#Bleue, de Florence Hinckel (2015)

Gros potentiel pour cette petite dystopie de chez Syros*. Écrit par Florence Hinckel, que je m’étais promise de revenir visiter après son très fin Scripto L’été où je suis né, #Bleue semblait très prometteur.

#bleueDans une société futuriste gentiment aseptisée, on a trouvé le moyen d’éradiquer la douleur : une petite opération et pfiout ! disparu le chagrin d’amour, disparu le traumatisme de l’accident de voiture, disparu petits et grands bobos. Ne demeure qu’un point bleu sur le poignet, témoin d’une ancienne peine…

Le pitch, assez classique en terme de dystopie**, n’en est pas moins infiniment cool. Il permet de s’interroger sur la place de la douleur émotionnelle, sur la nécessité de prendre le temps de la ressentir dans un monde toujours plus pressé. Dans quelle mesure doit-on notre bonté, notre gentillesse… notre humanité, à l’expérience de nos douleurs passées ? Si nous étions incapables de souffrir, serions-nous toujours capables d’aimer ?

Silas est amoureux d’Astrid, et quand celle-ci meurt dans un accident, ses parents veulent lui épargner pareille douleur. Silas proteste, il ne veut pas oublier… mais étant mineur, il n’a pas son mot à dire, et il est embarqué par les combinaisons jaunes de la Cellule de l’Éradition de la Douleur Émotionnelle. Lorsqu’il se réveille, son cœur ne saigne plus, et à son poignet brille la petite lumière bleue, témoin de son amour passé.

  • Les +
  1. Une belle idée intrigante ; de la SF douce-amère comme on l’aime ;
  2. Des personnages intéressants, variés et nuancés : les ados et leurs parents, les terroristes et les dociles, tous ont une vraie substance ;
  3. La structure en 2 parties : alors que l’on commence à s’inquiéter vraiment, la partie 1 s’achève sur une énorme révélation, et un long flash-back sur Astrid constitue la partie 2, où l’on en apprend beaucoup et où l’on touche, notamment, aux mouvements de résistants. Bien fichu.
  • Les –
  1. Une histoire d’amour si parfaite qu’on croirait regarder un film hollywoodien en accéléré. Vous savez, ce passage où les héros enchaînent les scènes romantiques sans dialogue, sur fond de musique romantique ? Vous visualisez ?
  2. Un côté très contemplatif, et donc… un rythme assez lent. Le roman manque globalement d’un peu d’allant, de piquant. Des sujets de réflexion profonds, plein de petites choses plaisantes… mais on ne trouve pas le souffle épique que l’on attend d’une dystopie. (Ce qui n’est pas un problème en soi, mais soyez avertis)

Une jolie lecture, intéressante, qui soulève des questions et possède un esprit authentique et frais, même si elle manque un chouïa d’action.

Bonne lecture,

Lupiot

Lupiot Allez Vous Faire Lire

 

 

 


#Bleue, de Florence Hinckel, chez Syros, 2015, 255 pages (à partir de 13 ans)


* Si vous ne connaissez pas, Syros, c’est ça :

méto yves grevet

Méto. L’un des plus beaux coups de cœur de mon adolescence.
Syros est une maison d’édition spécialisée dans la SF, et particulièrement la SF française… mon précieux !

** Cette idée des émotions interdites, contrôlées ou effacées fleurit sur toutes les quatrièmes de couverture, en ce moment. Quelques titres pour exemple :

dystopie émotions interdites

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