant ;

    juno cool person

    Je trouve que les gifs de Juno sont parfaitement appropriés pour cette chronique.

  2. la volonté d’une jeune femme de se prendre en main en se prouvant qu’elle peut dégommer les statistiques, même si ce ne sont que ceux du cross régional.

À lire ! Bonne pioche.

Lupiot

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Ma mère, le crabe et moi, d’Anne Percin, chez Le Rouergue, 2015, 126 pages

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