Barnabé ou la vie en l’air, de John Boyne (2012)

Encore un livre qui m’aura séduite par ses beaux atours. Que ce soit dans ses couleurs douces, son trait délicat, mais surtout dans la poésie qui se dégage de ce petit garçon s’envolant entre deux immeubles sous le regard perplexe d’un chien qui le fixe d’en-bas, l’illustration de couverture de Barnabé ou la vie en l’air* avait quelque chose de magique.

barnabé ou la vie en l'air john boyneAlistair et Eléonore Chevreau affirment avec la plus grande fierté qu’ils sont parfaitement normaux, merci pour eux**. Apparence dépassant la banalité, travail ennuyeux à pleurer, manque d’entrain pour tout ce qui est intéressant, et vif dégoût pour tout ce qui sort de l’ordinaire : les Chevreau sont communs et en sont parfaitement heureux. Or, mais, il semble que l’existence veille leur jouer un sacré vilain tour, car apparaît leur troisième enfant, qui contrairement au deux premiers, ne donne pas satisfaction. C’est Barnabé.

Dès les premières secondes de sa vie, Barnabé est résolument anormal. Il flotte dans les airs, figurez-vous. Que voulez-vous faire de ça ? Pour Alistair et Eléonore, c’est insupportable. Et si Barnabé refuse de se soumettre à la gravité, ils vont devoir eux-même se débarrasser du problème…

Voilà un voyage initiatique comme je les aime. Avec le personnage de Barnabé, on retrouve l’injustice révoltante d’un Oliver Twist et la débrouillardise touchante d’un Tom Sawyer, l’innocence d’un Mio et la bonté d’âme d’un Charlie Bucket***. Barnabé est embarqué malgré lui dans un périple à travers le monde qui lui fera prendre conscience que certaines personnes n’aiment pas en voir d’autres flotter dans les airs, et que ce n’est pas pour autant qu’on doit s’en vouloir d’être né contre la gravité. Une jolie ode à la différence.

Bonne lecture,

Lupiot

Lupiot Allez Vous Faire Lire

 

 

 

 

Barnabé ou la vie en l’air, de John Boyne, Gallimard Jeunesse, 2014, 296 pages


* The Terrible Thing That Happened To Barnaby Brocket, en V.O. (La chose terrible qui arriva à Barnabé Chevreau, en traduction littérale). Publié en 2012 et traduit et édité en français chez Gallimard Jeunesse en 2014. Les illustrations des deux versions sont de Oliver Jeffers, et émaillent le livre çà et là.
** Clin d’oeil aux premières lignes de Harry Potter à l’école des sorciers telles que traduites par J.-F. Ménard, qui dépeignent les Dursleys.
*** Respectivement : Oliver Twist, de Charles Dickens (çui-là, vous l’aviez), Tom Sawyer, de Mark Twain (çui-ci aussi), Mio, mon Mio, d’Astrid Lindgern (celui-là, vous l’aviez peut-être pas), et Charlie et la chocolaterie, de Roald Dahl.

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