La Passe-miroir 2. Les disparus du Clairdelune, de Christelle Dabos (2015)

Nous inaugurons un nouveau style de critique débile polyphonique. (Rassurez-vous, ça devrait être sympa. Et quoi qu’il en soit, cela restera ponctuel). Avant toute chose :

#CHRONIQUE CERTIFIÉE SANS SPOILER

la passe-miroir 2 les disparus du clairdelune christelle dabos allez vous faire lireLupiot : En ce jour béni, vous avez peut-être enfin l’opportunité de tenir entre vos mains le tome 2 de la Passe-miroir. Si c’est le cas, demandez à vos parents un mot du médecin ou, si vous n’avez plus l’âge, posez un RTT. (Bunny : Toi, on voit que t’es au chômage. Aujourd’hui, c’est dimanche. Il n’y a ni école ni RTT. Mais c’est pas grave, t’es bien brave, continue.)

Lupiot : Je disais donc, avant d’être grossièrement interrompue, que ce jour saint, vous devez le consacrer à la lecture de ce livre sacré. (Bunny : Accordez-vous déjà le temps d’admirer l’objet. Les lettres dorées, l’illustration magnifique…)

Lupiot : La Passe-miroir 1 a été un coup de cœur pour nous deux (et pour environ 90% des lecteurs, selon des chiffres très précis que je sors de mon postérieur). (Bunny : Mince je voulais que tu dises des chiffres très sérieux moi, ça fait plus impressionnant.) (Lupiot : J’aurais bien aimé mais j’ai signé une clause d’honnêteté absolue, et je crains pour ma vie. C’est très sérieux, les blog litté jeunesse.)

Bunny : Bien sûr. Passons aux choses intéressantes. Même si de longs mois s’étaient écoulés depuis ma lecture du tome 1, je me suis replongée sans problème dans l’univers incroyable d’Ophélie, l’héroïne de La Passe-miroir. J’aime tout, dedans…

Lupiot : Permettez. Je vais m’occuper du résumé, puisqu’elle ne le fait pas.

résumé allez vous faire lire la passe miroir

À la fin du 1, nous quittons une Ophélie bien résolue à trouver sa place à la cour du Pôle, avec ou sans Thorn. Elle se présente ainsi, frêle mais indocile, devant l’Esprit de Famille, Farouk. Celui-ci, éternellement à côté de la plaque, mais terriblement inquiétant, ne comprend qu’à demi sa requête. Sur un malentendu, Ophélie devient Vice-Conteuse, et la voilà contrainte de jouer les Shéhérazade chaque soir devant une assemblée hostile, pendant que des événements troublants se trament dans l’ombre…

Ce tome nous fait voyager dans un monde étonnant, plus encore que le précédent. Le Pôle fourmille de mille personnages (certains que l’on retrouve, comme Archibald, le Chevalier, Bérénilde, et d’autres que l’on découvre) et de mille et unes illusions. On se délecte de l’évolution fine de la caractérisation des héros, et de celle de la relation entre nos fiancés mal assortis. Et l’on est de plus en plus intrigué par le mystère qui plane sur l’origine plus ou moins légendaire du monde brisé de la Passe-miroir. Qu’y avait-il avant la Déchirure ?

Bunny : Et puis il y a tous les délires de complots. C’est chouette, les complots.
Ainsi donc, j’aime tout :

  1. la construction de l’univers, les petites bribes dévoilées ici et là qui laissent entr’apercevoir le monde de l’auteur ;
  2. les personnages réussis et travaillés, depuis Ophélie, Thorn, Farouk jusqu’à Archibald, Berenilde, Gaëlle ou la Rapporteuse ;
  3. l’intrigue ! Passionnante, qui semble partir dans tous les sens, mais qui, lentement, prend tout son sens.

Lupiot : Amen ! Ce livre est d’une richesse incroyable : on a, pendant les deux-tiers, l’impression de ne pas savoir où ça mène, tout en appréciant le voyage. Puis, au bout d’un certain temps… on est bluffé par les détails passés qui trouvent soudain leur importance. C’est extrêmement bien articulé et complet.

plot twist sherlock

Bunny : Ok, et je trouve la relation entre Ophélie et Thorn très réussie aussi. J’aime beaucoup Thorn. (Lupiot : Oui. Dans le genre maniaque et glacial, mais touchant néanmoins. Je me demande s’il lui arrive de sourire.) (Bunny : Oui, une fois.)

Bunny : L’écriture, enfin. Une vraie voix d’auteur.

books pride and prejudice book love gif

Lupiot : C’est parfait, donc ?

Bunny : Le seul « moins » que j’ai trouvé à ce roman, c’est la partie « bribe de souvenir » qui finit toujours par Scelle tes charmes. J’ai compris pourquoi elle avait mis ça comme ça (niveau narration, pas facile à mettre en place) mais j’ai pas aimé la coupure dans le récit. Ça me faisait penser aux extraits de textes dans l’Assassin Royal en début de chapitre. Tu sais que ça peut être important pour la suite, mais t’as pas envie de les lire quand même. 

Lupiot : Moi j’aime bien quand on parle de choses bizarres qui n’ont aucun rapport avec le boudin. (Et qui nous font crier « Eurêka ! » à la fin) Mais je reconnais que ces passages nous coupaient dans notre élan de lecteur affamé. D’ailleurs c’est régulièrement là que je faisais ma pause thé.

Scelle tes charmes, scelle tes charmes... Mais qu'est-ce que ça veut dire ? ...ça m'énerve...

Scelle tes charmes, scelle tes charmes… Mais qu’est-ce que ça veut dire ? …ça m’énerve…

Bunny : Pour le mot de la fin, je dirai que c’est vraiment un gros coup de cœur, et je crois bien que j’ai même préféré le tome 2 au premier. Courez le lire, ça m’étonnerait franchement que vous soyez déçus.

Lupiot : C’est, pour moi aussi, le gros coup de cœur de l’année. (Et pourtant, je suis à 135 à mon compteur de lectures) Je vous encourage également à vous laisser emporter jusqu’au Pôle, son Clairdelune et ses illusions…
Et, pour donner envie aux lecteurs du volume précédent… l‘écharpe en vient aux mains.

Lupiot & Bunny : Bonne lecture !

Lupiot Allez Vous Faire LireBunny Contributrice Allez Vous Faire Lire

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8 réflexions sur “La Passe-miroir 2. Les disparus du Clairdelune, de Christelle Dabos (2015)

  1. Il me semble difficile d’être déçu par une aussi belle lecture 🙂
    (Pour te donner une idée : j’ai lu le tome 2 avant le tome 1 (puis, j’ai relu les 2 dans l’ordre) et malgré cela, j’ai été plongée avec délice dans l’univers et j’ai adoré La Passe-miroir, dès ma première lecture. C’est dire si c’est réussi !)
    Hâte de connaître ton avis :p

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    • Remise de tes émotions ?… ❤
      Demain aprem, je publie uns article "Si vous avez aimé… La Passe-miroir" avec une liste thématique de recommandations de lectures. J'espère que tu me diras ce que tu en penses, et si ça t'inspire ! *w*

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  2. Oui, ça y est, je me suis enfin remise de mes émotions ! (Et peut-être avec un peu plus de recul aussi).

    Ce livre est monstrueux. Vous avez raison, tout est super : l’univers, les personnages, l’intrigue, l’écriture… c’était génial !

    SPOILER ! SPOILER ! Ne pas lire avant d’avoir terminé l’intégralité du livre ! SPOILER ! SPOILER !
    (J’essaye d’être la plus évasive possible dans mes propos mais je dévoile forcément des choses qui gâcheront la surprise à certains !)

    Avant de commencer le roman, j’avais peur d’une chose : je craignais que l’intrigue des « Disparus du Clairdelune » vienne entraver l’histoire principale avec une seconde intrigue mystérique. Mais j’ai été agréablement surprise d’apprendre que tout est lié, tout est connecté à un seul ennemi : les « disparitions » sont logiques, bien employées et parfaitement mises en relation avec le Grand Méchant de l’histoire.

    L’enjeu de la saga se dessine, je pense qu’on a enfin abordé le cœur du sujet. Le livre 1 se concluait après avoir eu connaissance de la véritable raison du mariage des deux fiancés uniquement. Le livre 2 est un peu plus ambitieux en ce qui concerne la fin : le tome se termine sur la découverte du coupable de l’énigme des disparus de Clairdelune ; mais aussi sur la révélation de vraies intentions de Thorn ; et surtout sur l’apparition, et la mention, des vrais Grands ennemis de l’histoire de la saga, les ‘marionnettistes’ : D*** et A****

    Je trouve que dans le 1er livre la présence féminine était très forte (avec Roseline et Berenilde) alors que pour le 2ème c’est plutôt la présence masculine qui domine (Thorn ; Farouk ; Archibald). J’ai remarqué qu’Ophélie a un peu changé : la dureté du Pôle la rendue plus forte, la jeune fille prend des initiatives, elle s’affirme un peu plus. Il y a aussi plus d’action dans ce livre.
    Les Disparus du Clairdelune n’est pas vraiment un grand chamboulement par rapport à son prédécesseur : l’action est la suite directe, on est toujours au Pôle, les personnages ont gardé la même situation sociale, excepté Ophélie qui, au lieu d’être maintenu dans l’ombre, est publiquement reconnu comme étant la fiancée de l’Intendant. En revanche, vu comment s’est déroulé la fin du tome 2, le livre 3 promet d’être très différent des deux autres !

    Je dois dire que dans ce roman j’accorde une affection particulaire pour Archibald. C’est un personnage que j’appréciais avec sa sincérité absolue dans le premier opus, mais sans plus ; il m’a ému dans le second roman. On nous montre une seconde nature insoupçonnée du personnage, principalement quand Ophélie lie ses pensées intimes à travers son lit. Et ce qui lui est arrivé par rapport à son clan est terrible : je le trouve un peu touchant après cela. Si l’auteur ne délaisse pas Archibald, je pense que ça sera un personnage très intéressent à suivre.

    Pour ce qui est de la relation entre Ophélie et Thorn, on se doutait tous des sentiments que M. l’Intendant portait à la jeune fille, en revanche j’ai été réellement surprise du côté d’Ophélie. Je ne m’attendais pas à ce que « ça » arrive aussi vite (à la fin du 1er tome Ophélie était tellement en de mauvais termes avec Thorn que je ne m’attendais pas à ce que la situation se renverse avant au moins le 3ème livre). J’ai été peut-être un peu déconcertée mais l’auteur l’a fait avec finesse et délicatesse, ça a évidemment bien marché. La fin est d’ailleurs rendue très belle avec ce jolie ‘non-dit’.

    L’identité d’Ophélie me laisse perplexe. Les réactions étranges de Farouk en sa présence et ce que D*** lui a dit me porte à croire qu’elle ne sait pas qui elle est vraiment. Son implication dans l’Histoire semble beaucoup plus grande que je ne le pensais. Et quand Thorn dit que D*** ne sera pas le seul à garder un œil sur Ophélie, la jeune fille pense qu’il parlait des Doyennes, mais après réflexion je pense qu’il faisait plutôt référence à lui-même (Va-t-il guetter Ophélie dans l’ombre et apparaitre, comme un preux chevalier, dès qu’elle sera en danger 😄 ).

    D’après le petit descriptif final Ophélie ira dans le prochain volume à « Babel » : la question que je me pose c’est est-ce que se sont les Doyennes qui vont envoyer la jeune fille vers cette destination afin de la tenir sous silence, ou est-ce un endroit qu’Ophélie ira de son propre chef pour en apprendre plus sur D***. (J’imagine cette arche avec un climat très chaud, ça fera un beau contraste avec le Pôle).

    Bien que de nombreuses réponses nous soient révélées, de nouvelles questions viennent nous torturer l’esprit. Et puis la tournure dont prend l’histoire me plaît beaucoup (les énigmes de la déchirure, l’accident dans le miroir, l’effondrement des arches, les autres Tuteurs). Bref, la suite va se faire incroyablement désirer.

    Pour moi, les Bribes ne m’ont pas dérangée. Enfin si, elles m’ont gênée parce que je ne comprenais que très peu leur signification, mais je trouvais ça cool à essayer de comprendre ^^.
    Mais il y a tout de même une chose qui m’a un peu gênée (le seul défaut que j’ai décelé) :
    Je trouve que certains passages ne sont pas assez approfondis dans la partie « la Conteuse », il y a de trop grandes ellipses à mon goût. Je m’explique avec des exemples :
    – Quand Ophélie devient vise-conteuse à la cour, il est dit que tous les soirs la jeune fille raconte une histoire à Farouk. Ca fait donc de nombreux contes. Mais Christelle Dabos ne décrit que deux fois les mésaventures d’Ophélie sur scène en discours direct et ces deux fois-là parlent d’un seul et même conte (la Poupée). J’aurai aimé plusieurs contes en discours directes. Par exemple on nous apprend en discours indirecte que la vice-conteuse a remarqué un soir que Farouk ne prêtait pas vraiment attention à ses histoires : j’aurai aimé avoir la retranscription exacte de cette scène.
    – Ophélie a beaucoup de succès à la cour, elle est invitée à de nombreuses soirées. En revanche nous n’assistons à aucunes de ces invitations. Encore une fois, j’aurai aimé avoir une ou deux scènes sur les rendez-vous mondains d’Ophélie en tant qu’invitée donneur. Son intro dans la populace de la cour est passé un peu trop vite selon moi.
    – Pour finir je trouve que le passage où Ophélie quitte la citacielle passe un peu trop vite. Après tout le temps qu’elle a passée à la citacielle, ça aurait été sympa d’avoir les impressions de la jeune fille au moment où elle quittait enfin cette citée flottante. De plus, au début du livre on nous parle souvent de la côte cassée d’Ophélie qui la fait souffrir, mais après cette ellipse on n’entend plus parler de cette fracture : ni de sa douleur persistante, ni de sa guérison. Elle a tout simplement disparue… (Je chipote un peu là, je le reconnais)
    J’ignore s’il y a eu des passages coupés mais je trouve qu’il y a trop d’ellipses dans la partie de la « Conteuse ». La compréhension de l’histoire n’est évidemment pas entravée, mais j’y vois comme un manque. (C’est peut-être un désir inconscient d’en avoir toujours plus malgré les 550 pages !) En revanche, rien à redire sur la partie de la « Liseuse ».
    Voilà c’est mon seul petit regret, sinon tout le reste est parfait !

    Enfin, pour parler du livre-objet, je n’ai pas le souvenir d’avoir lu un livre aussi riche ! Une petite banderole rouge ; un résumé du roman précédent ; un arbre généalogique ; une carte de la citacielle (très utile surtout pour la tour de Farouk) ; un message de l’auteur ; des remerciements ; la bio de Christelle Dabos et un descriptif sur la suite insupportablement avare de détails. C’est donc ça le processus d’édition !
    Comme je sais que tu as contribué à ce bel objet, félicitation Mademoiselle Lupiot !
    J’ai une petite question, le dessin de la citacielle en page 9 est de Laurent Gaspaillard, ou est-ce un croquis de Christelle Dabos ? (c’est indiqué nulle part mais tu as peut-être la réponse à ma question).

    PS : « L’écharpe en vient aux mains », Lupiot tu as dû bien rigoler, mes suppositions sur la victime étaient complètement à côté de la plaque 😄

    Aimé par 1 personne

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